LE CALAMITE
Bufo calamita, Laur., Latr., Daud., Merr.; Rana Bufo, var. 8, Linn.; Rana rvortentosa, Blumemb. ; Rana fœtidissima , Herm.; Rana mephitica, Shaw.
C’est encore un crapaud d'Europe qui à beaucoup de ressemblance avec le crapaud brun , mais qui en diffère cependant assez pour constituer une espèce distincte. Il a le corps un peu étroit : ses couleurs sont très-diversifiées ; son dos , qui est olivâtre, présente trois raies longitudinales , dont celle du milieu est couleur de soufre ; et les deux des côtés , ondulées et dentelées, sont d’un rouge clair mêlé d’un jaune plus foncé vers les parties inférieures. Les côtés du ventre, les quatre pattes et le tour de la gueule sont marquetés de plusieurs taches inégales et olivâtres.
* Voilà la disposition générale des couleurs de la peau sur laquelle s'élèvent des pustules brunes surie dos, rouges vers les côtés, d’un rouge pâle près des oreilles , et d’une couleur
4 Le Ca!lamite. M. Daubenton, Encycl. méth. — Roësel. tab. 24.
de chair éclatante vers les angles de la bouche où elles sont groupées.
L’extrémité des doigts est noirâtre, et garnie d’une peau dure comme de la corne, qui tient lieu d’ongle à l’animal. Au-dessous de la plante des pieds de devant se trouvent deux espèces d’os ou de faux ongles dont le Calainite peut se servir pour s’accroch2r : les doigts des pieds de derrière sont séparés.
Le calamite se tient , pendant le jour , dans les fentes de la terre et dans les cavités des murailles. Au lieu d’être réduit à ne se mouvoir que par sauts , comme les autres quadrupèdes ovipares sans queue , il grimpe , quoique avec peine, et en s’arrêtant souvent; à l’aide de ses faux ongles et de ses doigts séparés, il monte quelquefois le long des murs jusqu’à la hauteur de quelques pieds pour gagner sa retraite.
On ne trouve pas ordinairement les calamites
seuls dans ieurs trous. Ils y sont rassemblés et ramassés au nombre de dix ou douze. C’est la nuit qu'ils sortent de leur asile et qu’ils vont chercher leur nourriture. Pour éloigner leurs ennemis , ils font suinter, au travers de leur peau , une liqueur dont l’odeur, semblable à celle de la poudre enflammée , est encore plus forte. .
Au mois de juin , ceux qui ont atteint l’âge de trois ans et à peu près leur entier accroissement se rassemblent pour s’accoupler sur le bord des marais remplis de jones , où ils font entendre un coassement retentissant et singulier. On pourrait penser que les habitudes particulières de ces crapauds influent sur la nature de leurs humeurs et empêchent qu’ils ne soient venimeux ; cependant Roësel a présumé le contraire, parce que, suivant lui, les cigognes qui sont fort avides de grenouilles n’attaquent point les calamites.