DE LA SERPENTINE
bite de préférence au milieu des rivières et des marais, et ses habitudes doivent ressembler plus ou moins à celles de la bourbeuse, suivant le plus ou moins d'égalité de leurs forces.
On rencontre les tortues rondes, non-seulement dans les pays méridionaux de l’Europe, mais encore en Prusse ! : les paysans de ce royaume les prennent et les gardent dans des
vaisseaux qui contiennent la nourriture desti-
née à leurs cochons ; ils pensent que ces der-
niers animaux s’en portent mieux et en engraissent davantage; les tortues rondes vivent quelquefois plus de deux ans dans cette sorte d'habitation extraordinaire ?.
Il se pourrait que la ronde parvint à une grandeur un peu considérable, malgré la petite taille des deux individus que nous avons décrits, et qui n’ont pas plus de trois pouces neuf lignes de longueur totale, sur deux pouces cinq lignes de largeur, parce que ces deux petites tortues présentent tous les signes du premier âge et d’un développement très-peu avancé. Si cela était, nous serions tentés de la regarder comme une variété de la Terrapène, dont nous allons parler. Mais, jusqu’à ce que nous ayons recueilli un plus grand nombre d'observations , nous les séparerons l’une de l’autre.
Les petites tortues rondes, que nous avons examinées, nous ont présenté un fait intéressant : les avant-dernières pièces de leur plastron étaient séparées et laissaient passer la peau nue du ventre, qui formait une espèce de poche ou de gonflement plus considérable dans l’une que dans l’autre, et au milieu duquel on-distinguait, dans une surtout, l’origine du cordon ombilical. Nous invitons les naturalistes à remarquer si, dans les autres espèces, les trèsjeunes tortues présentent cette scissure du plastron, et cette marque d’un âge peu avancé.
#L'on a observé dans le crocodile et dans quelques lézards un fait analogue, que l’on retrouvera peut-être dans un très-grand nombre de quadrupèdes ovipares.
4 Ichthyologia, cum amphibiis regni Borussici methodo linnæana disposita a Johan. Christoph, Wuiff. 2 Wulff, ouvrage déja cité.
LA TERRAPÈNE :.
Testudo (Emys) centrata? Merr.; Testudo centrata, Latr., Daud.; Testudo concentrica, Shaw.
Nous conservons à cette tortue de marais ou d’eau douce le nom de Terrapène, qui lui a été donné par Browne. On la trouve aux Antilles, et particulièrement à la Jamaïque; elle y est très-commune dans les lacs et dans les marais où elle habite parmi les plantes aquatiques qui y croissent. Son corps, dit Browne, est, en général, ovale et comprimé; sa longueur excède quelquefois huit ou neuf pouces. Sa chair est regardée comme un mets aussi sain que délicat ?.
Il paraît que cette tortue est la même que celleque Dampier a eru devoir nommer Hécale.
Suivant ce voyageur, cette dernière aime en effet l’eau douce; elle cherche les étangs et les lacs, d’où elle va rarement à terre. Son poids est de douze ou quinze livres. Elle a les pattes courtes, les pieds plats, le cou long et menu. Sa chair est un fort bon aliment ?. Tous ces caractères semblent convenir à la terrapène.