LE GOBIOÎDE QUEUE NOIRE
La queue noire.
LE GOBIOÏDE ANGUILLIFORME !.
Gobius anguillaris, Linn., Gmel.; Gobioides anguilliformis, Lacep. 2.
C’est dans les contrées orientales, et notamment dans l'archipel de l'Inde, à la Chine, ou dans les îles du grand Océan équatorial, que l’on trouve le plus grand nombre de gobies. Les mêmes parties du globe sont aussi celles dans lesquelles on a observé le plus grand nombre de gobioïdes. L'anguilliforme a été vu particulièrement dans les eaux de la Chine.
Comme tous les autres gobioïdes, il ressemble beaucoup aux poissons auxquels nous donnons exclusivement le nom de Gobie ; et voilà pourquoi nous avons cru devoir distinguer par la dénomination de Gobioide, qui signifie en
forme de gobie , le genre dont il fait partie, et qui a été confondu pendant longtemps dans celui des gobies proprement dits. Il diffère néanmoins de ces derniers, de même que tous
“ Goujon anguillard, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonpaterre, pl. de l'Enc. méth.
? Ce poisson n'est pas cité par M. Cuvier. D.
DES POISSONS
les osseux de son geure, en ce qu’il n’a qu’une seule nageoire dorsale, pendant que les gobies en présentent deux. Il a d’ailleurs, ainsi que son nom l'indique, de grands rapports avec la murène anguille, par la longueur de la nageoïre du dos et de celle de l'anus, qui s'étendent presque jusqu à celle de la queue; par la petitesse des nageoires pectorales, qui, de plus, sont arrondies, et surtout par la viscosité de sa peau, qui, étant imprégnée d’une matière huileuse très-abondante , est à demi transparente.
La mâchoire inférieure de l’anguilliforme est garnie de petites dents, comme la supérieure; et toutes ses nageoires sont d’une couleur rouge gssez vive !.
LE GOBIOÏDE SMYRNÉEN 2.
Gobioides smyrnensis, Lacep *.
Ce poisson a la tête grosse et parsemée de pores très-sensibies; dès lors sa peau doit être arrosée d’une humeur visqueuse assez abondante.
Une lame osseuse, placée le long de chaque mâchoire, tient lieu de véritables dents : on n’a du moins observé aucune dent proprement dite dans la bouche de ce gobioïde.
Les nageoires pectorales sont très-larges, et les portions de celle du dos sont d'autant plus élevées qu’elles sont plus voisines de celle de la queue *.
LE GOBIOÏDE BROUSSONNET.
Gobioïdes Broussonnetii, Lacep., Cuv. ; Gobius oblongatus, Schn. 5.
Nous dédions cette espèce de gobioïde à notre savant confrère M. Broussonnet; et nous cherchons ainsi à lui exprimer notre reconnaissance pour les services qu’il a rendus à l’histoire naturelle, et pour ceux qu’il rend chaque jour à cette belle science dans l’Afrique septentrionale, et particulièrement dans les états de
4 A la nageoïre dorsale 52 rayons , à chacune des pectorales 12, aux thoracines 10, à celle de l'anus 45, à celle de la queue 42.
3 Nov. Comment, Petropolit. 9, tab. 9, fig. 5. — Goujon smyrnéen, Bonnaterre. pl. de l'Enc. méth.
“Non cité par M. Cuvier. D,
4 A la membrane des branchies 7 rayons, à la nageoire du dos 43, à chacune des pectorales 55, à celle de l'anus 29, à
5 Type du sous-genre Gobioïde admis par M. Cuvier dans le genre Gobous. D,
Maroc, qu'il parcourt avec un zèle bien digne d’éloges.
Ce gobioïde qui n’est pas encore connu des naturalistes, a les mâchoires garnies de trèspetites dents. Ses nageoires thoracines sont assez longues, et réunies de manière à former une sorte d’entonnoir profond ; les pectorales sont petites et arrondies; la dorsale et celle de l'anus s'étendent jusqu’à celle de la queue, qui a la forme d’un fer de lance : elles sont assez hautes, et cependant l’extrémité des rayons qui les composent, dépasse la membrane qu’ils soutiennent !.
Le corps est extrêmement allongé, trèsbas, très-comprimé; et la peau qui le recouvre est assez transparente pour laisser distinguer le nombre et la position des principaux muscles. é
Un individu de cette belle espèce faisait partie de la collection que la Hollande a donnée à la nation française ; et c'est ce même individu dont nous avons cru devoir faire graver la figure.