LE BASILIC
Basilieus mitratus, Daud., Merr.; Lacerta Basilicus, Linn.: Basilicus americanus, Laur.; Iguana Basilicus, Latr.
L'erreur s’est servié de ce nom de Basilic pour désigner un animal terrible, qu’on a tantôt représenté comme un serpent, tantôt comme un petit dragon , et dont le regard perçant donnait la mort. Rien de plus fabuleux.que.cet animal, au sujet duquel on a répandu, tant de contes ridicules, qu’on a doué de tant de qualités merveilleuses, et dont la réputation sert encore à faire admirer entre les mains des charlatans , par un peuple ignorant et crédule, une
peau de raie desséchée , contournée d’une ma-
nière bizarre, et que l’on décore du nom fameux de cet animal chimérique ?
Nous ne conserverions pas ce nom de Basilie, dont on a tant abusé, à l’animal réel dont nous parlons, de peur que l’existence d’un lézard appelé Basilie ne pût faire croire à la vérité de quelques-unes des fables attachées à ce nom, si elles n'étaient aussi absurdes que risibles , si par là nous n’étions bien rassurés sur la
croyance qu’on leur accorde, et d’ailleurs si |
ce nom de Basilic n’ayait pas, été donné au lézard dont il est question. dans cet article, par tous les naturalistes qui s'en sont occupés.
Le lézard basilic habite l'Amérique méridio-
nale ; aucune espèce n’est aussi facile à distinguer, à Cause d’une crête tres-exhaussée qui
s'étend depuis le sommet de la tête jusqu’au |
bout dela queue , et qui est composée d’écailles en forme de rayous, un peu séparées Îles
unes des autres. Ïl a d’a lieu une sorte de capuchon qui couronne sa tête ; et c’est de là que lui vient sonnom de Basilie, qui signifie petit rot. Cet animal parvient à une taille assez con-
sidérable ; il à souvent plus de trois pieds delon- :
gueur, en COmiptaht celle de la queue. Ses doigts, au nombre de cinq à chaque pied, ne sont réunis par aucune membrane. 11 vit sur les arbres, comme presque tous les lézards qui, ayant les doigts divisés, peuvent ygrimper avec facilité et
4 Le Basilic. M. Daubenton, Encycl. méth.—Dragon d'Amérique, amphibie qui vole. Basilic. Séba, 1, pl. 100, fig. 1.
2? « Le Basilic, que les charlatans et les s:ltimbanques expo- « sent tous les jours, avec tani d'appareil, aux yeux du pu- « blic, pour l’attirer et lui en imposer, n'est qu’une sorie de « petite raie, qui se trouve dans la Méiierranée, etsqu'on « fait dessécher sOüS la bizarre configuration qu'on y ree marque. » Dict, d’Hist. nat., par M, Valmont de Bomare.
| holm, année 1785, trim. :
ensaisiraisémentles branches. Non-seulementil peut y courir assez vite, mais remplissant d’air son espèce de capuchon, déployant sa crête, augmentant son volume, et devenant par là plus léger , il saute et voie , pour ainsi dire, avec agilité, de branche en bradihe Son sé on n’est Be pas borné au milieu des bois ; il va à l’eau sans peine, et, lorsqu'il veut Rs ger, il enfle également son capuchon et étend ses On Dra est :
- La crête qui distingue le basilic, et qui peut
Jui servir d’une petite arme défensive, est en-.
core pour lui un bel ornement. Bien loin de tuer par son regard, comme l’animal fabuleux dont il porte le nom, il doit être considéré avec plaisir, lorsque, animant la solitude: des immenses forèts de l'Amérique , il s’élance avec rapidité de branche en branche , ou bien lorsque dans uve attitude de repos , et tempérant sa vivacité natureile , il témoigne une sorte de satisfaction à ceux qui le regardent, se pare, pour ainsi dire , de sa couronne , agite mollement sa belle crète , la baisse, la relève, et par les différents reflets de ses écailles, renvoie aux yeux de ceux qui l’examinent de douces ondulations de lumière. |