‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 132 sur 535 · LE SCOMBRE DORÉ · texte numérisé non relu

LE SCOMBRE DORÉ

Scomber aureus, Lacep. s.

Le nom de ce poisson annonce la riche parure que la nature lui a accordée, et la couleur éclatante dont il est revêtu. Il est en effet resplendissant d’or sur une très-grande partie de sa surface , et particulièrement sur son dos. Peutêtre n'est-il qu'une variété du maquereau. Le professeur Gmelin a témoigné de l'incertitude au sujet de l’espèce de ce scombre , aussi bien qu’à l'égard de celle du japonais. Le doré s’éloigne cependant du maquereau beaucoup plus que ce japonais , non-seulement par ses nuances, mais encore par quelques détails de sa conformation , et notamment par le nombre des rayons de ses nageoires.

Quoi qu’il en soit, on trouve le doré dans les mers voisines du Japon, ainsi qu’on y voit le scombre précédent; et il a été également découvert par Houttuyn.

4 « Scomber cærulescens, pinnulis quinque spuriis. » Hout« tuyn, Act. Haarl. 20, 2, p. 551, n.18.— Scombre du Japon, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

2 M. Cuvier ne cite pas cette espèce. D.

5 A chacune des deux nageoires dorsales 8 rayons, à chacune des pectorales 18, à chacune des {horacines 6, à celle de l'anus 11, à celle de la queue 20.

4 Houttuyn, ACt. Haarl. 20, 2, p. 551, n. 19. — Scom-

bre doré, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

5 Cette espèce n'est point mentionnée par M. Cuvier. D.

DES POISSONS. 155

l n’a au-dessus et au-dessous de la queue que cinq petites nageoires comme le japonais et le maquereau ; eton ne compte que six rayons à sa nageoire de l’anus ‘.

Nous avons trouvé dans un des manuscrits de Plumier, déposés à la Bibliothèque royale, la figure d'un scombre nommé, par ce naturaliste, très-petit scombre d'Amérique (Scomber minimus americanus ), et quitient, à beaucoup d’égards , le milieu entre le doré et le maquereau. Des raies ondulent en divers sens sur le dos de ce poisson. Il n’a que cinq petites nageoires au-dessus et au-dessous de la queue, onze rayons à la première dorsale , neuf à la seconde, et cinq à la nageoire de l’anus.

LE SCOMBRE ALBACORE ?.

Scomber Albacorus, Lacep. ‘.

Le nom d’A/bacore ou d’Albicore a eté donné, ainsi que ceux de Germon, de Thazard, et de Bonite ou Pélamide, à plusieurs espèces de scombres; ce qui n’a pas jeté peu de confusion dans l’histoire de ces animaux. Nous l’appliquons exclusivement, pour éviter toute équivoque, à un poisson de la famille dont nous traitons, et dont Sloane a fait mention dans son Histoire de la Jamaïque.

Ce scombre, qui habite dans le bassin des Antilles, est couvert de petites écailles. L’individu décrit par Sloane avait seize décimètres de longueur, et un mètre de circonférence à l’endroit le plus gros du corps. Ses mâchoires, longues de deux décimètres, ou environ, étaient garnies chacune d’une rangée de dents courtes et aiguës. On pouvait voir, au-dessus des opercules, deux arêtes cachées en partie sous une peau luisante. On comptait, au-dessus et audessous de la queue, plusieurs petites nageoires

éparées l’une de l’autre par un intervalle de inq centimètres ou à peu près. La nageoire de l'anus se terminait en pointe, et avait trentedeux centimètres de long et huit centimètres de haut. Celle de la queue était en croissant. Les deux saillies latérales et longitudinales de la queue avaient plus de deux centimètres d’élé-

1 A la première nageoire dorsale 9 rayons, à chacune des pectorales 148, à chacune des thoracines 6, à celle de l'anus 6.

3 Sioane, Hist. of Jamaïc., vol. 2, p.41. — Scombre albacore, Scomber albacares, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

# M. Cuvier place avec doute ce poisson dans le sousgenre Auxide qu'il a établi dans le genre Scombhræ D.

vation. Plusieurs parties de la surface de l’ank mal étaient blanches, les autres d’une couleuf foncée.

Page 1