II PREFACE
marche successive , amenèrent enfin les Hellènes à briser le joug qui pesait sur eux. La raison de ce silence s'explique aisément ; car , 8 il est difficile de racont;er l'histoire d'un peuple dont toutes les actions sont à découvert , et d'un gouvernement dont les ressorts ad^ ministratifs s'aperçoivent sans peine , il l'est bien davantage de décrire la vie politique d'une nation asservie et tout à la fois» ignorante et ignorée. L'existence d'un tel peuple est toute précaire, et son histoire n'est le plus souvent que le récit de vexations tyranniques. Tel fut le sort de la Grèce : l'histoire de ce pays durant Fépoque de son esclavage est inséparablement liée à celle des Ottomans.
Sans prétendre suppléer entièrement à Finsuffisance des historiens dont nous venons de parler, M. Rizo a entrepris d'exposer d'une manière claire et précise , quelle fut la situa^ tion de sa patrie depuis son envahissement par les Turcs et surtout pendant le dix-huitième
PHiFACE. III
siècle. Personne plus que lui n'était capable de
remplir cette tâche difficile *. Son savoir aussi étendu que profond , les fonctions importantes qu'il a remplies , soit comme grand-postelnik de deux hospodars , soit comme secrétaire auprès de la Porte, lui ont procuré des documens refusés à tout autre ; son séjour à Constantinople , sa connaissance des langues orientaies 9 ses relations avec les personnages les plus influens , soit turcs , soit grecs , lui ont révélé des traits historiques que Ton chercherait vainement dans un autre ouvrage. Politique habile^ il montre comment dans la faiblesse de leurs oppresseurs les Grecs puisèrent les forces nécessaires pour briser leurs chaînes, et offi^ aux auteurs qui viendront après lui des vues neuves et des matériaux précieux à consulter. Écrivain éloquent , critique impartial ,
* Oa trouve d'intéressans détails sur la vie de M. Rizo daus la notice que M. Humbert a mise à la tête du Cours de littérature grecque moderne^