LA BLANCHE
Coluber (Natrix) albus, Linn., Lacep., Latr., Daud. ; Anguis alba, Laur., Gmel.; Coluber brachyurus, Shaw.
On pourrait, au premier coup d'œil, confondre cette couleuvre avec la très-blanche , dont nous avons déjà parlé : toutes les deux sont ordinairement d’un très-beau blanc, qui n’est relevé par aucune tache; maïs, pour peu qu’on
les examine avec attention, on voit qu’elles dif- ; q
fèrent beaucoup l’une de l’autre. La blanche n’a que cent soixante-dix grandes plaques et vingt paires de petites, au lieu que la très-blanche a ordinairement soixante paires ‘de petites et deux cent neuf grandes plaques. Nous avons répété, à la vérité, très-souvent, que le nombre des plaques, grandes ou petites, n’était presque jamais constant; mais nous n'avons vu, dans aucune espèce de serpent, ce nombre varier de cent soixante-dix à deux cent neuf
1 Cette dernière espèce a, suivant M. Linnée, cent dix-huit grandes plaques et soixante paires de petites.
2? Le Triangle. M. Daubenton. Encycl. méth.— Mus. Adolph. fr. p. 29, tab. 19, fig. 5.
5 Celle-ci est rapportée, par M. Merrem, à l'espèce de la Couleuvre denii-collier, décrite p. 368. D.
4 Le Blanc. M. Daubenton, Encycl. méth: Mus, Ad. fr, p. 24, tab. 14, fig. 2,
DES SERPENTS
pour les grandes lames, et en même temps de vingt à soixante pour les petites. D'ailleurs la couleuvre blanche n’est pas venimeuse, et ses mâchoires ne sont pas garnies de crochets mobiles, comme celles de la très-blanche, qui contient un venin très-actif. Ainsi, leurs propriétés sont encore plus différentes que leur conformation; ces propriétés sont même trop dissemblables pour que leurs habitudes naturelles soient les mêmes ; et en outre, c’est en Afrique qu’on trouve la très-blanche, et la couleuvre blanche habite les grandes Indes. On a donc été trèsfondé à les regarder comme appartenant à deux espèces très-distinctes.
LE TYPHIE !.
Coluber (Natrix) Typhius, Linn.; Col. Typhius, Lacep., Latr., Daud., Fitz.
Ce serpent se trouve dans les grandes Indes, et c’est M. Linnée qui l’a fait connaître. Suivant ce naturaliste, cette couleuvre est bleuâtre et a cent quarante grandes plaques et cinquantetrois paires de petites.
L’on conserve au Cabinet du Roi un serpent dont le dessus du corps est d’un vert très-foncé et ne présente aucune tache , non plus que le dessus du corps du typhie. Comme il a cent quarante-une grandes plaques et cinquante paires de petites, et que par là il se rapproche beaucoup de cette dernière couleuvre, il se pourrait d'autant plus qu’il fût de la même espèce, que la couleur verte de l’individu de la collection du Roi, ou la couleur bleue de celui qu’a décrit M. Linnée, sont peut-être l’effet de l'esprit-de-vin dans lequel les deux serpents ont été conservés. Nous croyons done ne pouvoir mieux placer que dans cet article la description de cette couleuvre, d’un vert très-foncé, qui fait partie de la collection de Sa Majesté. Sa
“longueur totale est d’un pied sept pouees six lignes, et la longueur de sa queue de trois pouces dix lignes. Neuf écailles placées sur quatre rangs garnissent le sommet de sa tète; elle n’a point de crochets mobiles ; les écailles qui revêtent son dos sont ovales et relevées par une arête, Le dessous du corps est jaunâtre et chaque grande plaque présente deux taches noirâtres, ce qui forme deux espèces de raies longitudinales ; la plaque la plus voisine du dessous du museau n'offre point de tache, et on n’en
* Le Typhie. M. Daubenton, Encycl. méth,
voit qu’une sur les deux plaques qui la suivent. Il n’y à sous la queue qu’une rangée de ces taches noirâtres.