‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 439 sur 470 · LE LATE ORBE · texte numérisé non relu

LE LATE ORBE

LE sib$c MOLE.

LE DIODON ATINGA !.

Diodon Atinga, Linn., Gmel., Lacep.; Diodon hystri, Bloch; Diodon punctatus, Cuy.

Les diodons ont de très-grands rapports, dans leur conformation et dans leurs habitudes, avec les tétrodons et les ovoïdes : mais ils en different par la forme de leurs mâchoires osseuses, dont chacune ne présente qu’une pièce ; et de là vient le nom qu’on leur a donné, et qui désigne qu'ils n’ont que deux dents, l’une en haut, et l’autre en bas. Ils en diffèrent encore par la nature de leurs piquants beaucoup plus longs, que ceux des tétrodons les mieux armés. Ces piquants sont d’ailleurs très-mobiles, et répandus

{ Nous devons prévenir qu'en rapportant aux différentes espèces de poissons que nous décrivons dans cet ouvrage, le tex'e ou la figure publiés par différents auteurs, nous n'entendons, en aucune manière, adopter l'opinion de ces écrivains relativement à l'application qu'ils ont pu faire de telleow telle description où de tellé ou telle pianchequ'ils ont citées, à l'animal dont ils se sont occupés. Cet avertissement nous a paru surtout nécessaire au commencement de l'histoire des diodons. — Diodon atinga, Bloch, pl. 425. — Deux-dents courte-épine, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth., pl. 49, fig, 60. — « Hérisson de mer. Diodon supernè fuscus, maculis lentia cularibus nigris undique inspersus , ventre albo immacu- « lato. » Commerson, manuscrits déjà cités. — Deux-dents longue-épine, Daubenton, Enc. méth. — Browne, Jamaic., p. 456, n. 4.— Séb. mus. 5, pl. 25, fig. jet 2; et pl. 24, fig. 10. — Guamajacu atinga, Marcgrav., Brasil., pl. 168. Willughby, lchth., pl. 1,5:1,6; et 1,7. — Jonston, tab. 5, fig. 4; et tab. 39, fig. 5: :

DES POISSONS

sur toute la surface de la plupart des diodons. Cette dissémination, ce nombre, cette mobilité, cette grandeur , ont fait regarder, avec raison, les diodons comme les analogues des porcépies et des hérissons, dans la classe des poissons. La diversité de couleurs que montrent fréquemment ces aiguillons a dû contribuer encore à ce rapprochement ; et comme on a pu en faire un presque semblable {entre les cartilagineux que nous examinons et les vers que l'on a nommés Oursins, on doit considérer la famille des diodons comme formant un des principaux liens qui réunissent et attachent ensemble la classe des quadrupèdes à mamelles, celle des poissons, et celle des vers.

Ce genre remarquable ne renferme qu’un petit nombre d’espèces : mais le plus grand nombre des naturalistes en ont mal saisi les caractères distinctifs ; et comme d’ailleurs elles sont presque toutes très-variables dans plusieurs points de leur conformation extérieure, une grande confusion a régné dans la détermination de ces espèces, dont on a très-souvent trop étendu ou resserré le nombre; et le même désordre s’est trouvé dans l’application que plusieurs auteurs ont faite aux espèces qu’ils avaient admises, des noms donnés aux diodons, ou des descriptions de ces animaux déjà publiées. Ce n’est que parce que nous avons été à portée de comparer de ces cartilagineux de différents âges, de différents sexes , de différents pays, et pris à des époques de l’année très-éloignées l’une de l’autre, que nous avons pu parvenir à fixer le nombre des espèces de diodons connues jusqu’à présent, à reconnaître leurs formes distinctives et invariables, et à composer la table méthodique qui précède cet article.

L’atinga a le corps très-allongé; chaque narine n'a qu’une ouverture placée dans une sorte de petit tube : les yeux sont assez près du museau; l’anus en est, au contraire, à une assez grande distance, et par conséquent la queue proprement dite est très-courte. Les nageoires du dos et de l’anus se ressemblent beaucoup, sont petites, et placées au-dessus l’une de l’autre ; celle de la queue est arrondie ?.

Les piquants mobiles dont l’atinga peut se hérisser sont très-forts, très-longs, creux vers leur racine, variés de blanc et de noir, et di-

A Ta nageoire du dos 15 ou 16 rayons, aux nageoires pectorales 24 ou 25, à celle de l'anus 15 ou 16, à celle de la queue 9, : :

visés à leur base en trois pointes qui s’écartent, s'étendent, et vont s’attacher au-dessous des téguments de l'animal. Ils sont revêtus d’une membrane plus ou moins déliée, qui n’est qu’une continuation de la peau du diodon. Cette membrane s’élève autour de l'aiguillon, jusqu’au-dessus de l’extrémité de ce piquant, ou jusqu'à une distance plus ou moins grande de la pointe de ce dard, qui le plus souvent perce cette membrane et paraît à découvert.

L’atinga est brun ou bleuâtre sur le dos , et blanc sur le ventre; ses nageoires sont quelquefois jaunes dans le milieu de leur surface; et ces mêmes nageoires, ainsi que toute la partie supérieure du poisson , sont semées de petites taches lenticulaires et noires, que l’on voit fréquemment répandues aussi sur le dessous de l’atinga.

Ce cartilagineux vit au milieu des mers de l’Inde et de l'Amérique, voisines des tropiques, ainsi que dans les environs du cap de Bonne- Espérance. Il s’y nourrit de petits poissons , de cancres, et d'animaux à coquille, dont il brise aisément l’enveloppe dure par le moyen de ses fortes mâchoires. Ilne.s’éloigne guère des côtes ; et quoiqu'il ne parvienne qu’à la longueur de quinze pouces ou d’un pied et demi, il sait si bien, lorsqu'on l’attaque, se retourner en différents sens, exécuter des mouvements rapides, s’agiter, se couvrir de ses armes , en présenter la pointe, qu’il est très-difficile et même dangereux de le prendre. Aussi le poursuit-on d’autant moins que sa chair est dure et peu sayoureuse.

C’est principalement dans les moments où l’on veut le saisir, qu’il gonfle sa partie inférieure. Il a la faculté de l’enfler comme les tétrodons et les ovoiïdes, quoique cependant il paraisse ne pouvoir pas donner à cette portion de son corps un aussi grand degré d'extension. Il augmente ainsi son volume pour donner plus de force à sa résistance , ou. pour s'élever et nager avec plus de facilité; il se grossit et se tuméfie particulièrement, lorsqu’après l’avoir saisi, on cherche à le tenir un moment suspendu par sa nageoire dorsale : mais, quelque cause qui lé contraigne à se boursoufler, il détend souvent tout d’un coup sa partie inférieure, et, faisant.alors sortir avec rapidité par l’ouverture de sa bouche, par celle de ses branchies, ou par son anus, le fluide contenu dans son intérieur,

il produit un bruissement semblable à celui

que font entendre les balistes, les ostracions et les tétrodons.

La vessie natatoire de l’atinga est trèsgrande, ainsi que celle des tétrodons; et, d'après la nature de la membrane qui la compose, il paraît que, préparée comme celle de l'acipensère huso, elle donnerait une colle supérieure par sa bonté à celle que l’on pourrait obtenir de la vésicule aérienne d'un très-grand nombre d’autres espèces de poissons.

L’estomac du diodon que nous décrivons n’est composé que d’une membrane assez mince ; mais il est garni de beaucoup d’appendices , qui, comme autant de petites poches ou d’intestins ouverts uniquement par un bout, peuvent ou augmenter la quantité des sues digestifs, ou contribuer à l'élaboration, à la perfection, à l’activité de ces sues, ou prolonger la durée de l’action de ces liquides sur les aliments , en retardant le passage des substances nutritives dans la partie des intestins la plus voisine de l’anus.

Ces aliments, quelque dure que soit leur nature, peuvent arriver à l’estomac, d’autant plus broyés et par conséquent susceptibles de subir l'action des liqueurs digestives, qu’indépendamment des mâchoires osseuses qui tiennent lieu à l’animal de deux dents très-larges et trèsfortes, l’atinga a deux véritables dents molaires très-grandes, relativement à l’étendue de la cavité de la bouche , à peine convexes, et sillonnées transversalement. L'une occupe presque tout le palais; et l’autre, qui ne cède que trèspeu en grandeur à la première, revêt la partie opposée de la gueule dans l’endroit le plus voisin du devant de la mâchoire inférieure.

Lorsqu'on a mangé de l’atinga, non-seulement on peut éprouver des accidents graves, si on a laissé dans l’intérieur de cet animal quelques restes des aliments qu’il préfère, et qui peuvent être très-malsains pour l’homme , mais encore, suivant Pison , la vésicule du fiel de ce cartilagineux contient un poison si actif, que si elle crève quand on vide l'animal, ou qu’on l’oublie dans le corps du poisson , elle produit sur ceux qui mangent de l’atinga les effets les plus funestes : les sens s’émoussent, la langue devient immobile, les membres se roidissént; et, à moins qu’on ne soit promptement secouru, une sueur froide ne précède la mort que de quelques instants.

Au reste, si la vésicule du fiel, ou quelque

autre portion intérieure du corps de l’atinga, contient un venin dangereux, il ne peut point faire perdre la vie, en parvenant jusqu’au sang des personnes blessées par ce cartilagineux , et en y arrivant par le moyen des longs piquants dont la surface du poisson est hérissée, ainsi que quelques voyageurs l'ont redouté. Ces piquants ne sont point creux jusqu’à leur extrémité ; leur cavité ne présente à l'extérieur aucun orifice par lequel le poison püt être versé jusque dans la plaie; et l’on ne découvre aucune communication entre l’intérieur de ces aiguillons et quelque vésicule propre à contenir et à répandre un suc délétère.

LE DIODON PLUMIER !.

Diodon Plumieri, Lacep.

Il était convenable de désigner ce cartilagineux par le nom du naturaliste auquel nous de- “vons la figure de cette belle espèce de diodon, que l’on trouve dans la zone torride, auprès des côtes orientales de l’Amérique. Ce poisson, que l’on voit aussi auprès des rivages de plusieurs iles américaines, a beaucoup de ressemblance avec l’atinga; mais il en diffère par plusieurs caractères. Premièrement, il est souvent plus allongé, sa longueur totale étant presque toujours quatre fois aussi étendue que sa hauteur. Secondement, il présente un étranglement trèsmarqué à l’endroit où la tête est attachée au corps, et par conséquent entre les yeux et les nageoires pectorales. Troisièmement, il n’y a pas de piquants sur les côtés de la tête, au-dessous, ni sur le devant de cette partie; et, audelà de la nageoire dorsale, la queue est également dénuée d’aiguillons.

Le diodon plumier est bleuâtre avec des taches blanches, presque rondes, assez petites, et très-nombreuses ?.

LE DIODON HOLOCANTHES®.

Diodon Atinga, Linn., Gmel.; Diodon punctatus, Cuv.

Le trait le plus constant et le plus sensible

{ « Orbis piscis aculeatus major, » Plumier, dessins du Muséum. — « Orbis aculeatus, maculis albis notatus, apud «insulas americanas vulgd Poisson àrmé. » Plumier, dessins de la Bibliothèque du Roi.

3 À la nageoire du dos 7 rayons, à chaque nageoire pectorale 9, à celie de l'anus 6 ou 7, à celle de la queue, qui est arrondie , 9 ou 10.

s Diodon hystriæ, guara, Bloch, pl. 126. — Le deux-

DES POISSONS. Gi

par lequel la conformation extérieure de l’holocanthe diffère de celle de l’atinga, est la forme de la nageoire de la queue. Cette nageoire , au lieu d’être arrondie comme dans l’atinga, est échancrée , et par conséquent fourchue ou un peu en croissant, dans l’holocanthe. L'ensemble de la tête, du corps et de la queue est aussi, au moins le plus souvent, moins allongé dans l’holocanthe que dans l’atinga ; le dos est plus convexe, et les piquants sont quelquefois plus longs ! : mais d’ailleurs toutes les formes sont presque semblables; les nuances et la distribation des couleurs ne le sont pas moins ; et l’on remarque les mêmes habitudes dans les deux espèces.

Comme l’atinga, l’holocanthe selivre à divers mouvements très-violents et très-rapides lorsqu'il se sent saisi, et particulièrement lorsqw’il est pris à l’hameçon. Il se gonfle et se comprime, redresse et couche ses dards, s'élève et s’abaisse avec vitesse, pour se débarrasser du crochet qui le retient. Ses piquants étant quelquefois plus longs et plus forts que ceux de l’atinga, ses efforts multipliés pour s’échapper et se défendre sont plus redoutés que ceux de cet autre diodon; et, bien loin d’oser le prendre au milieu de l’eau et lorsqu'il jouit encore de toute sa force, on n’ose approcher sa main de son corps jeté et gisant sur le rivage, qu’au moment où sa puissance affaiblie et sa vie près de s’éteindre rendent ses mouvements à peine sensibles, et ses armes presque nulles.

Au reste, se nourrissant des mêmes animaux que l’atinga, il fréquente les côtes, ainsi que ce cartilagineux, et ainsi que la plupart des poissons qui vivent de crabes et d'animaux à coquille. On le trouve dans les mêmes mers que celles où l’on pêche l’atinga.

LE DIODON TACHETÉ?, Diodon quadrimaculatus? Cuv. ‘.

Commerson a laissé dans ses manuscrits la

dents longue-épine, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth., pl. 49, fig. 61. — « Ostracion oblongus holocanthus, aculeis longissi- « mis teretiformibus, in capite imprimis et in collo. » Artedi, gen. 60, syn. 86.

4 On trouve souvent à la nageoire du dos 14 rayons, aux pectorales 21, à celle de l'anus 17, à celle de la queue 10.

2 « Diodon muricatum, brunneum , spinis albis, maculis « dorsalibus quinque majusculis nigris, occipitali maximà se- «milunatâ. » Commerson, manuscrits déjà cités.

3 M. Cuvier pense qu'il n'est pas improbable que son D. quadrimaculatus ne soit l'espèce ici décrite,

description de cette espèce de cartilagineux, au sujet de laquelle aucun naturaliste n’a encore rien publié, que l’on a trouvée auprès des côtes de la Nouvelle-Cythère, et à laquelle les navigateurs qui l’ont vue ont donné le nom de Crapaud marin et de Hérisson de mer. À mesure qu’on s'éloigne de l’atinga, en continuant cependant d'observer les diodons dans l’ordre suivant lequel nous les avons placés, on voit l’allongement du corps diminuer dans les espèces que l’on examine, et la sphéricité presque parfaite succéder enfin à une très-grande différence entre la longueur et les autres dimensions de l'animal. Les holocanthes sont, en effet, moins allongés en général que l’atingale; le tacheté paraîit l’être moins que l’holocanthe; des variétés de l’orbe se rapprochent encore davantage de la forme globuleuse, que l’on retrouve presque dans toute son intégrité, lorsqu'on a sous les yeux d’autres individus de cette dernière espèce.

Indépendamment de sa forme moins allongée , le tacheté est séparé de l’atinga et de l’holocanthe par la disposition de ses couleurs. Il est brun par-dessus, et blanchâtre par-dessous ; il présente sur sa nuque une très-grande tache en forme de croissant, un peu festonnée, et dont les pointes sont tournées vers les yeux. On en voit de chaque côté du corps une autre un peu ovale, située au-dessus de la nageoire pectorale, et deux autres transversales, dont la première est au-dessous de l’œil , et la seconde entre l’œil et la nageoire pectorale ; le dessous du museau est comme entouré d’une tache nuageuse; et enfin on en trouve une presque ronde au-dessus du dos, autour de la nageoire dorsale. Au reste, ces différentes taches sont d’un noir plus ou moins foncé.

Toutes les nageoires sont d’un jaune verdâtre ‘. Les piquants sont blancs, et montrent leurs pointes au-dessus de gaines très-brunes.

Ces mêmes aiguillons, mobiles à la volonté de l’animal, ainsi que ceux de presque tous les autres diodons , sont très-longs sur le dos, mais deux ou trois fois plus courts sur le ventre.

Les narines, situées entre les yeux et l’extrémité du museau, ont les bords de leurs ouvertures relevés de manière à représenter une verrue.

Les yeux sont voilés par une continuation

4 À la nageoire du dos 14 rayons, aux nagevires peclorales 24, à celle de l'anus 44, à celle de la queue 9.

transparente du tégument le plus extérieur de l’animal; cependant ils sont gros et trèssaillants.

L'ouverture branchiale a la forme d’un segment de cercle, et est placée verticalement.

On ne compte de chaque côté que trois branchies.

La nageoire de la queue est arrondie ; ce qui rapproche un peu le tacheté de l’atinga, mais l'éloigne de l’holocanthe.

LE DIODON ORBE *.

Diodon rivulatus? Cuv.; Diodon maculato-striatus, Mitchill. ?,

. Ce nom d’Orbe désigne la forme presque entièrement sphérique que présente ce cartilagipeux. Il ressemble d'autant plus à une boule, surtout lorsqu’il s’est tuméfié, que ses nageoires sont très-courtes, et que son museau étant très-peu avancé, aucune grande proéminence r’altère la rondeur de son ensemble. Les piquants dont sa surface est hérissée, sont très-forts ; mais ils sont plus courts et plus clair-semés à proportion du volume du poisson, que ceux de l’atinga, de l’holocanthe et du tacheté. Ils paraissent d’ailleurs retenus sous la peau par des racines à trois pointes, plus étendues et plus dures ; ils ressemblent davantage à un cône, ou plutôt à une sorte de pyramide triangulaire, dont les faces seraient plus ou moins marquées; ils peuvent faire des blessures plus larges : ils sont moins fragiles ; ils donnent à l’animal des moyens de défense plus capables de résister à une longué attaque; et voilà pourquoi V'orbe à été nommé par excellence, et au milieu des autres diodons, le Poisson armé. C’est sous

‘ Deux-deñts hérisson, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth., pl. 19, fig. 62. -—- Diodon orbicularis, orbe hérisson, Bloch, pl. 127.—Deux-dents courte-épine, Daubenton, Enc. méth. a — Ostracion bidens sphæricus , aculeis undique densis tri- « quetris. » Artedi, gen. 59, syn. 86. — Séba, mus. 5, tab, 25, fig. 5. — « Poisson rond et piquant. Orbis echinatus, orbis « muricatus. » Rondelet, part. 4, L 45, c. 5. — Willughby, chth., tab. I, 4, fig. 6; et I, 8, fig. 4 et 2. — « Guamajacu, « guara, piquitingua, araguagua, camuri. » Maregr., Brasil., p. 158. — « 1kan doerian, terpandjang, doeri, doeri-nja. » Valent., Ind. 5, p. 458, n.557. — Poisson armé, Dutertre, Antill.2, p. 209. — Diodon hystrix reticulatus, B. Linnée, éd. de Gmelin. — « Ostracion subrotundus , aculeis undique « brevibus triquetris raris. » Artedi, gen. 59, syn. 86.— « Dio- « don subsphæricus aculeatus, aculeis ventralibus singulis « maculâ flavicante notatis, præter maculas quinque nigras. » Commerson, manuscrits déjà cités.

3 M. Cuvier regarde ce poisson comme étant probablement de l'espèce qu'il désigne par le nom de Diodon rivulatus. D,

ce nom que sa dépouille a été conservée peñdant si longtemps, suspendue à la voûte de presque tous les muséum d'histoire naturelle, et même dans un grand nombre de cabinets de physique, de laboratoires de pharmacie, et de magasins de drogues étrangères.

Commerson, qui a vu ce poisson en vie dans la mer voisine de Rio-Janeiïro, a très-bien décrit les couleurs de cet animal ; et c’est d’après lui que nous allons les faire connaître. L’orbé est d’un gris livide sur toute sa surface; mais ce fond est varié par des taches de formes ét de nuances différentes. Premièrement, des gouttes blanchâtres sont répandues sur tout le dos ; secondement, quatre taches plus grandes, noires, et presque arrondies, sont situées, une auprès de chaque nageoire pectorale, et une sur chaque côté du corps; troisièmement, une cinquième tache également noire, mais très-échancrée, paraît auprès de la nagéoire caudale ; quatrièmement, un croissant noirâtre est au-dessous de chaque œil; et cinquièmement, la base de chacun des aiguillons placés sur le ventre est d’un jaune plus ou moins pâle.

Au reste , on remarque souvent dés variétés dans la forme du corps de l’orbe, et dans celle de ses aiguillons. Ces piquants sont quelquefois, par exemple, taillés, pour ainsi dire, à pans plus sensibles, et attachés par des racines plus fortes et plus divisées. D’un autre côté, la sphéricité de l’animal se change en une sorte d’ovoïde , ou de petit cône, qui le rapproche du tacheté, ou de l’holocanthe, ou de l’atinga, surtout lorsque ces derniers, ayant accidentellement leur partie inférieure très-gonflée, s’éloignent davantage de la figure allongée, et sont plus près de la rondeur d’uné boule. Mais les atingas, les holocanthes et lés tachetés les plus voisins de la forme globuleuse seront toujours séparés de l’orbe dont la sphéricité sera la moins parfaite, par la conformation des piquants de ce dernier, plus courts, plus forts, plus clairsemés, mieux enracinés et plus comprimés latéralement et sur plusieurs faces, que ceux des autres diodons ".

L’orbe, a comme d’autres cartilagineux de sa famille, deux dents molaires presque plates, très-étendues en surface, et situées l’une au palais , et l’autre en bas vers le bout du museau.

4 À la nageoire du dos 14 rayons, aux nageoires pectora: les 22, à celle de l'anus 12, à celle de la quéue, qui est arrondie, 10.

DES POISSONS

Sa chair estun aliment plus ou moinsdangereux, au moins dans certaines circonstances, comme celle de l’atinga et d’autres diodons.

C’est principalement dans l’orbe que l’on avait cru voir de véritables poumons en même temps que des branchies ; et c'est cette observation qui avait particulièrement engagé Linnée à séparer les cartilagineux des poissons proprement dits, et à les considérer comme appartenant à la classe que ce grand naturaliste a désignée par le nom d'amphibie ?.

LE DIODON MOLE ?.

Orthagoriscus spinosus, BI., Schn., Cuv. 5.

Ce diodon, que le savant naturaliste Pallas a fait connaitre, a beaucoup de ressemblance avec le tétrodon lune par le grand aplatissement de son corps, qui est très-comprimé par les côtés , et par la forme demi-ovale qu’il présente, lorsqu'on regarde une de ses faces latérales. Mais ces deux poissons appartiennent à deux familles différentes ; il est donc très-aisé de les distinguer l’un de l’autre : d’ailleurs le diodon mole, au lieu de parvenir aux dimensions très-étendues de la lune, n’a encore été vu que de la longueur de quelques pouces ; et l’on n’a encore comparé la grandeur de l'espèce de disque qu'offre le corps de ce cartilagineux, qu’à celle de la paume de la main.

Le sommet de la tête du mole est creusé en petit canal dont les deux bouts sont garnis d’une petite pointe ; le museau est saillant ; la grande dent qui compose la partie antérieure de chaque mâchoire est plutôt cartilagineuse qu’osseuse.. Le dos est armé de deux piquants et de trois tubercules ; on voit aussi deux aiguillons auprès de la gorge; et d’autres piquants sur les côtés du corps ou la carène formée par le dessous de l’animal. La partie postérieure du mole paraît comme tronquée. On compte quatorze rayons à chacune de ses nageoires pectorales. On le trouve dans les mers voisines des tropiques , ainsi que les autres espèces de diodons, qui habitent , au reste, non-seulement dans les eaux salées qui baignent l’ancien continent,

1 Voyez le Discours sur la nature des poissons.

3 Pallas, Spicil. zoolog. 8, p.39, tab. 4, fig. 7.—Koælreuter, Nov. Comm. petropol. 10, p. 440, tab. 6.

# Ce poisson, ainsi que le remarque M. Cuvier, n'est pas un

diodon, mais bien une petite espèce du genre Mole , Orika-

goriscus. D.

mais dans celles qui avoisinent les rivages du nouveau.

QUINZIÈME GENRE

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