‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 248 sur 470 · LA QUEUE-PLATE · texte numérisé non relu

LA QUEUE-PLATE

Platurus fasciatus, Latr., Merr., Daud.; Coluber laticaudatus, Linn., Lacep. ; Laticauda scutata, Laur.; Hydrus colubrinus, Schn.

Il est très-aisé de distinguer cette couleuvre d’avec les autres serpents du même genre que l’on a observés jusqu’à présent. Sa queue, au lieu d’être ronde, comme celle de la plupart des autres couleuvres, est comprimée par les côtés, ettellement aplatie, surtout vers son extrémité, que l'on pourrait la comparer à une lame verticale; et le bout de cette queue si comprimée, est terminé par deux grandes écailles arrondies et appliquées l’une contre l’autre dans le sens de l’aplatissement. Lorsque la couleuvre se meut, sa queue ne touche à terre que par une espèce de tranchant occupé par les paires de petites plaques, qui sont très-peu sensibles et ne diffèrent guère en grandeur des écailles du dos. Cette conformation doit faire présumer que

4 Le Grison. M. Daubenton, Encycel.méth, —Mus. Ad. fr. 1, p. 51, tab. 44, fig. 1.

? Le Serpent Large-queue. M. Daubenton, Encycl. méth.— Mus. Ad. fr. 1, p. 51, tab. 16, fig. 4.

DES SERPENTS

la couleuvre se sert peu de sa queue pour ramper, et cette partie paraît lui être bien plus utile pour frapper à droite ou à gauche, ou pour se diriger en nageant et agir sur l’eau comme par une espèce d’aviron. On pourrait donc croire que ce serpent vit beaucoup plus au milieu des eaux que dans les endroits secs; mais l’on ne connaît point ses habitudes naturelles, et l'on sait seulement qu’il se trouve dans les grandes Indes.

Il a quarante-deux paires de petites plaques, placées sur l’espèce de tranchant que présente sa queue, ainsi que nous venons de le dire ; et deux cent vingt-six grandes plaques garnissent le dessous de son ventre. Sa tête est couverte de neuf grandes écailles, disposées sur quatre rangs. Nous avons cru apercevoir deux crochets mobiles à la mâchoire supérieure, et dès lors nous aurions placé la queue-plate parmi les couleuvres vénéneuses; mais l'individu que nous avons décrit n’était pas assez bien conservé dans toutes ses parties, pour que nous n’ayons pas préféré de suivre l'opinion de M. Linnée, qui a très-bien connu la couleuvre dont il s’agit dans cet article. Nous laisserons donc la queue-plate parmi les couleuvres qui n’ont pas de venin, jusqu’à ce que de nouvelles observations aient confirmé nos doutes relativement à la forme de ses dents et à la nature de ses humeurs.

Les écailles du dos de la queue-plate sont rhomboïdales et unies; le dessous du corps est presque blane, le dessus est d’un cendré bleuâtre et présente de larges bandes, d’une couleur

très-foncée, qui s'étendent jusque sur le ventre !

et font le tour du corps.

L’individu que nous avons décrit avait deux pieds de longueur totale, et sa queue était longue de deux pouces neuf lignes.

LA BLANCHATRE *.

Coluber (Natrix) annulatus, Merr.; Col. annulatus, Lion., Latr., Daud. ; Col. candidus et C, albo fuscus, Lacep., Latr.; Col. ignobilis, Laur.; Col. orientalis, Gmel.; Col. Epidaurius. Herm. ?.

Cette couleuvre est blanchâtre et présente des bandes transversales brunes. Elle a deux

‘ La Blanchâtre, M. Daubenton, Encycl. méth.— Col. candidus, Linn., amphib. Serp. — Mus. Ad. fr, 1,p.535 , tab, 7, fig. 1.

? Cette espèce ne diffère pas de la blanche et brune décrite ci-après, suivant M. Merrem, D.

cent vingt grandes plaques et cinquante paires de petites : elle se trouve dans les Indes. .

On conserve au Cabinet du Roi une couleuvre qui a de très-srands rapports avec la blanchâtre , mais qui cependant a un trop petit nombre de grandes plaques pour que nous puissions assurer qu’elle soit de la même espèce; elle n’a, en effet, que cent quatre-vingt-trois grandes plaques ; le dessous de sa queue est couvert de quatre-vingt-sept paires de petites, sa tête est garnie de neuf grandes écailles, son dos couvert d’écailles en losange et unies, sa mâchoire supérieure sans crochets mobiles, et ses couleurs ressemblent à celles de la blanchâtre !.

Page 1