CHAPITRE III. l
19, le quartier-général de la deuxième armée fut porté à Sionim; le 20, àDworets, et le 2 1 , à Nowogroudek. Le 22, l'armée se trouva rassemblée sur les bords du Niémen en face de Nicolaew. On y fit jeter sur-le-champ un pont , quoique la pénurie des moyens de construction, et les eaux du Niémen enflées par des pluies extraordinaires , opposassent de grandes difficultés à cette opération. Cependant l'on parvint à établir un pont assez mauvais à la vérité, mais qui pouvait servir même pour l'artillerie. Les gros bagages durent passer à un autre pont jeté à Rolodzino. Dans l'après midi du 22, une partie de l'armée passa le fleuve. Le reste devait suivre le lendemain ; \ mais des rapports de Platof , reçus dans la nuit , j occasionèrent de grands changements.
Ce général avait évacué Grodno dans la nuit du 16 au 17, et avait pris le chemin de Lida, ■ en vertu des ordres dont nous avons déjà parlé. Le 17, il vint à Milkowtchisna; le 18, à Itcho- Ina, et le 19, il arriva à Lida. Après avoir brûlé les magasins de cette ville, il se proposait de continuer sa marche dans la direction indiquée . sur Smorgoni; mais ayant appris que l'ennemi était en forces dans les environs d'Olchany, . il prit plus à droite, et arriva le 21 à Iwié. Il se proposait de marcher le lendemain à Wichnew,
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lorsque ses partis lui ayant annoncé que ce bourg
était déjà occupé par un gros corps ennemi, il se
détermina à venir à Bakchty, avec l'inteution de
se porter ensuite surWologin, afin de s'y réunir
avec le détachement de Dorokhof, qui, comme
nous l'avons vu, se trouvait à cette époque à Wo-
login. Des prisonniers faits dans les deux journées
du 121 et du 22, dans des escarmouches avec les
I kosaques , annoncèrent que le maréchal Davoust
\ était à Wichnew avec tout son corps , dont ils
Iportaient la force à 60 mille hommes. Platof en
donna avis sur-le-champ au prince Bagration.
Quoique la force des corps français lancés contre le général Platof et le prince Bagration ne fiit pas à beaucoup près aussi considérable , ils occupaient, en effet , les postes indiqués par les prisonniers. Le 22 , Davoust vint à Wichnew. Grouchy, qui la veille était à Traby, poussa jusqu'à Soubotniki.
L'idée que Napoléon avait eue de partager le corps de Davoust était très-artificieuse , et servit beaucoup à induire les Russes en erreur. Le prince Bagration eut d'autant moins de peine à se persuader qu'il était réellement en présence de 60 mille hommes, qu'il n'ignorait point que la force de ce corps devait même de beaucoup excéder ce nombre , tandis que , dans le fait , Da-
CHA.PITRE ^11. l8g[
vôust , supposé qu'il se réunît à Grouchy , n'avait guère plus de 45jnille h ommes. Le prince jugea qu'il serait imprudent de s'engager contre une armée supérieure en nombre à la sienne , par les chemins détestables qui, de Nicolaew, mènent à Wologin , et qui , pratiqués dans des bois et des marais, forment des défilés presque continuels, dont les ennemis occupaient les têtes. D'ailleurs , en cas d'échec , l'armée, russe n'ayant d'autre point de retraite que les mauvais ponts de Nicolaew et de Kolodzino , eût risqué d'être entièrement détruite au passage du fleuve. Ces raisons déterminèrent le général en chef à renoncer à la marche sur Wologin , pour tâcher de gagner Minsk , en se portant rapidement par Koreliczi , Mir , Nowoï-Swergenn et Koïdanow.
Dans la matinée du ^3, les troupes , qui étaient • déjà à la rive droite du Niémen , repassèrent le fleuve , et toute l'armée se rendit à Koreliczi. Il | fut ordonné à Platof de soutenir , conjointement avec le général Dorokhof , le point de Wologin jusqu'au 26, après quoi ils devaient se replier vers Nowoï-Swergenn par Kamenn , Khotowo et Stolbtsy. Mais cet ordre se trouva inexécutable. Dorokhof s'était 3éja replîT^ùr Kâfiîenn'iïes Te 22. DavoùSt liiî-mème arriva le 2B àBobromi^zî,. près de Wologin. La brigade de Pajol, qui fai-
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sait son avant-garde , poussa jusqu'à Perchai , et la brigade de Bordesoult, destinée à couvrir sa droite, se porta sur Balychty. Platof , trop faible pour chasser les ennemis de leurs positions, se mit en retraite , en suivant la route qu'avait prise le prince Bagration.
Le 24» l'armée vint à Mir. L'on se propoisait de continuer les jours suivants la marche sur Minsk, lorsqu'un rapport du général Dorokhof vint de nouveau déranger les projets du prince. Dorokhof écrivait qu'il était pressé par l'ennemi, dont le gros était déjà dans les environs de Rakow. Le prince , voyant que l'on ne pouvait plus gagner Minsk sans combattre Davoust , ne crut pas devoir en courir les risques. A la vérité, réuni à Platof ef à Dorokhof , il pouvait se présenter devant Davoust avec une armée presque égale en nombre aux 60 mille qu'il lui supposait ; mais les chances de la bataille eussent été à l'avantage des ennemis. Une victoire remportée par les Russes ne faisait que raccourcir pour eux le chemin qu'ils avaient à parcourir pour se réunir à la première armée , et Davoust se serait replié librement sur le gros de l'armée française par Gorodok et Radochkowiczi , ou Pletchenitsa et Dokchitsy ; tandis, que Bagration battu , n'ayant d'autre retraite que la route de Neswige par