SCULPTURE
plein cintre, aux colonnes, aux coupoles, et fut ainsi l'initiateur d'un nouveau style architectural qu'on appela plus tard le strie de la Renaissance. Ses œuvres les plus caractéristiques, la chapelle des Pazzi, l'hôpital des enfants trouvés, sont d'une simplicité un peu froide, mais harmonieuse et vraiment élégante. 11 dut surtout sa gloire à une œuvre plus audacieuse que belle, le Dôme gigantesque, le plus grand qui soit après celui de Saint-Pierre à Rome, dont il couvrit le chœur de rénorme et triste cathédrale de Florence.
Avant de se donner à l'architecture, Brunellesco avait été sculpteur : il fut même un moment le concurrent de Ghiberti (1378-1455) lorsque les Florentins mirent au concours l'exécution de portes en bronze pour le Baptistère. Ghiberti l'emporta. La beauté de son œuvre « faite, disait-il, avec amour », lui valut la commande de nouvelles portes. Il avait travaillé vingt et un ans aux premières : il employa vingt-huit ans à terminer les secondes. Devant la perfection des dix bas-reliefs bibliques qui les décorent, encadrés merveilleusement de feuillages, de fleurs et de fruits, le plus grand des sculpteurs italiens, Michel-Ange, traduisait plus tard son admiration en cette pittoresque formule: « qu'elles étaient dignes de servir de portes au Paradis ».
Donatello (i383-i4bô), l'ami de Brunellesco et de Ghiberti, fut le plus fécond et le plus vigoureux des sculpteurs du quinzième siècle. 11 fut aussi dans ses œuvres les plus fameuses, un saint Georges, un saint .Marc, surtout un David au campanile de Florence, celui qui demeura le plus près de la tradition réaliste des sculpteurs du Moyen Age.
Au contraire, Luca délia Robia (1400-1482), de vingt ans plus jeune que Ghiberti et Donatello, leur collaborateur cependant dans la plupart des embellissements de Florence, fut d'eux tous le plus pénétré de l'art antique. Aucun sculpteur, en aucun temps, n'a rendu avec plus de perfection la grâce et la vie de l'enfance, et les groupes de petits chanteurs et de danseurs dont il orna la tribune des orgues à la cathédrale de Florence nbnt jamais été surpassés.
LA CIVILISATION
Do.vATEi.LO (I383-I466). — Buste de Nicolas da L'zzaxo. -Musée du Bargello à Florence.
Photographie Alinari.
Donalello qui fut d'abord orfèvre, puis sculpteur, es!, de tous les artistes florentins du quinzième siècle, celui dont le génie a été le plus varié, capable a la fois de vigueur et de grâce. Il est aussi celui qui est demeuré le plus ptès des traditions réalistes du Moyen Age. Ce tuste en terre cuite colorée est une de ses œuvres les plus caractéristiques. Le sculpteur n'a point cherché à flatter son modèle; il a fidèlement rendu sa maigreur, les rides qui sillonnent le front encadré de cheveux noirs, les joues Urées et basanées, le mouvement dédaigneu.x de la lèvre inférieure, l œil noir et fatigué. Le cou au.v muscles puissants se dégage d'une tunique rouge sombre.
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IllSTOIR!-: MODICIINE.
GiiiBERTi (1.-70-1453). — Partie infi-riel're d'vse des I'Ories de Baptistère DE Florence. — Photographie Anderson.
Les deux tjttciiits en hronze sont ornés de dix tjs -reliefs. En haut le siè^e de Jéricho par les Ilétreux; en tas Salomon recevant la reine de Sata. Les personnages du premier plan sont en ronde tosse. c'est-à-dire en plein relief. La perspective est si tien otservée qu'on croit voir des tarleaux plus que des tas-reliefs.
LA CIVILISATION
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LUCA DELLA RuBlA (14OO-I402). — LeS ChANTEURS.
Musée du Dôme à Florence. — Photographie Brogi. Un des dix tas-reliefs sculptés dans le marbre, de 14J/ à 144O, par Luc a délia Robia pour la tribune des orgues de la cathédrale de Florence. On n'a jamais rendu d'une manière plus achevée, la grâce et le charme de l'enfance. Les attitudes sont d'une parfaite vérité : remarquer l'enfant qui chante, la tête un peu renversée en arrière, et qui bat la mesure du pied gauche.
i84 HlSlUlKl. -MUDEKNE.
Le peintre Guido di Pietro, illustre sous le surnom LES PEINTRES de Fra Angelico — le Frère Ang-élique — (1387-
i455\ fut un moine et un saint. Sa peinture reflète comme son surnom toute la beauté et la simplicité de son âme, toute la sincérité de sa foi. Il est le plus grand des peintres chrétiens, et l'on a justement dit de ses chefs-d'œuvre, les fresques dont il décora les pauvres cellules du couvent dominicain de Saint-.Marc à Florence, qu'elles sont « l'un des plus purs enchantements qui puisse ravir l'âme humaine ».
Masaccio (1402-1428), parce qu'il mourut à ving-t-six ans. ne put produire beaucoup : son œuvre tient presque toute dans une chapelle de Florence. Pourtant, il occupe une place éminentc dans l'histoire de l'art, et les plus grands maîtres du seizième siècle, Vinci. Raphaël, Michel-Ange, l'étudièrent tous longuement. C'est qu'il ne sut pas seulement varier les attitudes de ses personnages, et les peindre de façon à donner Tillusion de la vie. 11 sut aussi représenter dans leurs exactes proportions les objets dont il les entoure, les sites, paysage, rue, place publique, où il les fit agir. Il introduisit ainsi dans la peinture son dernier et son indispensable élément de perfection : la connaissance et l'exacte observation des lois de la perspective.
Tandis que se formait et se développait le nouvel
î * ART
art italien, en France et dans les pavs du Nord se
AU XV SIECLE . ' ,,, , . . r . l'i • ••
poursuivait 1 évolution de 1 art ogival. Le quinzième siècle fut le temps des beaux édifices civils, — château de Poitiers, hôtel Jacques-Cœur, Palais de Rouen, etc. — l'époque du stNie flamboyant et de ses splendeurs ornementales. A la fin du quatorzième siècle, à Dijon, un artiste puissant, Hollandais d'origine, Claus Sluter (iS^'r-i^oS), sculptait pour le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, un calvaire, plus tard improprement appelé le Puits de Moïse*, qui, promplement fameux pour sa beauté, attirait les pèlerins de toute la France. L'œuvre eut ainsi une grande influence, et Clauss Sluter devint après sa mort le chef d'une école qu'on a appelée l'école bourguignonne. En maints endroits d'autres artistes restés anonymes tiraient de la pierre des œuvres, parfois remplies d'une grâce exquise comme la \'ierge de l'église de .Marthuret à Riom, inspirées toujours d'une exacte observation de la nature.
I. Voir la photographie du P//i7s de Moïse, Temps Modernes, page ?(,.