‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 266 sur 470 · LA CUIRASSÉE · texte numérisé non relu

LA CUIRASSÉE

Coluber (Natrix) scutatus, Merr.; Col. scutatus, Pall., Gmel., Lacep., Latr., Daud.

Cette couileuvre, que M. Pallas a décrite, a beaucoup de rapports avec la couleuvre à collier, non-seulement par sa conformation , mais encore par ses habitudes. Elle passe souvent un temps très-long dans l’eau, ou sur le bord des rivières, mais elle se tient aussi très-souvent sur les terres sèches et élevées. C’est sur les bords du Jaik, fleuve qui sépare la Tartarie du Turkestan , et qui se jette dans la mer Caspienne, qu’elle a été observée. Elle parvient quelquefois à la longueur de quatre pieds ; elle n’a point de crochets mobiles ; l'iris de ses yeux parait brun; tout le dessus de son corps est noir; et le dessous, qui est de la même couleur, présente des taches d’un jaune blanchâtre, presque carrées , placées alternativement à droite et à gauche, et en très-petit nombre sous la queue. Les grandes plaques qui recouvrent son ventre sont au nombre de cent quatrevingt-dix; leur longueur est assez considérable pour qu’elles embrassent presque les deux tiers de la circonférence du corps, et voilà pourquoi M. Pallas a donné à cette couleuvre l’épithète de scutata , que nous avons cru devoir remplacer par celle de cuirassée , les grandes plaques formant en effet comme les lames d’une longue cuirasse qui revêtirait le ventre du serpent.

La queue présente la forme d’une pyramide triangulaire très-allongée , et le dessous en est garni ordinairement de cinquante paires de petites plaques.

DES SERPENTS

LA DIONE !.

Coluber (Natrix) Dione, Merr.; Col.Dione, Pall., Gmel,, Lecep., Latr., Daud.

11 semble que c’est à la déesse de la beauté

que M. Pallas a voulu, pour ainsi dire, consacrer cette couleuvre, dont il a le premier publié la description ; il lui a donné, en effet, un des noms de cette déesse, et cette dénomination était due, en quelque sorte, à l’élégance de la parure de ce serpent , à la légèreté de ses mouvements et à la douceur de ses habitudes. La couleur du dessus du corps de la dione est d’un gris très-agréable à la vue, dit M. Pallas , et qui souvent approche du bleu; elle est relevée par trois raies longitudinales d’un blanc trèséclatant, que font ressortir des raies brunes placées alternativement entre les raies blanches; et les diverses teintes de ces couleurs doivent être bien assorties, puisque M. Pallas, en faisant allusion à ses nuances, donne à la dione l’épithète de très-élégante(elegantissima). Le dessous de son corps est blanchâtre avec de petites raies d’un brun clair, et souvent de petits points rougeâtres.

La dione parvient à la longueur totale de trois pieds, et alors sa queue a communément six pouces de longueur. Son corps est délié ; le dessus de sa tête est couvert de grandes écailles; elle ne contient aucun venin, et elle est aussi douce et aussi peu dangereuse que ses couleurs sont belles à voir. Elle habite les environs de la mer Caspienne ; on la trouve dans les déserts qui environnent cette mer, et dont la terre est, pour ainsi dire, imprégnée de sel. Elle se plait aussi sur les collines arides et salées qui sont près de l’Irtish 2.

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