‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 108 sur 470 · DU LÉZARD GRIS · texte numérisé non relu

DU LÉZARD GRIS

que tous les insectes qui détruisent nos fruits

et nos grains; aussi serait-il très-avantageux

que espèce en fût plus multipliée; à mesure que le nombre des lézards gris s’accroitrait,

dins ; ce serait alors qu’on aurait raison de les regarder, ainsi que certains Indiens les considèrent comme des animaux d’heureux augure, et comme des signes assurés d’une bonne fortune.

Pour saisir les insectes dont ils se nourrissent, les lézards gris dardent avec vitesse une langue rougeâtre , assez large, fourchue et garnie de petites aspérités à peine sensibles , mais qui suffisent pour les aider à retenir leur proie ailée ‘. Comme les autres quadrupèdes ovipares, ils peuvent vivre beaucoup de temps sans manger, et on en a gardé pendant six mois dans une bouteille, sans leur donner aucune nourriture, mais aussi sans leur voir rendre aucun excrément ?.

Plus il fait chaud, et plus les mouvements du lézard gris sont rapides : à peine les premier$y beaux jours du printemps viennent-ils réchauffer l’atmosphère, que le lézard gris, sortant "de la torpeur profonde que le grand froid lui fait éprouver, et renaissant, pour ainsi dire, à la vie avec les zéphyrs et les fleurs, reprend son agilité et recommence ses espèces de joutes, auxquelles il allie des jeux amoureux. Dès la fin d'avril, il cherche sa femelle : ils s'unissent ensemble par des embrassements si étroits, qu’on a peine à les distinguer l’un de l’autre; et s’il faut juger de l’amour par la vivacité de son expression, le lézard gris doit être un des plus ardents des quadrupèdes ovipares,.

La femelle ne couve pas ses œufs qui sont |

presque ronds, et n’ont pas quelquefois plus

de cinq lignes de diamètre. Mais comme ils |

sont pondus dans le temps ou la température commence à être très-douce, ils éclosent par la seule chaleur de l’atmosphère, avec d'autant plus de facilité, que la femelle a le soin de les déposer dans les abris les plus chauds , et, par exemple , au pied d’une muraille tournée vers le midi.

À vant de se livrer à l’amour et dechercher sa femelle, le lézard gris se dépouille comme les

1 Needham, Observations mieroscopiques.

2 Séba, vol, p. 84.

LA Male, ave

| autres lézards: ce n’est que revêtu d’une pa-

rure plus agréable et d’une force nouvelle, qu’il va satisfaire les désirs que lui inspire le

| printemps. il se dépouille aussi lorsque l'hiver nous verrions diminuer les ennemis de nos jar-

arrive ; il passe tristen nt cette saison du froid dans des trous d'arbres ou de muraille, ou dans quelques creux sous terre : il y éprouve un engourdissement plus ou moins grand, suivant le climat qu’il habite et la rigueur de la saison ; et il ne quitte communément cette retraite que lorsque le printemps ramène la chaleur. Cet animal ne <onserve cependant pas toujours la douceur de ses habitudes. M. Edwards rapporte, dans son Histoire naturelle, qu'il surprit un jour un lézard gris attaquant un petit oiseau qui réchauffait dans son nid des petits nouvellement éclos. C'était contre un mur que le nid était placé. L'approche de M. Edwards fit cesser l’espèce de combat que l'oiseau soutenait pour défendre sa jeune famille; l'oiseau s’envola; le lézard se laissa tomber ; il aurait peut-être, dit M. Edwards, dévoré les petits, s’il avait pu les tirer de leur nid !. Mais ne nous pressons pas d'attribuer une méchancete qui peut n’être qu’un défaut individuel, et ne dépendre que de circonstances passageres , à une espèce faible que l’on a reconnue pour innocente et douce.

On a fait usage des lézards gris en médecine; on les a employés aux environs de Madrid dans des maladies graves 2? : la Société royale a reçu des individus de l'espèce dont se servent les médecins espagnols ; ils ont été examinés par MM. Daubenton et Mauduit* , et un de ces lézards à été déposé au Cabinet du Roi: il ne diffère du lézard gris de nos provinces que

| par des nuances de couleur très-légères , et qui

sont la suite presque nécessaire de la diversité des climats de la France et de l'Espagne.

Il parait qu’on doit regarder comme une variété du lézard gris un petit lézard très-agile , et qui lui ressemble par la conformation générale du corps , par celle de la queue, par des écailles disposées sous la gorge en forme de collier , et par des tubercules placés sur la face

{ Glanures d'Hist. nat., par George Edwards, chap. 15.

2 On a vauté les propriétés des lézards gris, principilement contre les maladies ue la peau, les cancers, les msux qui demaud: nt que le sang soit épuré, et. Voyez. à ce sujet, les avis et instructi ns publiés par la Société royale de Médecine de Paris.

8 Histoire de la Société royale de Médecine, pour les an+ nées 1780 et 1781

intérieure des cuisses. M. Pallas l’a appelé lézard véloce dans le supplément latin du Voyage qu’il a publié en langue russe. Ce petit lézard est d’une couleur cendrée ; rayée longitudinalement , semée de points roux sur le dos , et bleuâtres sur les côtés , où l’on voit aussi des tâches noires. On le rencontre parmi les pierres, auprès du lac d’Ind’erskoi , et dans les lieux les plus déserts et les plus chauds ; il s’élance , suivant M. Pallas, avec la rapidité d’une flèche.

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