ETABLISSEMENTS RELIGIEUX
Plusieurs maisons religieuses renfermées dans l'enceinte de la ville contribuaient à lui donner de l'importance. Après l'abbaye de la Trinité, qui était la plus ancienne (io4o), c'était la Maison-Dieu de S'-Jacques, dans laquelle une confrérie nommée les frères Condonnés, recevait les pèlerins passant par la ville. Il y avait aussi une maison de Templiers, établie vers i i5o ; ceux-ci se retirèrent plus tard en un village situé sur le plateau, dans le voisinage du château. Ils y établirent un hospice dans lequel ils recevaient les pèlerins, et c'est d'eux que ce village reçut le nom du Temple qu'il a toujours porté depuis. Les Templiers cédèrent leur maison de ville à l'ordre de St-François, qui y établit un couvent de Cordeliers, en 1226.
Les ordres mendiants, celui des Frères Prêcheurs institué par Dominique, et celui des Frères Mineurs, Franciscains ou Cordeliers, par François d'Assise, étaient alors de fondation récente.
Le vœu de pauvreté qu'ils faisaient les rendait plus obéissants et plus soumis envers la papauté que le clergé séculier,
(1) Voir Bulletin de la Société Archéologique, année i865, p. 128 : Privilèges accordés par Henri IV (y décembre i5g5j.
(2) Archives Nationales P. 209. Les lettres patentes furent remises au procureur général du duché, qui, après avoir pris l'avis de l'avocat du duc, les ilt mettre à exécution ; l'exécutoire est signée Le Forestier et Courlin.
souvent entravé par ses relations avec le pouvoir royal, ou môme que les anciennes congrégations auxquelles leurs richesses suggéraient parfois un certain esprit d'indépendance.
Les pauvres, la bourgeoisie, et aussi la magistrature urbaine qui avait souvent des diflerends avec le clergé et les maisons religieuses, accueillirent avec empressement ces nouveaux religieux. Ils exercèrent une influence considérable sur la société civile, par l'institution du tiers-ordre, dans lequel les laïques, hommes et femmes, pouvaient entrer sans rompre avec la vie de famille, et participer aux avantages et aux prières de la congrégation, ce qui explique la faveur et l'estime dont les Cordeliers jouirent auprès des habitants de Vendôme.
Lorsque au XVII<^ siècle le calme fut rétabli dans Vendôme, les catholiques s'y retrouvèrent en majorité. Leur influence, redevenue prépondérante, favorisa la fondation de plusieurs maisons religieuses, qui s'établirent successivement dans le quartier du grand faubourg de la ville.
La première, dont les constructions furent commencées en 1606, était destinée à recevoir des Capucins. Les Vendomois étaient très désireux d'avoir chez eux des religieux de cet ordre. Aussi, dès le mois de novembre 1602, ils avaient adressé, dans ce but, une demande au P. Général de l'ordre et au P. Provincial. Après d'assez longues négociations, il leur fut donné une réponse favorable. Puis, le 11 juin 1606, il fut passé devant Viau et Colas, notaires, un acte stipulant que les gens d'église, ofliciers, bourgeois et habitants donnaient une pièce de terre de trois septrées désignée dans l'acte, pour y construire eux-mêmes, le plus promptement possible, au moyen du produit de dons et libéralités, « mais sans que pour ce, ils puissent être contraints « de faire une assiette ou levée de deniers, un couvent dans « lequel le R. P. Provincial s'engageait à entretenir un nombre « compétent de religieux Capucins, tant pour y faire le service « divin, que pour prêcher la parole de Dieu ». Tout le monde, noblesse, bourgeoisie, menu peuple, s'unit pour apporter à cette œuvre un concours également empressé. Des mémoires historiques qui avaient été déposés au bailliage, disaient, ce que les
« habitants travaillaient avec un si grand zélé, que les femmes « et les filles portaient dans leurs tabliers des pierres aux « ouvriers » (*).