LE GOITREUX
Auolis lineatus, Daud., Merr.; Anolis rayé, Cury.
Le Goiïtreux , qui habite au Mexique et dans l'Amérique méridionale, présente de belles couleurs, mais moins agréables et moins vives que celles du rouge-gorge. Il est d’un gris pâle, relevé sur le corps par des taches brunes, et sur le ventre par des bandes d’un gris foncé. La queue est ronde, longue, annelée, d’une couleur livide et verdâtre à son origine. Il a vers la poitrine une espèce de goitre dont la surface est couverte de petits grains rougeûtres , et qui s'étend en avant en s’arrondissant , et en formant une très-crande bosse.
Ce lézard est fort vif, très-leste, et si familier , qu’il se promène sans crainte dans les appartements, sur les tables, et même sur les
1 Voyez, dans le Dict. d'Hist. nat, de M. Bomare, l’art. du Lézard-Roquet.
? Le Rouge-sorge, M. Daubenton, Encycl, méth.—Zacerla bullaris, 32. Linn., Amph. rept.—Cateshy, Car., 2, tab, 66. Lacerta viridis jamaicensis.
* Le Goîtreux, M. Daubenton, Encycl. méth.—ZLacerta
strumosa, Linn,, Amph. reptilia. —Séha, mus, 2, lab, 20, fig, 4, Salamandra mexicana stumosa,
convives. Son attitude est gracieuse , son regard fixe ; il examine tout avec une sorte d'attention ; on croirait qu'il écoute ce que l’on dit. II se nourrit de mouches , d'araignées et d’autres insectes, qu’ilavaletoutentiers. Les goitreux grimpent aisément sur les arbres ; ils s’y battent souvent les uns contre les autres. Lorsque deux de ces animaux s’attaquent, c’est toujours avechardiesse; ils s’avancent avecferté ; ils semblent se menacer en agitant rapidement leurs têtes ; leur gorge s’enfle; leurs yeux étincellent; ils se saisissent ensuite avec fureur, tt se battent avec acharnement. D’autres goitreux sont ordinairement spectateurs de leurs combats, et peut-être ces témoins de leurs efforts sont-ils les femelles qui doivent en être le prix. Le plus faible prend la fuite : son ennemi le poursuit vivement, et le dévore s’il l’atteint; mais quelquefois il ne peut le saisir que par la queue , qui se rompt dans sa gueule , et qu’il avale, ce qui donne au lézard vaincu le temps de s'échapper.
On rencontre plusieurs goîtreux privés de queue ; il semble que le défaut de cette partie influe sur leur courage , et même sur leur force : ils sont timides , faibles et languissants ; il parait que la queue ne repousse pas toujours , et qu’il se forme un calus à l’endroit où elle a été coupée.
Le P. Nicolson , qui a donné plusieurs détails relatifs à l’ ee naturelle du goitreux , lPappelle Anolis, nom que l’on a donné à l’améiva et à notre roquet : mais la figure que le P. Nicolson a publiéeprouve que le lézard dont il a parlé est celui dont il est question dans cet article '
LE TÉGUIXIN ?.
Teius Monitor, Merr.; Monitor Teguixin , Fitz; La. certa Teguixin, Linn.; Seps marmoratus, Laur.; Tupinambis Monitor, Daud.; le Sauvegarde d’Amé rique, Cuy.
La couleur de ce lézard est blanchâtre, tirant sur le bleu, diversifiée par des bandes d’un gris sombre , et semée de points blancs et ova: les. Son corps présente un très-grand nombre de stries. La queue se termine en pointe; elle est beaucoup plus longue que le corps; les écailles qui la couvrent forment des bandes transversales de deux sortes , placées alternati :
1 Essai sur l'Hist. nat. de Saint-Domingue, par le P. Nicol-
son, Paris, 1776, sect. 5, p.550, : LeTéguixin, M. Daubenton, Encycl, méth.—$éba, 1
vement. Les unes s'étendent en arc sur la partie supérieure de la queue, que les autres bandes entourent en entier. Mais ce qui distingue particulièrement le Téguixin, c’est que plusieurs plis obtus et relevés règnent de chaque côté du corps, depuis la tête jusqu'aux cuisses : on voit aussi trois plis sous la gorge.
C’est au Brésil, suivant l’article de Séba , indiqué par Linnée , qu’on trouve ce lézard , dont le nom Zéguixin a été donné au Tupinumbis par quelques auteurs '.