‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 181 sur 470 · DU CORNU · texte numérisé non relu

DU CORNU

coup d'œil, comme deux espèces très-distinctes. |

Aussi, au lieu de décrire l’espèce en général , eroyons-nous devoir parler séparément du mâle et de la femelle.

. Le mâle a quatre doigts séparés aux pieds de |

devant et einq doigts palmés aux pieds de derrière. Chaque doigt des pieds de devant est fendu à extrémité en quatre petites parties. On a peine à distinguer le corps d’avee la tête. L’ouverture de la gueule est très-grande : les yeux placés au-dessus de la tête sont très-petits et assez distants l’un de l’autre. La tête et le corps sont très-aplatis. La couleur générale en est oli- vâtre plus ou moins claire et semée de très-petites taches rousses ou rougeâtres.

La femelle diffère du mâle en ce qu’elle est beaucoup plus grande. Elle a également la tête et le corps aplatis, Mais la tête est triangulaire

Les œufs cependant grossissent , et doivent éprouver, par la chaleur du corps de la mère, un développement plus rapide en proportion que dans les autres espèces de crapauds. Les petits éclosent, et sortent ensuite de leurs cellules ; après avoir passé, en quelque sorte, par l’état de tétard ; car ils ont, dans les premiers temps de leur développement, une queue qu'ils n’ont plus quand ils sont prèts à quitter leurs cellules ,

Lorsqu'ils ont abandonnéle dos de leur mère, celle-ci, en se frottant contre des pierres ou des végétaux, se dépouille des portions de cellules

| qui restent encore, et de sa propre peau qui

tombe alors en partie pour se renouveler.

Mais la nature n’a jamais présenté de phénomènes isolés ; l’expression d’extraordinaire ou

de singulière n’est point absolue, mais seule-

et plus large à la base que la partie antérieure .

du corps. Les yeux sont très-petits et très-dis- |

tants l’un de l’autre , ainsi que dans le mâle. Elle a de même cinq doigts palmés aux pieds de derrière et quatre doigts divisés aux pieds de devant, mais chacun de ces quatre doigts est fendu à lextrémité en quatre petites parties plus sensibles que dans le mâle. Son corps est communément hérissé partout de- très-petites verrues. L’individu femelle, qui est conservé au Cabinet du Roi, a cinq pouces quatre lignes de longueur depuis le bout du museau jusqu’à Panus. ; Ce qui rend surtout remarquable ce grand

crapaud de Surinam , c’est la manière dont les

fœtus de cet animal croissent, se développent |

et éclosent ‘. Les petits du pipa ne sont point |

conçus sous la peau du dos de leur mère , ainsi que. l’a pensé mademoiselle de Mérian, à qui nous devons les premières observations sur cet animal ?: mais lorsque les œufs ont été pondus par la femelle et fécondés par le mâle de la même manière que dans tous les crapauds , le

. mâle, au lieu deles disperser, les ramasse avec ses pattes , les pousse sous son ventre , et les étend sur le dos de la femelle où ils se collent. La liqueur fécondante du mâle fait enfler la peau et tous les téguments du dos de la femelle qui forment alors autour des œufs , des sortes de cellules.

4 Voyez un Mémoire de M. Bonnet, inséré dans le Journal de Physique de 1779, vol. II, p. 445.

2? Mérian, Dissertatio de generatione et metamorphosibus insectorum surinamensium , ete. Amsterd., 4719,

ment relative à nos connaissances; et elle ne désigne en général qu’un degré plus ou moins grand dans une propriété déjaexistanteailleurs : aussi la manière dont les petits du pipa se développent n’est point à la rigueur particulière à cette espèce. On en remarque une assez semblable, même parmi les quadrupèdes vivipares, puisque les petits du sarigue ou opossum ne prennent, pendant quelque temps, leur accroissement que dans uñe espèce de poche que la femelle a sous le ventre ?.

Au reste, il paraît que la chair de ce crapaud n’est pas malfaisante ; et, suivant le rapport de mademoiselle de Mérian, les Nègres en mangent avec plaisir.

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