I. Antennes ne dépassant pas le bord des joues
A. Jambes antérieures non élargies en lame.
a. Tête prolongée en avant des veux en saillie conique. |. DiCTYOPHANA.
b. Tête petite, non prolongée en avant, obtuse. Crus. B. Jambes antérieures dilatées en lame.. . . CALOSCELIS. II. Antennes dépassant le bord des joues.
A. Pro et mésothorax séparés par une ligne transversale un peu arquée, non saillante.
a. Jambes antérieures dilatées. . . . . . . . AsIRACA. b. Jambes antérieures non dilatées . . . . DELPHAx. B. Pro et mésothorax séparés par une ligne transversale arquée, saillante.
as Tête trésiobtuse. Des'ailes. | .Æ 0 : Tssvs. b. Tête tronquée. Pas d'ailes. . . . . . . . . HvySTEROPTERUM.
Le G. Dietyophana, modeste représentant d'um groupe qui renferme des Homoptères de grande taille et portant sur leur tête des renflements ou des prolongements si bizarres, est un insecte fort élégant ; sa tête est prolongée en saillie assez grande, obtuse, carénée ; les yeux sont gros, peu saillants ; les antennes petites, à 2° article presque sphérique, le dernier très fin ; le corselet présente trois lignes élevées, qui sont la base des ocelles de la tête ; les élytres sont transparentes, à fine réticulation, bien plus grandes que l'abdomen, qui est court, conique ; les pattes sont grêles, assez longues, surtout les postérieures, et épineuses. D. ’ewropæa, 8 mill., d’un vert très clair, appendice céphalique à peine plus long que la tête, en pointe obtuse, prismatique ; France centrale et méridionale, dans les endroits chauds. et sablonneux; peu commune. A été trouvé aux environs de Paris, à Montmorency.
Le G. Cixius à la tête très petite, étroite et assez courte, avec les yeux assez gros et la face tricarénée, ces carènes très marquées ; les antennes sont insérées au
dessous et assez loin des veux, le corselet est très court, le bord postérieur est échancré fortement en angle aigu, relevé sur les bords ; le mésothorax a trois ou cinq carènes assez bien marquées, presque parallèles, qui disparaissent chez quelques espèces ; les élytres sont ordinairement hyalines, très amples, s’élargissant rapidement dès leur base, presque tronquées à leur extrémité, à nervures saillantes, ponctuées de brun ou de noir; les cellules basilaires sont très longues et larges, les terminales sont allongées, régulières ; l'abdomen est large, déprimé, portant souvent à l'extrémité, chez les ©, un paquet de bourre cotonneuse, comme on en voit, en bien plus grande proportion, chez les Fulgorides exotiques. Ges insectes, abondants sur les terrains chauds et sablonneux, sautent avec beaucoup de force ; leurs élytres présentent des fascies brunâtres assez variées. €. nervosus, 9 mill., tête rousse, avec deux points sur le vertex et deux sillons frontaux, noirs ; corselet roux, mésothorax noir, élytres hyalines, ayant, avant le milieu, une petite bande transversale brunâtre, peu marquée; un point brun assez large, près de la côte externe, vers l'extrémité, et quelques petites taches noirâtres vers la base ; poitrine Jjaunâtre, tachée de brun ; abdomen noir, tacheté de brun sur les côtés; pattes roussàtres; toute la France. — C. pilosus, 5 à 6 mill., roux, thorax noir, avec la bordure antérieure et la carène médiane rousses ; élytres
ordinairement rousses, avec une teinte brunätre à l'ex-
trémité; nervures très ponctuées de brun, quelquefois beaucoup plus claires, avec de vagues fascies brunes; toute la France. — C’. obsoletus, 4 1/2 mill., noir, un fin liseré autour des yeux, bord antérieur du thorax et
jambes d’un jaune pâle, thorax sans carènes, élytres transparentes, un peu laiteuses, à fines nervures lisses ; commun partout. — €. quinquecostatus, 5 à 6 mill., d’un brun noirâtre, une étroite bordure autour du vertex et des yeux, bord antérieur du thorax, jambes et extrémité de l’abdomen, roux ; thorax à cinq carènes, élvytires transparentes, à nervures fines, roussâtres et finement ponctuées de brun à la base, brunâtres à l'extrémité; toute la France.
A côté des Cixius vient se placer un genre de forme très anormale, €aloseelis, fort remarquable par ses pattes antérieures longues, comprimées, formant une espèce de palette membraneuse, dentelée sur les bords ; le front est très court, les élytres sont petites, n'ayant que deux nervures longitudinales. C. heterodoxa, 2 1/2 mill.,
* d’un noir brillant, poitrine roussâtre, ainsi que les élytres dont le bord externe et une bande médiane sont bruns ; pattes roussâtres, avec la dilatation des tibias antérieurs noirâtre; France méridionale rare.,
Les Asiraea sont bien remarquables par leurs antennes longues et robustes, atteignant presque la moitié du corps et insérées dans une forte échancrure des veux;
le 1‘ article, beaucoup plus long que le suivant, est comprimé, caréné, le suivant est presque cylindrique, aplati en dessus et porte une soie terminale; la tête est petite,
» courte, carénée ; les élytres sont transparentes, très buks + lantes, grandes, à mervures grosses, saillantes, granuleuses; les pattes sont assez grandes, les antérieures aplaties, foliacées, les postérieures sont épineuses avec une longue épine à l'extrémité des tibias. Ces insectes
à sautent avec une grande force; on les trouve dans les «A à
6 ds
DES HÉMIPTÈRES DE FRANCE 115 champs un peu arides et sablonneux. A. clavicornis, 3 mill., d'un brun roussâtre; milieu de la poitrine, base des fémurs, extrémité des quatre tibias antérieurs, blanchâtres; élvtres pointillées de brun; une bande oblique transversale, près de l'extrémité, brune; dans les clairières, rare. — À. crassicornis, 2 1/2 mill., d’un gris roussätre, élytres ayant une bande sinueuse et angulée, noire, ainsi que le bord postérieur; sur les roseaux.
Les Delphax forment un genre très nombreux et dont les espèces sont difficiles à distinguer; leur tête est très étroite, carénée avec les angles latéraux saillants; les yeux sont gros, les antennes, assez grandes et épaisses, sont insérées dans une échancrure des veux ; le 1‘ article est court, le suivant très long, gros, terminé par une soie; le corselet est court, le mésothorax pointu et tricaréné comme le corselet; les élytres sont plus ou moins longues, dépassant parfois l'abdomen chez les «, ordinairement beaucoup plus courtes que l'abdomen dans les deux sexes, et ces insectes présentent les individus brachyptères comme formant la règle générale; ceux à élytres complètes sont extrêmement rares, sauf dans quelques espèces chez lesquelles au contraire on ne trouve guère que des macroptères; l’abdomen est ovalaire et présente, chez les ©, deux plaques en forme de carène sillonnée au milieu; dans les deux sexes, une pointe de chaque côté de l'extrémité de l'abdomen ; les pattes sont assez grêles, les jambes postérieures ont une épine au milieu et deux autres épines, dont une très longue, à l'extrémité. On trouve ces insectes dans toutes les localités, même les plus arides; mais ils sont plus nombreux dans les endroits frais et dans les pays tempérés et sep-
tentrionaux. Ÿ. fuscovittata, 5 mill., allongée, tête pointue, d’un fauve pâle, avec les côtés de la tête et des bandes sur le corselet, roux; élytres brillantes, un peu enfumées, dépassant de beaucoup l'abdomen, à nervures plus claires, et ayant en dedans une étroite bande brune longitudinale qui se perd avant la base; toute la France. — 1). limbata, 3 mill., oblongue, d’un fauve pâle, tête et base du corselet, rousses; ailes dépassant l'abdomen, transparentes, un peu blanchâtres, à nervures ponctuées de brun et ayant une petite bande enfumée, arquée, avant l'extrémité; dessous noir, pattes roussâtres; toute la France. — D. pteridis, 21/2 à 3 mill., oblongue, ovalaire, tantôt entièrement jaune, tantôt avec les élytres et Le dessus de l'abdomen, noirs; tête très obtuse, corselet non caréné, élytres très courtes, n'atteignant pas le milieu de l'abdomen, celui-ci gros, caréné au milieu; toujours brachyptère; commune sur les fougères. — /). hamata, 2 à 2 1/2 mill., même forme, d’un fauve pâle, tête rayée de noir, obtuse, abdomen noir, terminé par deux grosses dents saillantes; front ayant de fines carènes verticales, corselet faiblement caréné au milieu ainsi que l’abdomen, élytres à nervures saillantes, dépassant le milieu de l’abdomen ; toujours brachyptère ; toute la France, dans les prairies sèches.
Le G. Essus à la tête assez grosse, transversale, triangulée en avant, ayañt en travers une ligne un peu élevée et sur la face une carène longitudinale; les yeux sont gros, les antennes très courtes, à 3° article très petit et presque caché ; le corselet est presque en losange, large, court, rebordé en avant; le mésothorax est également large et court ; les élytres sont assez coriaces, très amples,
à ve RE EN CNE FPE » E A x
DES HÉMIPTÈRES DE FRANCE 147 un peu convexes, s'élargissant rapidement dès la base, arrondies anguleusement sur le bord latéral, puis un peu sinuées avec l'extrémité arrondie, à nervures très fortes, longitudinales, les intervalles réticulés; l'abdomen est gros.et court, les pattes sont assez fortes. 7. coleoptratus, 6 mill., d’un roussàtre ou d’un fauve un peu verdätre, peu brillant, milieu et côtés de la face, côtés du corselet, bruns, ponctués de roussâtre ; élytres à nervures finement piquetées de brun, ayant sur le disque un point brunâtre peu marqué, quelquefois une tache pâle avant le milieu, sur le bord externe; toute la France, dans les endroits secs ou sablonneux.
Les Hysteropterum diffèrent des /ssus par le corps plus court, plus trapu, la tête plus nettement tronquée, les élytres moins rétrécies en arrière, les ailes nulles ou rudimentaires, le front plus perpendiculaire. Æ. grylloide, 5 mill., d’un jaunâtre pâle, comme parcheminé; vertex séparé du front par une arête presque droite, tranchante ; bord antérieur du corselet anguleusement arrondi, élytres
sans taches, à nervures régulières: France méridionale. — 1. inmaculatum, à null, d'un fauve très pâle, sans taches ; diffère du précédent par la taille plus petite, la teinte moins jaune, le front plus convexe, ayant de chaque côté une carène arquée ; diffère du suivant par la taille plus grande, la coloration fauve et le bord antérieur du corselet angulé ; les nervures transversales sont très marquées ; France méridionale, Pyrénées-Orientales. — Æ, reticulatum, 3 1/2 mill., d’un grisätre un peu fauve, presque mat, très finement ponctué de brun, de très petites taches brunes le long du bord apical des élytres, se perdant vers le milieu du bord externe, bord antérieur du
corselet arrondi, nervures des élytres moins régulières,
reliées par des nervures transversales aussi saillantes,
irrégulières; France méridionale, Hautes-Alpes, assez commun.
FAMILLE DES TETTIGOMETRIDES
Cette famille ne contient qu'un genre qui se rattache à la précédente par l'insertion des ocelles et des antennes sous les veux; mais il s’en éloigne par la forme aplatie du front qui n'est pas séparé des joues par un rebord tranchant.
G. Tettigometra. — Corps oblong, ovalaire, assez déprimé ; tête un peu triangulaire, à bord tranchant; yeux ovalaires assez grands, ocelles placés entre les yeux et les antennes, élytres assez coriaces, couvertes à la base par une écaille humérale, se terminant en pointe arrondie; abdomen aplati, pattes courtes et fortes, assez aplaties. T’, virescens, 4 mill., d’un vert jaunâtre, passant parfois entièrement ou partiellement au rougeàtre, abdomen ordinairement jaune. — 7. impressopunctata, 4 mill., d'un brun un peu roussâtre; ponctuée, élytres très densément ponctuées, presques mates ; toute la France. — T. sulphurea, 6 mill., d'umjaune soufre ou citron, abdomen brun, ponctuation nement fine, serrée; tête
très plane en dessus, très angulée en avant; France méridionale.
FAMILLE DES MEMBRACIDES
Cette famille, créée pour le genre Membracis, ne renferme que de nombreuses espèces exotiques; elle est remarquable par le développement du corselet qui, tantôt atteint l'extrémité de l'abdomen, tantôt ne dépasse pas le milieu. Ce seul caractère suffit pour distinguer nettement ce groupe de tous les autres. La tête est grande, triangulaire, perpendiculaire; les yeux sont gros, les élvtres sont transparentes et présentent généralement emq cellules ; les pattes sont robustes.
Le G. Centrotus, qui compose seul cette famille en Europe, a la tête large, triangulaire, aplatie et presque foliacée de chaque côté; les yeux sont gros, ovalaires; le corselet est armé de chaque côté d'une dent et se prolonge en arrière en une pointe très aiguë postérieurement, laissant voir l’écusson en dessous ; les élytres sont plus ou moins transparentes, à cinq cellules terminales, allongées ; les pattes sont assez courtes, garnies de soles; les tarses sont allongés. €. cornutus, 8 mill., brun, à poils d’un roux doré, couchés, peu serrés; élytres rous-
sàtres ; angles latéraux du |" larges ; au-dessus une
corne comprimée, aplatie à ‘la base; corne postérieure ondulée, comprimée à l'extrémité, presque aussi longue que l’abdomen, distante du dernier; assez commun, dans les bois, surtout sur les chênes. — C. genistæ, 4 mill., brun, assez velu, très ponctué ; élytres roussâtres, corselet très convexe, à angles latéraux à peine saillants, se prolongeant postérieurement en une épine large à la base, aiguë à l'extrémité, couvrant presque l’écusson et touchant presque l'abdomen; dans les bois, médiocrement commun; toute la France.
FAMILLE DES ULOPIDES
… Cette famille n’est représentée que par le genre Ulopa, bien reconnaissable à son corps convexe, à élytres coriacées, avec de fortes nervures; a sa tête assez grande, arquée et un peu tranchante en avant, avec deux grandes fossettes; les veux débordant le corselet, les ocelles peu visibles, situés sur le milieu calleux du vertex; le front gonflé, presque carré; les jambes postérieures ont en dessus quelques petites épines peu distinctes, le 1° article des tarses postérieurs est plus long que le dernier. {/. reticulata, 3 mill., oblongue, un peu courte, très convexe, un peu comprimée, surtout en arrière, d'un roux um peu brunâtre, marqué de gris ; : partie postérieure des élytres
DES HÉMIPTÈRES DE FRANCE qe
grisätre, nervures rousses, tête marquée de deux grandes fossettes, yeux gros, saillants; corselet ayant deux fossettes plus petites, élytres assez fortement et densément ponctuées; commun sur les bruyères. — U. frivia, 3 mill., plus comprimée en arrière, d'un jaunâtre très clair, deux grandes taches sur la tête et sur le corselet d'un brun foncé, ainsi que trois bandes sur chaque élytre, l'interne se prolongeant sur l’écusson ; ponctuation bien plus fine, plus serrée; © d’un jaunàtre clair, sans taches ni bandes, les nervures seules un peu plus brunes, la tête plus arrondie ; dans les endroits sablonneux, au pied de diverses plantes ; toute la France. |
FAMILLE DES LEDRIDES
Le G. Ledra, qui représente seul ce groupe, est bien remarquable par les deux oreillettes arrondies du corselet et par la tête, aussi large que le corselet, aplatie et tranchante en avant; les yeux sont petits, peu saillants, les antennes sont insérées sous le rebord de la tête; les deux premiers articles sont globuleux ; les élytres sont grandes, dépassant de beaucoup l’abdomen, presque parallèles, arrondies à l'extrémité, assez coriaces, à nervures saillantes et réticulées; l'abdomen est court, aplati sur les côtés ; les pattes sont de moyenne longueur, les postérieures plus longues que les autrès; les tibias dilatés en
dehors, épineux et frangés. L. aurita, 12 à 16 mill., d'un gris verdâtre piqueté de brun, une tache vague plus pâle, à la base des élytres, leur extrémité également plus pâle; dessous du corps jaunâtre, bord antérieur de la tête tranchante, en angle obtus au milieu; rare, sur les chênes. Toute la France, saute avec une grande force.
FAMILLE DES TETTIGONIDES
Cette famille renferme les Homoptères dont les jambes postérieures plus ou moins comprimées, parfois même élargies à l'extrémité, ont quatre arêtes plus ou moins épmeuses; le 1er article des tarses postérieurs est aussi long, rarement plus long, que les deux suivants réunis. Les ocelles varient beaucoup de position et disparaissent dans certains genres. La tête aussi présente des formes très variées, le plus souvent triangulaire, parfois arrondie, ne formant qu'un étroit bandeau devant le corselet, tantôt élargie en lame membraneuse et tranchante. Beaucoup les insectes de cette famille sont de très petite taille et puelques-uns apparaissent parfois en grande quantité, surtout à la fin de l'automne. C’est dans les prés, dans les terrains humides et sur les buissons un peu bas qu'on en rencontre le plus grand nombre.