Plularque, Vie de Marius
3. Poëme des Niebelungen, — M. Faurîel , Histoire de la littéra tare méridionale^ a cherché dans la mythologie d'Odin l'origine de ce type de Bruneliilde, et il l'a retrouvée telle que nous la présentent les Niebelungen , chaste , hautaine^ et Toulant re&ler ma\VT««%^ ^^ «»i personne.
lOi L'ÉPOUSE.
égalé cette reine ; sa beauté comme sa force « était hors de toute mesure. Celui qui aspirait à son amour devait la vaincre dans un tournoi ; s'il était vaincu, il mourait. Guntlier, le chef du Rhin, âxa sa pensée sur la belle femme (ainsi Tappelait-on], et dit : « Telle chose qui arrive, je traverserai la mer, j'irai vers Brunehilde, et je mourrai, ou elle sera mienne. » Il part. La lice est ouverte, Brunehilde paraît (n'est-ce pas la mère des Bradamante et des Clorinde?), Brunehilde combat; Brunehilde est vaincue, elle suit Gunther sur les bords du Rhin. Le mariage se célèbre; et, le soir venu, Brunehilde se retire dans la chambre nuptiale. Gunther entre; elle se tenait debout devant sa couche, avec le vêtement nuptial de soie blanche. Le chevalier se dit : « Voici que je suis possesseur de ce bien tant souhaité. » Et, de sa main royale, écartant les flambeaux, il marche hardiment vers la fière Brunehilde. « Arrière, noble chevalier, lui dit-elle, je veux rester maîtresse de moimême. y> Transporté d'amour et aussi de colère, le chef du Rhin s'élance sur la mâle vierge , et déchire son blanc vêtement. A cet outrage, à la vue de cet homme qui prétendait ravir ce que l'amour seul doit donner, la fille belle et forte trouva dans sa pudeur et dans sa dignité une vigueur inconnue ; elle prit sa ceinture, et, s'élançant à son tour sur Gunther, elle lui lia les pieds et les mains, et le suspendit à un énorme clou fixé dan > la muraille.
Une partie de la nuit se passa ainsi, lui mourant de honte, et elle lui disant parfois :
Eh bien ! sire Gunther, vous plairait-il d'être vu par
vos chambellans, ainsi lié par la main d'une femme?
— Détachez ces liens, lui d'il G\ml\iev, ^\. ^\SLASK\ue ma
POUVOIR DU MARI SUR LÀ FEMME. Hih
violence vous a ofiensée, mes mains ne toucheront plus même vos vêtements, si vous ne me le permettez. y> Elle lui délia les bras, et il vint s'étendre sur la couche, mais si loin d'elle, qu'à peine voyait-il le haut de sa blanche et soyeuse chemise : c'était ainsi qu'elle le voulait.
Oii est Ruth se glissant sous la couverture qui abrite le sommeil de Booz? Où est la femme de l'Inde, tremblant que son maître ne l'honore pas de son corps?
Cependant voici venir avec le matin les serviteurs des époux, apportant en profusion les habits neufs. Mais le roi était pensif, il attendait la nuit; la nuit arrive, il ferme la porte, pousse deux forts verrous, et s'avance vers Brunehilde. — 1 11 ne vous sied pas, lui dit-elle, d'être le possesseur d'une femme, vous qui êtes plus faible qu'une femme. » Et elle le repousse violemment; mais l'homme vaillant ne se décourage pas; il revient, il saisit les deux mains de la vierge fière ', et sous son étreinte puissante la fait plier... Tout à coup, quelle métamorphose ! Semblable à ce Dieu antique qui, après s'être transformé en lion, en tigre, en serpent, prenait soudain un visage d'ami, dès qu'il reconnaissait un homme digne de l'entendre dans celui qui l'assaillait, Brunehilde, aussitôt qu'elle sentit fléchir ses deux bras sous la main de Gunther, changea subitement de physionomie et de langage. La lutte cesse. — « 0 roi, lui (lit-elle, je suis à toi; tu m'as méritée, puisque tu m'as conquise : je ne m'oppose plus à ton noble amour, j'ai reconnu que tu étais digne d'être maître. » Dès lors,
1. Dans le» Niebelungen, c'est au moyen d'un slralagème magique que Gunther dompla Brunehilde, mais Brunehilde l'ignorait. Ce détail n'influe donc en rien sur ce qu'elle dit, et noiift avow^ ^\i\^ %WV primer.
i62 L'ËPOUSE.
quât ce que c'est que la famille sans le marU la femme, les enfants, les domestiques^ les immeubles et les meubles.
Passons au pouvoir sur la personne.