CHAPITRE XX
quinze cents hommes d'infanterie pi^- An iSgo. montaise , et de quelques compagnies étrangères (i) ; il trouva que depuis le t.jj.'i'"''*'"'"?' mois de février les Ligueurs avaient l'avantage en Provence ; le ig mars ils prirent par escalade le village de Pcyrolle ; le 5 avril ils battirent et dispersèrent un corps de royalistes -citant à Toulon; le 24 du même mois ils emportèrent l'église fortifiée de'Saverane ; le 14 >ii3' Barjols se rendit à eux , après sept jours de siège, et souffrit les derniers malheurs: Luc n'eut pas un meiU leur sort ; et Lorgues , Aulps , Draguignan et Pignans ne le prévinrent qu'en embrassant le parti de la ligue.
Monsieur de Martïnengo prit Signe u\\\^a. v,- {3), et donna avis de son arrivée à Digne 't;i^ÏÏ^*~|î,"7 au général d'Empuis , dont il reçut ordre de joindre l'armée provençale, qui marchait à l'attaque de Saint-Maximin:
dès que la jonction se fut opérée , monsieur de Leyni remit à son successeur le commandement des troupes de Savoie, et se rendit diligemment à Turin, où la cour l'appelait , pour le charger d'une commission en Espagne (5) : le comte de Marlinengo en approchant de Saint-Maximin repoussa une vigoureuse sortie de la garnison ; et le 5 août l'armée campa autour de la ville: monsieur d'Empuis crut pouvoir se loger de primQ aboi;^ sur le glacisj il attaqua
jtmiS^ le chemin couvert l'épée à la main ; et repoussé un« première fois, il revint à la charge avec anssi pen de saccès, ce qui le dét^ermina à dresser Be& batteries: cependant cinq cents hommes détachés de l'armée de monsieur de La-Vallette tentèrent de se jeter dans la place; les assiégeans qui les battirent furent eux-mêmes repoussés à la nouvelle entreprise qu'ils essayèrent contre le chemin couvert ; ils durent avan-
r.îLmu. ^^^ leurs logemens k force de sappe (ij; et enfin quatre mille coups de canon tirés ouvrirent une brèche de trois cents pas; mais au moment, où l'on croyait a l'assaut , monsieur d'Ëmpuis leva le .siège (3), après avoir perdu mille hommes (5). L armée se ' retira à Aix , en dévastait les campagnes de Berre et de '■ LSalon , qiie l'on projetait d'attaquer (4)« Pendant qu'on était ainsi occupé en Provence , monsieur de Leyni partait de Turin pour Madrid, chargé d'obtenir du- roi d'Espagne l'agrément de faire agir offehsivement ses troupes.^ Le duc de Savoie comptait bea ucbup sur les talêns et $ur l'adresse du négociateur, qui ayant suivr Emmanuel Philibert depuis sa première jeunesse, connaissait Madrid mieux que personne ; Leynî échoua néaUmoins: lé roi catholique fut inébranlable dans Vidée de n'employer ses forces qu'à la défende des états de
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CHAPÏTBE XX. 55s
Savoie : cette résolution déconcerta les' ^« iSgo. vastes projets que Ctiarles Emmanuel avait conçus, sans ébranler son courage; ses troupes, aux ordres du marquis de TreiFort et du comte de Sonnaz, prirent' le fort de Moabonod en Dauphine, pendant que Don Amé de Savoie battait les Genevois dans le Chablais : le prince piémontais était Uii-méme sur le point de passer en Provence avec quatre mille hommes d'infanterie ', et quatre cents chevaux, rassemblés dans les environs de Coni, lorsqu'il apprit à Fossan l'entrée des ennemis dans la vallée de Barcelon- '
nette, dont l'imprudence du capitaine Volvera, commandant à Saiiit-Paul, leur avait ouvert le chemin : cet officier trompé par de faux rapports qui lui faisaient espérer de pénétrer impunément à Gmllestre, passa le col de Vars avec toute sa garnison, et s'étant avancé jusqu'à Vars même , il se trouva toutà'coup enveloppé ; , son courage ne lui laissa rien ouolier de ce que pouvait réparer sa faute, sans que la fortune secondât sa valeur; cerné de toute part, il se vit contraint de mettre bas les armes avec cent hommes qui lui restaient: les Français marchèrent alors sans obstacle à Saint-Paul, et s'y étant logés en force, ils s'emparèrent de Greisales , que l'on avait fortifié.
Ce contre-temps retarda l'exécution Tom. y/. 33
354 GUERRES DU PIEMONT
Âm iSgo, des projeta de Charles : nionsieiir de Leyni tout récemment revenu d'Espagne fut chargé d'entrer dans la vallée de Barcelonnette à la tète de deux mille cinq cents hommes; les Français avaient démoli et abandonné Greisoles, pour se concentrer à Saint-Paul, dont la garniabn se rendit prîsomiière de guerre, après avoir essuyé quelques coups de canon ; et Leyni ayant conSé la garde de ce village k une comp'agnie d'infanterie , reprit la route du Piémont , où il était attendu avec impatience; mais au pied du col de l'Argentière son arrière-garde se vit harcelée par l'avanl-garde de mooaieur de Lesdiguièrea, inopinément arrivé: l'infanterie pémont&ise repoussa aisément dans un pays montueux la cavalerie qui la poursuivait; et monsieur de Leyni jugeant que cette incursion n'avait ' d'autre but- que d'opérer une diversion fa l'expédition de Provence, rentra dans la vallée de Sture , et joignit le duc de Savoie à Coni. Lesdiguièrea alla mettre le siège devant Saint-Paul; toujours l'imprudence des commandans de ce poste devait en causer ta perle ; le capitaine Strata s'étant avancé en parlementaire, sans prendre aucune sûreté , fut arrêté prisonnier , «t pendant que sa troupe le sachant aa camp ennemi se croyait en sûreté ,. les Français entrèrent dans les retranchemeus ; une