DE LA TROÏS-DOIGTS
nale une salamandre dont le dessus du corps présente quatre lignes jaunes. L’algire a également quatre lignes jaunes sur le dos ; mais on ne peut pas les confondre , parce que ce dernier a cinq doigts aux pieds de devant, et que la quatre-raies n’en a que quatre. La queue de la quatre-raies est longue et cylindrique : on remarque quelque apparence d’ongles au bout des doigts. |
LE SARROURBÉ.
Gekko tetradactylus, Merr.; Stellio tetradactylus, Schneïd.; Salamandra Sarube, Bonn.; genre Sarruba , Fitz.
Nous devons entièrement la connaissance de cette nouvelle espèce de salamandre à M. Bruguière, de la Société royale de Montpellier , qui nous à communiqué la description qu'il en a faite, et ce qu’il a observé touchant cet animal dans l’île de Madagascar, où il Pa vu vivant, et où on le trouve en grand nombre. Aucun voyageur ni naturaliste n’a encore fait mention de cette salamandre; elle est d'autant plus remarquable, qu’elle est plus grande que toutes
celles que nous venons de décrire. Elle a d’ailleurs des écailles très-apparentes ; et ses doigts sont garnis d'ongles, au lieu que, dans les quatre salamandres dont nous venons de parler , la peau ne présente que des mamelons à la place d’écailles sensibles , et ce n’est que dans la Quatre-Raies qu’on aperçoit quelque apparence d’ongle. Nous plaçons cependant le sarroubé à la suite de ces quatre salamandres, attendu qu’il n’a que quatre doigts aux pieds de devant , et qu’il présente par là le caractère distinctif d'après lequel nous avons formé la division dans laquelle ces salamandres sont comprises.
Le sarroubé a ordinairement un pied de lon- .gueur totale ; son dos est couvert d’une peau brillante et grenue, qui ressemble au Galuchat; elle est jaune et tigrée de vert; un double rang d'écailles d'un jaune clair garnit le dessus du cou qui est très-large; la tête est plate et allongée ; les mâchoires sont grandes , et s'étendent jusqu’au delà des oreilles ; elles sont sans dents, mais crénelées ; la langue est enduite d’une humeur visqueuse, qui retient les petits insectes dont le sarroubé fait sa proie. . Les yeux sont gros; l'iris est ovale et fendu verticalement. La peau du ventre est couverte
de petites écailles rondes et jaunes; les bouts des doigts sont garnis de chaque côté d’une petite membrane , et par-dessous d’un ongle’ crochu, placé entre un double rang d’écailles, qui se recouvrent comme les ardoises des toits, ainsi que dans le lézard à tête plate, qui vit aussi à Madagascar, et avec lequel le sarroubé a de très-grands rapports. Ces deux derniers lézards se ressemblent encore en ce qu'ils ont tous les deux la queue plate et ovale ; mais ils diffèrent l’un de l’autre en ce que le sarroubé n’a point la membrane frangée qui s'étend tout autour du corps du lézard à tête plate; et d’ailleurs il n’a que quatre doigts aux pieds de devant, ainsi que nous l’avons dit.
Le nom de Sarroubé qui lui a été donné par les habitants de Madagascar parait à M. Bruguière dérivé du mot de leur langue sarrout , qui signifie colère. Ces mêmes habitants redoutent le sarroubé autant que le lézard à tête plate; mais M. Bruguière pense que c’est un animal très-innocent , et qui n’a aucun moyen de nuire: Ii paraît craindre la trop grande chaleur ; on le rencontre plus souvent pendant la pluie que pendant un temps sec; et les nègres de Madagascar äirent à M. Bruguière qu’on le trouvait en bien plus grand nombre dans les bois pendant la nuit que pendant le jour.