LA GRENOUILLE ÉCAILLEUSES
Rana squamigera, Gmel. *.
On doit à M. Walbaum la description de cette espèce de grenouille. Il est d'autant plus inté: ressant de la connaître, qu’elle est un exemple de ces conformations remarquables qui lient de très-près les divers genres d'animaux. Nous avons vu en effet, dans l'Histoire naturelle des Quadrupèdes ovipares, que presque toutes les espèces de lézards étaient couvertes d’écail-
3 Rana Typhonia , 9, Linn., Amphib. rept.
2 La Galonnée. M. Daubenton, Encycl. méth. — Rana virginica, Laurenti specimen medicum.—Séba, tom. 1, t.75, f. 4.
5 Rana squamiger a. M. Walbaum, Mémoire des curieux de la nature de Berlin, an. 1784, t. V, p. 221.
4 MM. Latreille et Bory pensent que la grenouille écailleuse
est un être imaginaire. MM. Cuvier, Merrem et les autres erpétologistes de notre époque n’en font nulle mention. D,
les plus ou moins sensibles, et nous n'avons trouvé dans les grenouilles , les crapauds ni les raines, aucune espèce qui présentât quelque apparence de ces mêmes écailles ; nous n'avons vu que des verrues ou des tubercules sur la peau des quadrupèdes ovipares sans queue.
Voici maintenant une espèce de grenouille dont une partie du corps est revêtue d’écailles , ainsi que celui des lézards; et pendant que, d’un côté, la plupart des salamandres, qui toutes ont une queue comme ces mêmes lézards , et appartiennent au même genre que ces animaux, se rapprochent des quadrupèdes ovipares sans queue, non-seulement par leur conformation intérieure et par leurs habitudes , mais encore par leur peau dénuée d’écailles sensibles , nous voyons , d’un autre côté, la grenouille décrite par M. Walbaum établir un grand rapport entre ce genre et celui des lézards par les écailles qu’elle a sur le dos. M. Walbaum n’a vu qu’un individu de cette espèce singulière qu’il a trouvé dans un cabinet d’histoire naturelle, et qui y était conservé dans de l’esprit-de-vin. Il n’a pas su d’où il avait été apporté. Il serait intéressant qu’on püt observer encore des individus de cette espèce, comparer ses habitudes avec celles des lézards et des grenouilles , et voir la liaison quise trouve entre sa manière de vivre et sa conformation particulière.
La grenouille écailleuse est à peu près de la grosseur et de la forme de la grenouille commune ; sa peau est comme plisséesurles côtés et sous la gorge; les pieds de devant ont quatre doigts à demi réunis par une membrane, et les pieds de derrière cinq doigts entièrement palmés ; les ongles sont aplatis; mais ce qu’il faut surtout remarquer , c’est une bande écailleuse qui , partant de l’endroit des reins et s'étendant obliquement de chaque côté au-dessus des épaules , entoure par devant le dos de l'animal. Cette bande est composée de très-petites écailles à demi transparentes , présentant chacune un petit sillon longitudinal, placées sur quatre
rangs, et se recouvrant les unes les autres
comme les ardoises des toits. [Il est évident, par cette forme et cette position, que ces pièces sont de véritablesécailles semblables à celles des lézards, et qu’elles ne peuvent pas être confondues avec les verrues ou tubercules que l’on a observés sur le dos des quadrupèdes ovipares sans queue, M. Walbaum a vu aussi sur la patte gauche de derrière quelques portions
garnies de petites écailles dont la forme était celle d’un carré long ; et ce naturaliste conjecture avec raison qu’il en aurait trouvé égales ment sur la patte droite , si l’animal n’avait pas été altéré par l’esprit-de-vin. Le dessous du ventre était garni de petites verrues très-rapprochées. L’individu décrit par M. Walbaum avait deux pouces neuf lignes de longueur , depuis le bout du museau jusqu’à l’anus ; sa couleur était grise , marbrée, tachetée et pointillée en divers endroits de brun et de marron plus ou moins foncé ; les taches étaient disposées en lignes tortueuses sur certaines places , comme, par exemple, sur le dos.
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DEUXIÈME GENRE
QUADRUPÈDES OVIPARES QUI N'ONT POINT DE QUEUE, QUI ONT, SOUS CHAQUE DOIGT , UNE PETITE PELOTE VISQUEUSE.