ET L'OSTRACION DEUX-AIGUILLONS
Ostracion bicaudalis ?.
Nous plaçons dans le même article ce que
4 Coffre bossu, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, -pl. de l'Enc. méth. — Ostracion oblongus, quadrangulus gibbosus , Artedi, gen. 55, syn. 85. — Ostracion alter, Aldrov.; L 4, ©. 19, p. 561. — Jonston, t. 25, n. 7. — Ostracion alter gibbosus, Aldrov. Lister, ap. Willughby, p. 156. — Piscis quadrangularis gibbosus, ibid., p. 20. — Raï, p. 44.
: 2 M. Cuvier pense que l'Osfracion gibbosus d’Aldrovande, cité ci-avant, n'est qu'un Ostracion triqueter, mal dessiné. D.
“ Knorr, Del, nat, selectæ, p. 56, tab, H, 4, fig, 5, |
nous avons à dire de ces trois espèces, parce qu’elles ne présentent que peu de différences à indiquer.
Le trois-aiguillons, inscrit dans le second sous-genre , montre auprès des yeux deux longues prolongations de sa croûte osseuse, façonnées en pointes et dirigées en avant, Il a d'ail: leurs un troisième aiguillon sur la partie supérieure du corps. Il vit dans les mers de l’Inde, ainsi que le trigone et le deux-aiguillons.
Ces deux derniers ostracions ont beaucoup de traits de ressemblance l'un avec l’autre.
Placés tous les deux dans le troisième sousgenre , ils n’ont point de piquants sur la tête; mais leur enveloppe solide, triangulaire ou composée de trois faces longitudinales comme celle du trois-aiguillons, se termine, du côté de la queue , et à chacun des deux angles qu'y présente la face inférieure, par un long aiguillon dirigé en arrière.
Au premier coup d'œil , on est embarrassé pour distinguer le trigone du deux-aiguillons; voici cependant les différences principales qui les séparent. Les boucliers ou pièces hexagones du premier de ces deux poissons sont plus bombés que ceux du second ; d’ailleurs ils sont relevés par des tubercules plus saillants, que l’on a comparés à des perles ; de plus, les deux piquants qui s’étendent sous la queue sont cannelés longitudinalement dans le trigone, au lieu qu'ils sont presque lisses dans le deuxaiguillons ; et enfin la nageoire dorsale comprend ordinairement quatorze rayons sur le
4 Planches de l'Enc. méth.
5 Ostracion tricornis. (Les passages de divers auteurs rapportés au trois-aiguillons par Gmelin, ont trait à d'autres ostracions ; et ce qu'ont dit Daubenton et Bonnaterre, dans l'Enc. méth., du coffre triangulaire à trois épines, doit être appliqué à l'ostracion Lister.)
5 O. scan. 160.— « O. trigonus, triangulus, limbis figurarum « hexagonarum eminentibus, aculeis duobus iu imo ventre. » Artedi, gen. 56, syn. 85, — 1bid., n. 12. — Ostracion trigonus, Coffre à perles. Bloch , pl. 135. — « Piscis triangularis « Clusii, éornibus carens. » Willughby, p. 156. — Rai., p. 44. — Coffre triangulaire tuberçculé à deux épines. Daubenton, Euc. méth. —1d. Bonnaterre, pl. de l'Enc, méth.
7 M. Cuvier place cet ostracion dans la deuxième division, celle des espèces à corps triangulaire et armé d'épines en arrière de l'abdomen. D.
8 « Ostracion triangulatus, tuberculis hexagonis radiatis, « aculeis duobus in imo ventre. » Artedi, gen. 57, syn. 85. — Séb. mus. 5, tab. 24, fig, 5.— « Piscis triangularis parvus, non « nisi imo ventre corautus. » Lister, app. Willughby, p. 20. — Rai, p. 45. — Coffre triangulaire chagriné à deux épines, Daubenton, Enc. méth.— Id. Bonuaterre, pl. de l'Enc. méth, — Ostracion bicaudalis, coffre deuœ-piquants. Bloch, pl. 132,
® M. Cuvier range celui-ci avec le précédent. D.
trigone", tandis que sur le deux-aiguillons elle n’en renferme que dix ?.
Lorsqu'on veut saisir le trigone, il fait entendre, comme le baliste vieille , et vraisemblablement comme d’autres ostracions , une sorte de petit bruit produit par l'air, ou par les gaz aériformes qui s’échappent avec vitesse de l’intérieur de son corps qu’il comprime. On a donné le nom de grognement à ce bruissement qu’il fait naître ; et voilà pourquoi ce cartilagineux a été nommé Cochon de mer, de même que plusieurs autres poissons. Au reste, sa chair est dure et peu agréable au goût.
L'OSTRACION * QUATRE-AIGUILLONS.
Ostracion quadricornis, Linn., Gmel., Cuv.‘.
ET
L’OSTRACION LISTER .
Ostracion Lister, Lacep.
Ces deux cartilagineux sont compris dans le quatrième sous-genre de leur famille. Ils ont tous les deux l’enveloppe triangulaire; tous les deux ont quatre piquants, deux auprès des yeux et deux au-dessous de la queue, aux deux angles qui y terminent la face inférieure de la croûte osseuse : mais ils different l’un de l’autre par la conformation de la queue, qui, dans le Lister, présente un piquant dur, pointu et aussi long que la nageoïre de l’anus , tandis que cette partie du corps n’en montre aucun dans le quatre-aiguillons 6. Cette pointe longue et dure
? Aux nageoires pectorales 12 rayons, à celle du dos 14, à celle de l'anus 12, à celle de la queue, qui est arrondie, 7.
* Aux nageoires pectorales 12 rayons, à celle du dos 40, à celle de l'anus 10, à celle de la queue, qui est arrondie. 10.
$ u Ostracion triangulatus, aculeis duobus in fronte, et to- « tidem in imo ventre. » Artedi, gen. 56, syn. 85. — Coffre triangulaire à quatre épines. Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — « Piscis triangularis Clusii « cornulus. » Raï. pisc., p. #4. — Ostracion quadricornis, coffre quatre-piquants. Bloch, pl. 454.
4 Ce coffre est placé par M. Cuvier dans la troisième division des espèces de ce genre, celles qui ont le corps triangulaire, armé d'épines au front et derrière l'abdomen. D.
$ Lister, ap. Willughby, Ichth., p. 419. — Ostraoion triangu- « latus, aculeis duobus in capite, et unico longiore supernè ad « Caudam. » Artedi, gen. 56, syn. 85. — Coffre triangulaire à trois épines. Daubenton , Enc. méth. — Coffre triangulaire à trois épines. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — (Artedi, Daubenton et Bonnaterre n'ont pas vu les deux aiguillons situés à l'extrémité de la face inférieure du têt, et au-dessous dela queue; et voilà pourquoi les deux derniers de ces.trois naturalistes, et le professeur Gmelin, ont confondu l'ostracion que nous nommons Lister, avec le trois-aiguillons.)
‘Il y a aux nageoires pectorales du trois-aiguillons 41 rayons, à la nageoire dorsale 10, à celle de l'anus 140, à celle de la queue 10,
est placée sur la portion de la queue du Lister qui est hors de l’enveloppe, et elle y est plus rapprochée de la nageoire caudale que de l’extrémité de la croûte solide. La nageoire dorsale du Lister est plus près de la tête que celle de l'anus. On ne voit pas sur la queue de ce cartilagineux d’écailles sensibles pendant la vie de
l'animal ; le dos et les côtés de sa tête présen-
tent de grandes taches ondées ; et nous avons
donné à ce poisson le nom sous lequel il est inscrit dans cet ouvrage , parce que c’est au sa-
vant Lister que l’on en doit la connaissance.
L’on ne sait dans quelles mers vit cet ostra-
cion ; le quatre-aiguillons se trouve dans celles
des Indes, et près des côtes de Guinée.
L'OSTRACION ! QUADRANGULAIRE.
Ostracion cornutus, Linn., Gmel., Cuy. :.
ET
L'OSTRACION DROMADAIRE®.
Ostracion turritus, Linn., Gmel., Cuv. 4.
Ces deux ostracions ont le corps recouvert d'une enveloppe à quatre faces longitudinales : mais ces quatre côtés sont bien plus réguliers dans le premier de ces poissons que dans le se. cond. Le quadrangulaire a d’ailleurs , comme le quatre-aiguillons et comme le Lister, quatre pointes ou espèces de cornes fortes et longues : deux situées au-dessous de la queue, dirigées en arrière et attachées aux deux angles de la croûte osseuse; et les deux autres placées auprès des yeux, tournées en avant, et assez semblables en petit aux armes menacçantes d’un taureau , pour avoir fait donner au quadrangulaire le nom de Taureau marin. Il habite les mers de l’Inde , et sa chair est dureÿ.
4 Mus. ad. fr. 4, p. 59. — Gronov. mus. 4, n. 118. — Willughby, Ichth., tab. I, 45, fig. 1. — Piscis cornutus. Bont. Jav, 79. — Edw. Glan. pl. 284, fig. 4. — Séb. mus. 5, tab. 24, fig. 8 et 13. — Coffre quadrangulaire à quatre épines. Daubenton, Enc. méth.— Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.—Ostracion cornutus, coffre taureau de mer. Bloch, pl. 155. — Holosteus cornulus. Plumier, dessins déjà cités.
2 De la sixième division des coffres, selon M. Cuvier, celle qui comprend les espèces à corps quadrangulaire armées d'épines au front et derrière l’abdomen. D.
5 Forsk. Faun. arabic., p. 75, n. 4115. — Ostracion turri-
. tus, coffre chameau marin. Bloch, pl. 136.— Zkan toe tombo
ekor tiga. Valentyn, Ind.5, p. 396, n. 159. — Coffre chameau marin. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Knorr, Délices de la nature, pl, H, 1, fig. 4 et 2.
4De la septième division des Coffres, dont le corps est quadrangulaire et armé d'épines sur les arêtes. D.
“ Aux nageoires pectorales du quadrangulaire 40 rayons, à
DES POISSONS
Le dromadaire se trouve également dans les mers des Indes orientales : mais il a été aussi observé dans la mer Rouge. Au milieu de la face supérieure de sa couverture solide, s’élève une bosse très-grosse, quelquefois en forme de cône, d’autres fois un peu semblable à une pyramide triangulaire , le plus souvent très-large dans sa base, et toujours terminée par un gros aiguillon recourbé , cannelé , et un peu dirigé vers l'arrière. Un aïguillon plus petit, mais figuré de même, est placé verticalement audessus de chaque œil, et d’autres piquants cannelés , aussi très-forts et recourbés , garnissent les deux côtés de la face inférieure du coffre. Ces pointes inférieures et latérales varient en nombre suivant l’âge de l’animal, et depuis trois jusqu’à cinq de chaque côté. Les tubercules semés sur la croûte osseuse y forment des figures triangulaires, lesquelles, réunies, donnent naissance à des hexagones, comme sur presque tous les ostracions , et ces hexagones sont séparés par des intervalles un peu transparents !.
Le coffre est d’un cendré jaunâtre, les autres parties de l’animal sont brunes , et l’on voit, sur plusieurs endroits du corps et de la queue, des taches brunes et rondes. À
Cette espèce a été nommée Chumeau marin; mais nous avons préféré à ce nom celui de Dromadaire, animal n'ayant qu'une bosse sur le dos. Au reste, elle parvient à la longueur d’un pied et demi, et sa chair est coriace et désagréable au goût,
Voilà donc la chair du dromadaire , du quadrangulaire, du quatre-aiguillons, du trigone, qui est dure et dénuée de saveur agréable. Il paraît que tous ou du moins presque tous les ostracions armés de pointes l’ont coriace, tandis qu’elle est tendre et savoureuse dans tous les poissons de cette famille qui ne présentent aucun piquant. La différence dans la bonté de la chair est souvent un signe de la diversité de sexe. La présence de piquants ou d’autres armes plus ou moins puissantes , peut aussi être la marque de cette même diversité. L’on n’a point encore d'observations exactes sur les variétés de forme qui peuvent être attachées à l'un ou à l’autre des deux sexes dans le genre
celle du dos 9, à celle de l'anus 9, à celle de la queue, qui est arrondie, 10.
4 Aux nageoires pectorales du dromadaire 40 rayons, à
celle du dos 9, à celle de l'anus 9, à celle de la queue, qui est arrondie, 40. ;
dont nous nous occupons : peut-être, lorsque les ostracions seront mieux connus , trouverat-on que ceux de ces cartilagineux qui présentent des piquants sont les mâles de ceux qui n’en présentent pas; peut-être, par exemple, regardera-t-on le dromadaire comme le mâle du bossu, le quadrangulaire comme celui du moucheté, le quatre-aiguillons , dont la croûte n’a que trois faces longitudinales, comme le mêle du triangulaire : mais, dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons que décrire comme des espèces diverses des ostracions aussi différents les uns des autres par leur conformation , que ceux que nous venons de considérer comme appartenant, en effet, à des espèces distinctes.