NOCHE
2 AL Dix aiguillons au-devant de la na- LE GASTEROSTÉE EPI- geoire du dos.
NOCHETTE:+
3 . Quinze aiguillons au devant de la LE GASTEROSTEE SPI- nageoire du dos,
NACHIE.
DES POISSONS
LE GASTEROSTÉE ÉPINOCHE!,
Gasterosteus aculeatus, Linn., Gmel., Bl.; Gasterosteus teraculeatus, Lac.; Gasterosteus leiurns et G. trachurus, Cuv. ?.
LE GASTÉROSTÉE ÉPINOCHETTE ÿ, Gasterosteus Pungitius, Linn., Gmel., Lacep., Cuv. +. ET LE GASTEROSTÉE SPINACHIE 5,
Gasterosteus Spinachia, Linn., Gmel., Cuv. #.
C’est dans les eaux douces de l'Europe que vit l’épinoche. Ce gastérostée est un des plus
1 Skiltspigg, Sktttbar œen srorre, en Suède. — Steckie back, Banslickle, Sharpling, en Angleterre. — Épinarde, dans quelques dép. mérid. — Gastré trois-épines. Daubenton, Enc. méth.—/d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.—Bloch, pl. 55, fig. 5. — Faun. Suecic. 356. — « Gasterosteus in dorso «tribus. » Artedi, gen. 82, spec. 26, syn. 80. — Müller, Prodrom. Zool. Dauic., p. 47, n.3. — Gronov. Mus. 1, p. 49, n. 111; Zooph., p.154, n. 405. — « Centriscus duobus in dorso « armato aculeis, totidem in ventre. » Klein, Miss. pisc. 4, p.48, n.2, tab. 14, tig, 4et 5. — Spinarella. Bélon, Aquat., p.327. — Brit. Zool. 5, p. 217, n. 4. — Willughby, Ichth., 341. — Rai, Pisc., 143, — Épinoche. Rondelet, des Poissons de rivière, c. 27. — Stichling et Stachelfisch. Walff, Ichth. — Épinoche. Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.
3 M, Cuvier a fait connaître qu'en France il existe, dans les eaux douces, deux espèces d'Épinoches qu'on a confondues sous le nom commun de Gaslerosleus aculeatus ou à trois aiguillons. L'une de ces espèces (Gast.trachurus, Cuv.), a les côtés du corps, dans toute leur longueur, revêlus de bandes écailleuses : l’autre (Gast. leiurus, Cuv.) n'en a que dans la région pectorale, D,
5 Skilispigg den mindre, en Suède. — The lesser stickleback, The Lesser sharpling, en Angleterre. — Gastré épinoche. Daubenton, Enc. méth.— Bloch, pl. 55, fig. 4,—Faun. Suecic., 557. — « Gasterosteus aculeis in dorso tribus. » Artedi, gen. 52, spec. 97, syn. 80. — Gronov. Mus. 4, p. 50, n. 112; Zooph., p. 154, n. 406. — « Centriscus spinis decem « vel undecim, etc. » Klein, Miss. pisC. 4, p. 48, n. 4, — Spinarella pusillus. Bélon, Aquat., p. 227.— Gesner, Aquat., p.8; Icon. anim., p. 428; Thierb., p. 160, a. — « Pungitius, « alterum genus. » Aldrov. Pisc., p.628.— Raï, Pisc.. p. 145, n.4.— Lesser stickleback. Willughby, Ichth., p. 542. — The spined stickleback. Brit. Zool. 5, p. 219, n. 2.
4 M. Cuyier nomme ce petit poisson Epinochette, ou petite Épinochette d'Europe à neuf épines. D.
5 Steinbicker, dans plus. contrées de l'Allemagne. — Erskraper, dans plus. pays du Nord. — Gastré quinze-épines. Daubenton, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Faun. Suecic., 538. — Gronov. Mus. 4, p. 50, n. 115; Zooph., p.154, n. 407.— Bloch, pl. 55, fig. 1.— Gastérosteus pentagonus. Mus. Ad. Frid., p.54, — « Centriscus aculeis « quindecim in dorso. » Klein, Miss. pisC. 4, p. 48, n. {,— a Aculeatus vel pungitius marinus longus. » Willughby, Ichth., p. 540, tab. X, 15, fig. 2; Append., p. 25. — Rai, Pisc., p.145, n.15.— Fifleen spined stickleback. Brit, Zool. 5, p. 220, n. 3,
* M. Cuvier désigne cette espèce par les noms de Gastré ou Épinoche de mer, à museau allongé. D,
petits poissons que l’on connaisse; à peine parvient-il à la longueur d’un décimètre : aussi a-t-on voulu qu'il occupât dans l'échelle de la durée une place aussi éloignée des poissons les plus favorisés, que sur celle des grandeurs, On a écrit qu’il ne vivait tout au plus que trois ans. Quelque sûres qu’aient pu paraître les observations sur lesquelles on a fondé cette assertion, nous croyons qu’elles ont porté sur des accidents individuels plutôt que sur des faits généraux ; et nous regardons comme bien peu vraisemblable une aussi grande brièveté dans la vie d’un animal qui, dans ses formes, dans ses qualités, dans son séjour, dans ses mouve. ments, dans ses autres actes, dans sa nourriture, ne présente aucune différence très-marquée avec des poissons qui vivent pendant un très-grand nombre d'années. Et d'ailleurs ne reconnait-on pas dans l’épinoche la présence ou l'influence de toutes les causes que nous avons assignées à la longueur très-remarquable de la vie des habitants des eaux, et particulièrement des poissons considérés en général ?
C’est dans le printemps que ce petit osseux dépose ses œufs sur les plantes aquatiques, qui les maintiennent à une assez grande proximité de la surface des lacs ou des rivières, pour que la chaleur du soleil favorise leur développement. Il se nourrit de vers, de chrysalides, d'insectes que les bords des eaux peuvent lui présenter, d'œufs de poissons; et, malgré sa faiblesse, il attrape quelquefois des poissons, à la vérité extrêmement jeunes, et venant, pour ainsi dire, d’éclore. Les aiguillons dont son dos est armé, et le bouclier ainsi que les lames dont son corps est revêtu, le défendent mieux qu'on ne le croirait au premier coup d’œil, de l’attaque de plusieurs des animaux qui vivent dans les mêmes eaux que lui ; mais ils ne le garantissent pas de vers intestinaux dont il est fréquemment la victime ; ils ne le préservent pas non plus de la recherche des pêcheurs. On ne le prend pas cependant, au moins le plus souvent, pour la nourriture de l’homme, parce que son goût est rarement très-agréable : mais comme cette espèce est grasse et féconde en individus, il est plusieurs contrées où l’on répand les épinoches par milliers dans les champs, sur lesquels elles forment en se corrompant un excel lent fumier; ou bien on les emploie à engraisser dans les basses-cours voisines des lacs qui leur ont servi d'habitation, des canards, des co-
chons, et d’autres animaux utiles dans l'économie domestique.
On peut aussi exprimer de milliers d’épinoches une assez grande quantité d'huile bonne à brüler; et nous ne devons pas oublier de faire remarquer qu’il est un grand nombre d'espèces de poissons, dédaignées à cause du goût peu agréable de leur chair, dont on pourrait tirer, comme de l’épinoche, un aliment convenable à plusieurs animaux, un engrais très-propre à fertiliser nos campagnes, ou une huile trèsutile à plusieurs arts.
Les yeux de l’épinoche sont saillants, et ses mâchoires presque aussi avancées l’une que l'autre : chaque ligne latérale est marquée ou recouverte par des plaques osseuses placées transversalement, plus petites vers la tête ainsi que vers la queue, et qui, au nombre de vingtcinq, de vingt-six ou de vingt-sept, forment une sorte de cuirasse assez solide ‘. Deux os allongés, durs, et affermis antérieurement par un troisième, couvrent le ventre comme un bouclier ; et de là vient le nom générique de Gustéroslée que porte l’épinoche. Chaque thoracine est composée de deux rayons : le premier, grand, pointu, et presque toujours dentelé, frappe aisément la vue ; le second, blanc, trescourt, très-mou, est diificilement apercu.
Trois aiguillons allongés , et séparés l’un de l'autre, s’élevent au-devant de la nageoire du dos : les deux premiers sont dentelés des deux côtés; le troisième l’est quelquefois, mais il est presque toujours moins haut que les deux premiers.
On compte trois lobes au foie, qui est trèsétendu, et dontle lobe droit est particulièrement très-long. On ne voit pas de cœcum auprès du pylore, et le canal intestinal se recourbe à peine vers la tête, avant de s’avancer en ligne droite vers l’anus, ce qui doit faire présumer que les sucs digestifs de l’épinoche sont tres-actifs.
La vesicule natatoire est épaisse, simple, grande, etattachéeà l’épine du dos, dont cependant on peut la séparer avec facilité.
Au reste, l'iris, l'opercule branchial et les côtés de l’épinoche brillent de l’éclat de l'argent; ses nageoires, de celui de l'or; et sa
* M. Cuvier fait remarquer que M. de Lacépède a suivi Artedi, en indiquant le nombre de 26 ou 27 écailles; mais qu'il est plus considérable, parce qu'il faut y ajouter celles qui garnissent la crète latérale de la queue, qui sont plus serrees que les autres. D,
gorge ainsi que sa poitrine, montrent souvent celui du rubis !.
L'épinochette vit en troupes nombreuses dans les lacs et dans les mers de l’Europe; on la voit pendant le printemps auprès des embouchures des fleuves ; et, suivant M. Noël, on la pêche dans la Seine, jusqu’au-dessus de Quillebeuf. La spinachie ne se trouve ordinairement que dans la mer. Elle est plus grande du double, ou environ, que l’épinoche, pendant que l'épinochette ne parvient communément qu'à la longeur d’un demi-décimetre. Cette épinochette est d’ailleurs dénuée de lames osseuses et même d’écailles facilement visibles, sa couleur est Jaune sur son dos, et blanche ou argentée sur sa partie inférieure ?.
La spinachie offre à peu près le même ton et la même disposition dans ses nuances que l’épinochette ; mais ses côtés sont garnis de lames dures. Elle a de plus le museau avancé en forme de tube, l'ouverture de la bouche petite, et l’opercule ciselé en rayons *.