‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 116 sur 535 · LE GOBIOMORE DOR- MEUR · texte numérisé non relu

LE GOBIOMORE DOR- MEUR

geoire du dos; douze aux thoracines.

LE GOBIOMORE KOEL-

Treize rayons à la seconde na- BEUTER.

LE GOBIOMORE GRONOVIEN #.

Gobiomorus Gronovii, Lacep. ; Nomeus Mauritii, Cur. ?.

Les gobiomores ont été confondus jusqu’à présent avec les gobies, et par conséquent avec les gobioïdes. Je les en ai séparés pour répandre plus de clarté dans la répartition des espèces thoracines, pour me conformer davantage aux véritables principes que l’on doit suivre dans toute distribution méthodique des animaux, et afin de rapprocher davantage l’ordre dans lequel nous présentons les poissons que nous avons examinés, de celui que la nature leur a imposé.

Les gobiomores sont en effet séparés des gobies et des gobioides par la position de leurs nageoires inférieures ou thoracines, qui ne sont pas réunies, mais très-distinctes et plus ou moins éloignées l’une de l’autre. Ils s’écartent d’ailleurs des gobioides par le nombre de leurs nageoires dorsales : ils en présentent deux; et les gobioïdes n'en ont qu’une.

Ils sont cependant très-voisins des gobies, avec lesquels ils ont de grandes ressemblances ; et c’est cette sorte d’aflinité ou de parenté que j'ai désignée par le nom générique de Gobiomore, voisin ou allié des gobies, que je leur ai donné.

J'ai cru devoir établir deux sous-genres dans le genre des gobiomores, d’après les mêmes raisons et les mêmes caractères que dans le genre des gobies. J’ai placé dans le premier de

4 Gronov.Zooph., p. 82, n.278.—Cesteus argenteus, etc., Klein, Miss. pise. 5, p.24, n. 5. — Mugil americanus, Raï, Pise., p. 85, u. 9. — Harder, Marcgrav. Brasil., lib. 4, cap. 6, p.155.

3 M. Cuvier forme avec ce poisson le genre qu'il nomme Pasteur, Nomeus , et qu'il place dans la famille des Scombres. D.

ces deux sous-genres les gobiomores dont les nageoires pectorales tiennent immédiatement au corps proprement dit de l'animal, et j'ai inscrit dans le second ceux dont les nageoires pectorales sont attachées à des prolongations charnues.

Dans le premier sous-cenre se présente d’abord le gobiomore gronovien ‘.

Ce poisson, dont on doit la connaissance à Gronou, habite au milieu de la zone torride, dans les mers qui baignent le nouveau continent. Il a quelques rapports avec un scombre. Ses écailles sont très-petites; mais, excepté celles du dos, qui sont noires, elles présentent une couleur d'argent assez éclatante. Des taches noires sont répandues sur les côtés de l’animal. La tête, au lieu d’être garnie d’écailles seme blables à celles du dos, est recouverte de grandes lames écailleuses. Les yeux sont grands et moins rapprochés que sur la plupart des gobies ou des gobioïdes. L'ouverture de la bouche est petite. Des dents égales garnissent le palais et les deux mâchoires. La langue est lisse, menue et arrondie. La ligne latérale suit la courbure du dos. L’anus est situé vers le milieu de la longueur totale du poisson. Les nageoires thoracines sont très-grandes, et celle de la queue est fourchue.

LE GOBIOMORE TAIBOA :.

Gobiomorus Taiboa. Lacep., Eleotris strigatus, Cuv.".

C’est auprès du rivage hospitalier de la plus célèbre des îles fortunées, qui élèvent leurs collines ombragées et fertiles au milieu des flots agités de l’immense Océan équatorial, c’est auprès des bords enchanteurs de la belle île d’Otabiti, que l’on a découvert le taiboa, l'un des poissons les plus sveltes dans leurs proportions, les plus agiles dans leurs mouvements, les plus agréables par la douceur de leurs teintes, les plus richement parés par la variété de leurs nuances, parmi tous ceux qui composent la famille des gobiomores, et les genres qui l’avoisinent.

4 A la membrane des branchies 5 rayons, à la première nageoire du dos 40, à la seconde 50, à chacune des nageoires pectorales 24, aux thoracines 10.

3 Broussonnet , Ichth. dec. 4, n. 4, tab. 1. — Goujon tai boa, Bonnaterre , pl. de l'Enc. méth.

: Du sous-genre Éléotris dans le genre Gobcus de M. Cu-

| vier. D.

DES POISSONS

Nous en devons la première description à M. Broussonnet, qui en a vu des individus dans la collection du célèbre président de la société de Londres.

Le corps du taiboa est comprimé et très-allongé; les écailles qui le recouvrent sont presque carrées et un peu crénelées. La tête est comprimée, et cependant plus large que le eorps. La mâchoire inférieure n’est pas tout à fait aussi avancée que la supérieure ; les dents qui garnissent l’une et l’autre sont inégales. La langue est lisse, ainsi que le palais ; le gosier hérissé de dents aiguës, menues et recourbées en arrière ; la première nageoire du dos, composée de rayons très-longs ainsi que très-élevés; et la nageoire de la queue, large et arrondie ‘.

Jetons les yeux maintenant sur les couleurs vives ou gracieuses que présente le taiboa.

Son dos est d’un vert tirant sur le bleu, et sa partie inférieure blanchâtre ; sa tête montre une belle couleur jaune, plus ou moins mêlée de vert; et ces nuances sont relevées par des raies et des points que l’on voit sur la tête, par d’autres raies d’un brun plus ou moins foncé, qui règnent auprès des nageoires pectorales, et par des taches rougeâtres situées de chaque côté du corps ou de la queue.

De plus, les nageoires du dos, de l’anus et de la queue offrent un vert mêlé de quelques teintes de rouge ou de jaune, et qui fait tresbien ressortir des raies rouges droites ou courbées qui les parcourent, ainsi que plusieurs rayons qui les soutiennent et dont la couleur est également d’un rouge vif et agréable.

LE GOBIOMORE DORMEUR ?.

Gobiomorus dormitor, Lac.; Platycephalus dormitator, Bloch, Schn.; Eleotris dormitatrix, Cuv.s.

Les naturalistes n’ont encore publié aucune description de ce gobiomore, qui vit dans les eaux douces et particulièrement dans les marais de l'Amérique méridionale : nous en devons la connaissance à Plumier; et nous en avons trouvé une figure dans les dessins de ce

* À la membrane des branchies 6 rayons, à la prenmmere nageoire dorsale 6, à la seconde nageoire du dos 20 à cha cune des pectorales 20, aux thoracines 12 a celle de l'anus 19 à celle de la quene 22.

3 Cephatus vaiustris, Asellus palustris, dessins etimanuserits de Plumuier, déposés à la Bibliothèque du roi.

3 Du sous-genre Éléotris, dans le genre Gobous, Cuv. D.

IT

savant voyageur. La mâchoire inférieure de ce poisson est plus avancée que la supérieure ; la nageoire de la queue est très-arrondie : le nombre des rayons de ses nageoires empêche d’aïtleurs de le confondre avec les autres gobiomores. On l’a nommé /e Dormeur, sans doute à cause du peu de vivacité ou du peu de fréquence de ses mouvements.

LE GOBIOMORE KOELREUTER #.

Gobiomorus Koelreuteri, Lacep.; Gobius Koelreuteri, Pallas; Periophthalmus Koclreuteri, Schn., Cuv. 2.

Le nom de cette espèce est un témoignage de gratitude envers un savant très-distingué, le naturaliste Koelreuter, qui vit maintenant dans ce pays de Bade, auquel les vertus touchantes de ceux qui le gouvernent, et leur zèle trèséclairé pour le progrès des connaissances, ainsi que pour l'accroissement du bonheur de leurs semblables, ont donné un éclat bien doux aux yeux des amis de l'humanité.

Ce gobiomore, dont les téguments sont mous et recouvrent une graisse assez épaisse, est d’un gris blanchâtre. Ses yeux sont très-rapprochés, et placés sur le sommet de la tête; ce qui lui donne un grand rapport avec le gobie schlosser, auquel il ressemble encore par la position da ses nageoires pectorales, qui sont attachées au bout d'une prolongation charnue très-large auprès du corps proprement dit, et c’est à cause de ce dernier trait que nous l’avons inscrit dans un sous-genre particulier, de même que le gobie schlosser.

Les lèvres sont doubles et charnues; les dents inégales et coniques : la mâchoire supérieure en présente de chaque côté une beaucoup plus grande que les autres. La ligne latérale parait comme comprimée; l’anus est situé vers le milieu de la longueur totale du poisson ; et la nageoire de la queue est un peu lancéolée.

La première nageoire dorsale est brune et bordée de noir : on distingue une raie longitudinale et noirâtre sur la seconde, qui est jauuâtre et fort transparente *.

1 Kælreuter, Nov. Comm. Petropolit. 8, p. 491. — Goujon kælreuter, Wonuaterre, pl. de l’Enc. méth.

2 Du sous-genre Périophthalme dass le genre Gobous, selon M. Guvier. D

3 À la meubrane des branchies 2 rayons, À la première nageoire dursale 12, à la seconde 13, à chacune des pec-

On voit au delà et tres-pres de l’anus du gobiomore koelreuter, ainsi que sur plusieurs gobies, et même sur des poissons de genres trèsdifférents, un petit appendice conique, que l’on a nommé pédoncule génital, qui sert en effet à la reproduction de l'animal, et sur l’usage duquel nous présenterons quelques détails dans la suite de cette histoire, avec plus d’avanage que dans l'article particulier que nous écrivons.

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