‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 162 sur 470 · DE LA GRENOUILLE ÉCAILLEUSE · texte numérisé non relu

DE LA GRENOUILLE ÉCAILLEUSE

les côtés sont mouchetés de jaune : le ventre blanchâtre est chargé de petites verrues ou petits grains d’un bleu clair ; les pieds sont velus, et ceux de devant n’ont que quatre doigts.

Une variété de cette espèce , si richement colorée par la nature , a cinq doigts aux pieds de devant , etla couleur de son corpsest d’un jaune clair !. k

L'on voit que, dans le continent de l’Amérique méridionale, la nature n’a pas moins départi la variété des couleurs aux quadrupèdes ovipares, qu’elle parait au premier coup d’œil avoir dédaignés , qu’à ces nombreuses troupes d'oiseaux de différentes espèces sur le plumage desquels elle s’est plu à répandre les nuances les plus vives, et qui embellissent les rivages de ces contrées chaudes et fécondes.

LA JACKIE?.

Rana paradoxa, Linn., Schn., Daud., Merr., Fitz. ; Proteus raniaus, Laur.

Cette grenouille se trouve en grand nombre à Surinam. Elle est d’une couleur jaune verdâtre qui devient quelquefois plus sombre. Le dos et les côtés sont mouchetés. Le ventre est d’une couleur pâle et nuageuse ; les cuisses sont par derrière striées obliquement. Les pieds de derrière sont palmés ; ceux de devant ont quatre doigts. Mademoiselle Mérian a rendu cette grenouille fameuse, en lui attribuant une métamorphose opposée à celle des grenouilles communes. Elle a prétendu qu’au lieu de passer par l'état de tétard pour devenir adulte, la Jackie perdait insensiblement ses pattes au bout d’un certain temps , acquérait une queue , et devenait un véritable poisson. Cette métamorphose est plus qu’invraisemblable : nous n’en parlons ici que pour désigner l’espèce particulière de grenouille à laquelle mademoiselle Mérian l’a attribuée. L’on conserve au Cabinet du Roi , et l’on trouve dans presque toutes les collections de l’Europe, plusieurs individus de cette grenouille fameuse , qui présentent les différents degrés de son développement , et de son passage par l’état de tétard , au lieu de montrer, comme on l’a cru faussement, les diverses nuances de son changement prétendu en poisson. La

4 Séba, t. I, tab. 71, fig. 8.

2 La Jackie. M. Daubenton, Encycl. méth. — Mus. ad fr.,

Rana piscis. — Séba, mus,, tom, 1, tab, 78. — Merian , Surigam, 74, tab, 74,

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