‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 11 sur 118 · CAPÉTIENS · texte numérisé non relu

CAPÉTIENS

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de la Seine et de la Loire. La partie était dès lors ég-ale entre Capétiens et Plantaii'enets. La possession définitive de ses conquêtes fut assurée peu après à Philippe-Aug-uste par les deux victoires de la Roche aux Moines et de Bouvines (2-27- juillet J2I4). la première gag-née en Anjou sur Jean-sans- Terre luimême, la seconde, qui enthousiasma tout le royaume et fut comme une première victoire nationale, sragnée en Flandre sur les alliés de Jean, l'empereur Otton I\'et les seio-neurs flamands, belg-es et lorrains.

Poursuivant la lutte. Louis Mil acheva la conquête du nord de r.\quitaine en prenant à Henri III. hls de Jean-sans-Terre, VAiinis, la Saintonge, \t Limousin et le Périgord (1224) : le domaine royal atteig-nit ainsi à la région de la Garonne. Comme la victoire de La Roche aux .Moines . après l'occupation de la Normandie et de l'Anjou, une victoire remportée par saint Louis à Saintes (22 juillet 1242) avait confirmé les conquêtes de Louis Mil. Mais, par scrupule de justice et pour « mettre amour entre ses enfants et ceux du roi d'Ang-leterre ». saint Louis — « ange de la paix » disait le pape Innocent IV — spontanément, en pleine victoire, rendit à Henri III par le traité de Paris (12.58) les terres que Louis VIII avait conquises. L'histoire n'offre point d'autre exemple d'un pareil souci de la justice, d'un pareil amour de la paix. Le traité de Paris termina la rivalité des Capétiens et des Plantag-enets. et la première g-uerre de Cent Ans. Si g-rande que fût la victoire des Capétiens, elle demeurait cependant incomplète, puisque les rois d'Ang-leterre conservaient un hef dans le royaume de France, le duché de Guyenne, avec sa capitale Bordeaux. Ce duché pour lequel ils se reconnaissaient vassaux des rois français, devait un siècle plus tard, presqu'au début de la seconde guerre de Cent Ans, leur fournir une précieuse base d'opération et le moyen de prendre à revers Jean le Bon.

EXTENSION Dans le même temps où la guerre aux rois Anglais DU DOMAINE permettait à Philippe-Auguste d'étendre le domaine ROYAL AU MIDI royal jusqu'à la Manche et à l'Atlantique, la croisade des Albigeois en prépara l'extension jusqu'à la Méditerranée et aux Pyrénées.

Sur le versant sud du Massif Central, le Comté de Toulouse formait l'un des fiefs les plus importants du royaume. La population, d'intelligence alerte, d'humeur légère et gaie, active et enrichie par le commerce avec l'Orient, était d'esprit très indé-

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pendant : de tout temps elle av;iit presque complètement échappé à l'autorité des rois de France. Dans cette population s'était répandue au douzième siècle, une iiérésie, l'hérésie alhi^-eoise '.

La France soLb les Capétiens, m luxieiME au (^)Uatorzie.me siècle.

Pour détruire cette hérésie, le pape Innocent III ordonna de prêcher une croisade en France (1208). C'était au plus fort du conflit de Philippe-Auguste contre Jean-sans-Terre. Invité par le pape à diriger l'expédition, Philippe-Auguste s'y refusa : il avait assez à faire en Normandie et dans l'Anjou. Les croisés n'en travaillèrent pas moins pour le roi de France. Après quinze ans de résistance acharnée, la plus grande partie du comté de Toulouse tomba au pouvoir du chef des croisés, Simon de Montfort. Mais Simon périt bientôt, tué dans un suprême retour

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