k LE CYCLOPTÈRE MENU. | Trois tubercules sur le museau
s Le derrière de latête garni, de cha- PES séétréé | que côté, d’une épine.
Les nageoires pectoralestrès-larges, l'ouverture de la bouche tournée vers le haut.
! L'ouverture de la bouche presque 6 égale à è la largeur de la tête; les +: ss : dents fortes , coniques, et distri-
LE CYCLOPTÈRE DENTE.) buées en nombre très-inégal, des
deux côtés des deux mâchoires.
LE CYCLOPTÈRE GÉLA- TINEUX,
de { Le ventre très-gonflé par une dou-
LE CYCLOPTÈRE VENTRU. | ble et très-grande vessie urinaire. 8. | Les nageoires pectorales situées vers
le derrière de la tête ; une tache
LE CYGLOPTÈRE BIMA- |
GULE. noire sur chaque côté du corps.
LE CYCLOPTÈRE SPA- } Le museau en forme de spatule. TULE.
SECOND SOUS-GENRE
Les nageoires du dos, de la queue et de l'anus, réunies.
Es rayons à la membrane des LE cite LIPARIS. branchies,
T Un seul rayon à la membrane des
LE CYCLOPTÈRE RAYÉ. DANS des raies longitudi
LE CYCLOPTÈRE LOMPE !.
Cyclopterus Lumpus, Linn., Gmel., Lacep., Cuv.
Que ceux dont la douce sensibilité recherche
4 Lièvre de mer. — Lump, ou sea-owl, en Angleterre. — Cock-padd, en Écosse.—Haff-podde, en lrlande, —Snottolff, dans la Belgique.— Stenbeit, en Danemarck.— Sjurygg-fisk, en Suède.—Rongkiegse, en Norvége, — Mus. ad. fr, 4, p. 57.
avec tant d'intérêt, et trouve ayec tant de plaisir, les images d'affection touchantes que présentent quelques êtres heureux au milieu de l'immense ensemble des produits de la création, sur lesquels la nature a si inégalement répandu le souffle de la vie et le feu du sentiment, écoutent un instant ce que plusieurs naturalistes ont raconté du poisson dont nous écrivons l’histoire, Qu'ils sachent que parmi ces innombrables habitants des mers, qui ne cèdent qu’à un besoin du moment, qu’à un appétit grossier, qu’à une jouissance aussi peu partagée que fugitive, qui ne connaissent ni mère, ni compagne, ni petits, on a écrit qu’il se trouvait un animal favorisé, qui, par un penchant irrésistible, préférait une femelle à toutes les autres, s’attachait à elle, la suivait dans ses courses, l’aidait dans ses recherches, la secoureit dans ses dangers, en recevait des soins aussi empressés que ceux qu’il lui donnait, facilitait sa ponte par une sorte de jeux amoureux et de frottements ménagés; ne perdait pas sa tendresse avec la laite destinée à féconder les œufs, mais étendait le sentiment durable qui l’animait jusqu'aux petits êtres prêts à éclore; gardait avec celle qu'il avait choisie les fruits de leur union; les défendait avec un courage que la mère éprouvait aussi, et déployait même avec plus de suecès, comme plus grande et plus forte ; et, après les avoir préservés de la dent cruelle de leurs ennemis jusqu’au temps où , déjà un peu développés, ils pouvaient au moins se dérober à la mort par la fuite, attendait, toujours constant et toujours attentif, auprès de sa compagne, qu’un nouveau printemps leur redonnât de nouveaux plaisirs. Que ce tableau fasse goûter au moins un moment de bonheur aux âmes pures et tendres.
Mais pourquoi cette satisfaction, toujours si — Faun. suec. 320. — It. scan. 188. — Mull. prodrom. Zool. dan., p. 59, n, 25.— Bouclier lompe, Daubenton, Enc. méth. —Id. Bonnaterre, pl. del'Enc. méth.—Gronov., mus. 1,127; Zooph. ‘97. — Bloch, pl. 90. — Oncotion, Klein, miss. pisc. 4, p. 49, n.1, 2,5, tab. 14, fig. 3.— Willughby, Ichth., p. 208, tab. N, 41. — Rai, pise., p. 77. — Lump-fish, Pennant, Brit. Zoo!l. 5, p. 105, n.1.— Seel-nase, haff-padde, Walff, Ichth. borussens., p. 24. — Cyclopterus, Artedi, gen. 62, syn.87.— « Ostracion rotundo-oblongus, tuberculis utrinque, pinnâ « dorsi longissimä. » Artedi, gen. 59, syn. 86. — « Orbis bri- « tannici sive Oceani species. » Gesner, German., fol. 85. — Lumpus Anglorum, Gesner, paral., p.25, v.1284—Aldrov, lib. 5, cap. 68, p. 479.— Suetolt et Bufolt, Rondelet, part. 1, 1. 15, c. 2. — Jonston, lib. 1, tit. 4, cap, 5, a, 5, punct. 12, p. 42, tab. 45, fig. 4. — Charleton, p. 451. — Schelbam, Anat, xiphi., p. 20, — « Lepus marinus nostras, orbis species. » Schonev., p. 41. — Merret, Pin. 186. — Dale, Hist. of. Harv.,
p. 110. — Orbis ranaæ rictu, Clus. Exot., lib. 6, cap. 25. — Cyclopterus lumpus, Ascagne, cah. 4, pl. 54.
rare, doit-elle être pour eux aussi courte que le récit qui l’aura fait naître? Pourquoi l’austère vérité ordonne-t-elle à l'historien de ne pas laisser subsister une illusion heureuse ? Amour sans partage, tendresse toujours vive, fidélité conjugale, dévouement sans bornes aux objets de son affection, pourquoi la peinture attendrissante des doux effets que vous produisez, n’at-elle été placée au milieu des mers que par un cœur aimant et une imagination riante ? Pourquoi faut-il réduire ces habitudes durables que lon s’est plu à voir dans l’espèce entière du lompe, et qui seraient pour l’homme une lecon sans cesse renouvelée de vertus et de félicité, à quelques faits isolés, à quelques qualités individuelles et passagères, aux produits d’un instinct un peu plus étendu, combinés avec les résultats de circonstances locales, ou d’autres causes fortuites ?
Mais, après que la rigoureuse exactitude du naturaliste aura éloigné du lompe des attributs que lui avait accordés une erreur honorable pour ses auteurs, le nom de ce cartilagineux rappellera néanmoins encore une supposition toujours chère à ceux qui ne sont pas insensibles ; ilaura une sorte de charme secret qui naïîtra de ce souvenir, et n’attirera pas peu l'attention de l’esprit même le plus désabusé.
Voyons donc quelles sont les formes et les habitudes réelles du lompe.
Sa tête est courte, mais son front est large. On ne voit qu’un orifice à chaque narine, et ce trou est placé très-près de l'ouverture de sa bouche, qui est très-grande. La langue a beaucoup d'épaisseur et assez de mobilité, le gosier est garni, ainsi que les mâchoires, d’un grand nombre de dents aiguës.
Le long du corps et de la tête règnent ordinairement sept rangs de gros tubercules, disposés de manière que l’on en compte trois sur chaque côté, et qu’un septième occupe l’espèce de carène longitudinale formée par la partie la plus élevée du corps et de la queue. Ces tubercules varient non-seulement dans le nombre de rangées qu’ils composent, mais encore dans leur conformation ,,les uns étant aplatis, d’autres arrondis, d’autres terminés par un aiguillon, et ces différentes figures étant même quelquefois placées sur le même individu.
Les deux nageoires inférieures sont arrondies dans leur contour, et réunies de manière à représenter, lorsqu'elles sont bien déployées, une
sorte de bouclier, ou, pour mieux dire, de dis- : que; et c’est cette réunion, ainsi que cette
forme, qui, se retrouvant dans toutes les es-
pèces de la même famille, et constituant un des
principaux caractères distinctifs de ce genre,
ont fait adopter ce nom de Cycloptère, qui dé-
signe cette disposition de nageoires en cercle,
ou plutôt en disque plus ou moins régulier.
Le lompe a deux nageoires dorsales : maïs la plus antérieure n’est soutenue par aucunrayon; et étant principalement composée de membranes , de tissu cellulaire, et d’une sorte de graisse, elle a reçu le nom d’Adipeuse.
Ses cartilages sont verdâtres.
Son organe de l’ouie a paru plus parfait que celui d’un grand nombre d’autres poissons, et plus propre à faire éprouver des sensations délicates ; on a vu, dans le fond de ses yeux, des ramifications de nerfs plus distinctes; ses nageoires inférieures , réunies en disque, ont été considérées comme un siége particulier du toucher, et une sorte de main assez étendue; sa peau n’est revêtue que d'écailles peu sensibles ; et enfin nous venons de voir que sa langue présente une surface assez grande et assez molle, et qu’elle est assez mobile pour s’appliquer facilement et par plusieurs points à plusieurs corps savoureux.
Voilà donc bien des raisons pour que l’instinct du lompe soit plus élevé que celui de plusieurs autres cartilagineux, ainsi qu’on l’a observé; et cette petite supériorité des résultats de l’organisation du lompe a dû servir à propager l'erreur qui l’a supposé attaché à sa femelle par un sentiment aussi constant que tendre.
Il est très-rare qu’il parvienne à une longueur d’un mètre, ou d’environ trois pieds ; mais son corps est, à proportion de cette dimension , et très-large et très-haut.
Sa couleur varie avec son âge ; le plus souvent il est noirâtre sur le dos, blanchâtre sur les côtés, orangé sur le ventre : les rayons de presque toutes les nageoires sont d’un jaune qui tire sur le rouge ; celle de l’anus et la seconde du dos sont d’ailleurs grises avec des taches presque noires.
On rencontre ce poisson dans un grand nombre de mers ; c'est néanmoins dans l’Océan septentrional qu’on le voit le plus fréquemment. I y est très-fécond , et sa femelle y dépose ses œufs à peu près vers le temps où l’été y come
mence.
DES POISSONS
Il s’y tient souvent attaché au fond de la mer, et aux rochers, sous les saillies desquels il se place pour éviter plus facilement ses ennemis, pour trouver une plus grande quantité des vers marins qu’il recherche, ou pour surprendre avec plus d'avantage les petits poissons dont il se nourrit. C’est par le moyen de ses nageoires inférieures, réunies en forme de disque, qu’il se cramponne , pour ainsi dire, contre les rocs , les bancs et le fond des mers; et il s’y colle en quelque sorte d'autant plus fortement, que son corps est enduit, beaucoup plus que celui de plusieurs autres cartilagineux , d’une humeur visqueuse, assez abondante surtout auprès des lèvres, et que quelques auteurs ont en conséquence comparée à de la bave. Cette liqueur gluante étant répandue sur tous les cyclaptères, et tous ces animaux ayant d’ailleurs leurs nageoires inférieures conformées et rapprochées comme celles du lompe, ils présentent une habitude analogue à celle que nous remarquons dans le poisson que nous décrivons. |
On doit avoir observé plusieurs fois deux lompes placés ainsi très-près l’un de l’autre, et | longtemps immobiles sur les rochers eu le sable des mers. On les aura supposés mâle et femelle; on aura pris leur voisinage et leur repos pour l'effet d’une affection mutuelle ; et on ne se sera pas cru faiblement autorisé à leur accorder cette longue fidélité et ces attentions durables que l’on s’est plu à représenter sous des couleurs si gracieuses.
Au reste, le suc huileux qui s’épanche sur la surface du lompe pénètre aussi très-profondément dans l’intérieur de ce poisson; et voilà pourquoi sa chair, quoique mangeable, est muqueuse, molle et peu agréable,