UN RÊVE DE JEUNE HOMME
Hier, iu me demandais, ma sœur, à quoi je pense,
Lorsqu'au bord de la mer, l'œil baissé, pas à pas,
Je marche à tes côtés, souriant en silence
A quelque objet charmant que tu n'aperçois pas.
Tu me prêtes déjà quelque belle maîtresse
Dont j'évoque partout le fantôme adoré;
Que me diras-tu donc, si je le le confesse?
Ce fantôme si cher à ma vive jeunesse.
Ce doux fantôme, c'est... la fille que j'aurai!
Une fille! une fille!.. . Oh! que j'aie une fillol Moi, qui rêve toujours d'enfants et de famille, J'ai passé bien des soirs à chercher de quel nom J'appellerais ma fille 1... Oh! pas de fils!... Oh ! non t.. . Avec plus de bonheur notre esprit se repose Sur ce doux mot de fille!... Oui, oui, c'est quelque chose De plus suave à l'âme, à l'âme ainsi qu'aux yeux ! C'est plus tendre, plus doux, cela vous aime mieux ; £t ce que je demande au ciel, quand je le prie, C'est que mon enfant m'aime avec idolâtrie... Comme je l'aimerai!... Puis, quel ravissement, Quand, assis le matin à son foyer fumant, Son vieux Shakespeare en main, on relit la Tempête^ De voir tout à coup poindre au-dessus do sa této