LE NASON LOUPE
LE NASON LICORNET :?.
Chætodon fronticornis, Linn., Gmel.; Nasoa fronticornis, Lacep.; Naseus fronticornis, Cuv.
Sans les observations de l’infatigable Commerson, nous ne Connaitrions pas tous les traits de l’espèce du licornet, et nous ignorerions l'existence du poisson loupe, que nous avons cru, avec cet habile voyageur, devoir renfermer, ainsi que le licornet, dans un genre particulier, distingué par le nom de Nason.
La première de ces deux espèces frappe aisément les regards par la singularité de la forme de sa tête; elle attire l'attention de ceux même qui s'occupent le moins des sciences naturelles. Aussi avait-elle été très-remarquée par les matelots de l’expédition dont Commerson faisait partie : ils l'avaient examinée assez
* Ce genre est admis par M. Cuvier, et placé par lui dans a famille de Theutyes, de l'ordre des Acanthoptérygiens, avec les Sidjans, les Acanthures, les Prionures, les Axinures, etles Priodons,. D,
3 Naseus fronticornis fuseus, Licornet des matelots, commerson , manuscrits déjà cités. — Forskael, Faun. Arabic., p.65, n. 88. — Chétodon unicorne. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.
souvent pour lui donner un nom; et comme ils avaient facilement saisi un rapport très-marqué que présente son museau avec le front des animaux fabuleux auxquels l'amour du merveilleux a depuis longtemps attaché la dénomi nation de Licorne, ils l'avaient appelée la Petite Licorne, ou le Licornel, appellation
que j'ai cru devoir conserver.
En effet, de l’entre-deux des yeux de ce poisson part une protubérance presque cylindrique , renflée à son extrémité, dirigée horizontalement vers le bout du museau, et attachée à la tête proprement dite par une base assez large.
C’est sur cette même base que l’on voit de chaque côté deux orifices de narines, dont l’antérieur est le plus grand.
Les yeux sont assez gros.
Le museau proprement dit est un peu pointu; l'ouverture de la bouche étroite ; la lèvre supérieure faiblement extensible; la mâchoire d’en haut un peu plus courte que celle d’en bas, et garnie, comme cette dernière, de dents trèspetites, aiguës, et peu serrées les unes contre les autres.
Des lames osseuses composent les opercules ; au-dessous desquels des arcs dentelés dans leur partie concave soutiennent de chaque côté les quatre branchies #,
Le corps et la queue sont très-comprimés, carénés en haut, ainsi qu’en bas, etrecouverts d’une peau rude, que l’on peut comparer à celle de plusieurs cartilagineux, et notamment de la plupart des squales.
La couleur que présente la surface presque entière de l'animal est d’un gris brun; mais la nageoire du dos, ainsi que celle de l'anus, sontagréablement variées par des raies courbes, jaunes ou dorées.
Cette même nageoire dorsale s'étend depuis la nuque jusqu'à une assez petite distance de la nageoire caudale.
La ligne latérale est voisine du dos, dont elle suit la courbure; l’anus est situé très-près de la base des thoracines, ct par conséquent plus éloigné de la nageoire caudale que de la gorge.
* 3 rayons à la membrane des bronchies, 6 aiguillons et 30 rayons articulés à la nagsoire du dos, 47 rayons à chaque nageoire pectorale, 1 aignillon et 3 rayons articulés à chacune des thoracines, 2 aiguillons et 30 rayons articulés à la na-
| geoire de l'anus, 20 rayons à la nageoire de la queue.