‹ Histoire monétaire de Genève de 1792 à 1848Chapitre 18 sur 116 · IE MONNAIES FRAPPÉES D'APRÈS LE SYSTÈME DUODÉCIMAL DE · texte numérisé non relu

IE MONNAIES FRAPPÉES D'APRÈS LE SYSTÈME DUODÉCIMAL DE

Le législateur qui préparait lédit du 8 février 1795° pouvait procéder de deux manières. Il pouvait se borner à abroger purement et simplement la loi du 17 octobre 1794, ce qui eût rendu nécessaire la refonte des monnaies décimales el entrainé d'assez grands frais; il pouvait aussi, tout en abrogeant la loi sur le système décimal, ne pas ordonner le retrait des genevoises et la refonte des décimes non frappés, mais les taxer en florins. Ce moyen terme fut adopté, il ne présentail pas d'inconvénients. Les senevoises devinrent de gros écus de 12 ÎF. 9 s.. les demi-genevoises non encore frappées, de pelits écus de 6 ff. 4 s. 6 den., ces deux espèces cadrant comme auparavant avee les écus de 6 hvres et de 3 livres de France; les décimes non frappés devinrent des quinze-sols. Quant aux pièces de billon dont la loi prévoyait émission, elles devaient être de même genre que celles

émises avant 1794.

Vos, ci-dessus, page 49, — ? Vos, ci-dessus, page 22,

De 1794 à 1798, on a frappé des gros-écus, des petits-écus, des quinze-sols. en

argent; des six-sols, des trois-sols, des six-quarts et des six-deniers, en billon.

A. MONNAIES D'ARGENT 1. Gros-écus ou écus de 12 ff. 9 s.

Le 29 janvier 1795, l'entrepreneur de la fabrication, J.-P.-E. Darier, demanda au Département des Arts que le type des écus fût définitivement arrêté, attendu que la loi qui allait être votée le 8 février suivant n'entrait pas dans le détail à cet égard. Le Département des Arts ayant invité l'entrepreneur à lui présenter un projet, J.-P.-L. Darier proposa, le 31 janvier’, de frapper des écus où figureraient au droit les arines de Genève, sans cartouche et sans couronne, avec la légende : GENEVE REPUBLIQUE, L’AN IV DE L’EGALITE et, au revers, un soleil avec POST TENEBRAS LUN. Le Département approuva ce projet, mais il chargea la Commission des monnaies, assistée du peintre de Saint-Ours, de rechercher auparavant si, parmi les anciens blasons de la ville, il s’en trouvait sans couronne. Cette enquête ayant conduit à un résultat affirmalif, le projet de J.-P.-L. Darier fut exécuté avec quelques variantes’. Les armes de la ville, au vol de l'aigle abaisse, furent placées dans un cercle, sur un champ blasonné, entouré d’une guirlande de chêne. Au revers, au centre du soleil, on mit la valeur de la pièce et en exergue le millésime’. Les gros-écus devaient être au titre de 10 den. 12 gr. et du poids de une once, remède en fin 3 gr. et en poids 3 gr.'. La fabrication commença à la fin de mars et fut achevée le 11 maï 1795. I fut délivré 21,081 pièces".

Cette fabrication fut reprise l’année suivante avec des coins légèrement modi-

fiés. Au droit, le champ des armes est lisse et le vol de l’aigle est relevé. Au

3 J.-P. L. Darier s'adressa le 30 janvier 4795 au Comité Législalif pour que l'on modifiit la rédaction de quelques articles de la Foi qui allait être votée, relatifs au tre et au t\pe des nouveaux écus, mais le Comité passa à l'ordre du jour sur cette requète CR. C, L., 30 janvier 4795).

3 On connait un essai en cuivre de cet écu, semblable à celui que nous venons de décrire, mais dont le droit est le même que celui de lécu de 42 1 projeté en 179%. avant Fintroduetion du s\stème décimal, Nous le décrirons dans là quatrième partie.

“RC. 1793.

ÉPOQUE RÉVOLUTIONNAIRE 1792-1798. 33 revers, IHS prend place au centre du soleil, et la valeur de la pièce ainsi que le

millésime sont placés eri exergue. La fabrication des gros-écus dura d'août à octobre 1796 et comprit 12,400 pièces‘.

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