CENT DIXIÈME GENRE
LES OPHICÉPHALES *.
Point de dents incisives ni molaires ; les opercules des branchies dénués de piquants et de dentelures ; une seule nageoïre dorsale ; La tête aplalie, arrondie par devant, semblable à celle d'un serpent, et couverte d'écailles polygones, plus grandes que celles du dos, el disposées à peu près comme celles que l'on voit sur la tête de la plupart des couleuvres ; tous Les rayons des nageoires arliculés.
ESPÈCES, CARACTÈRES
du Trente-un rayons à la nageoire du L'OPHICÉPHALE KAB- dos; tout le corps parsemé de
BUVWEY. points noirs, Quarante-trois rayons à la na- . 2. geoire dorsale; un grand nombre L'OPHICÉPHALE WRAHL.}) de bandes étroites , transversales et irrégulières.
440 rayons à la seconde dorsale du macrolépidote, 45 à chaque pectorale, 6 à chaque thoracine, 1 rayon aiguillonné et 10 rayons articulés à la nageoire de l'anus, 18 rayons à la caudale.
34 rayons à la membrane branchiale du tacheté, 9 à la seconde nageoire du dos, 42 à chaque peclorale, { rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 1 rayon aignillonné et 7 rayons articulés à la uageoire de l'anus, 15 rayons à celle de la queue,
5 M. Cuvier adopte ce genre créé par Bloch. Il le place daus sa famille des Acanthoptérygiens pharyngiens-labyrinthiformes, D.
L'OPHICÉPHALE KARRUWEY !,
Ophicephalus punctatus, Bl., Cuv.; Ophicephalus Karruwey, Lacep.; Oph. Lata, Buchan.
ET L'OPHICEPHALE WRAHL ?.
Opbhicephalus striatus, Bl., Cuv., Lacep.; Ophicephalus Cheua? Buch. *.
Le naturaliste Bloch a fait connaitre le premier ce genre de poissons, qui mérite l’attention des physiciens et par ses formes et par ses habitudes. Indépendamment de la Conformation particuliere de leur tête, que nous venons de décrire dans le tableau générique, et qui leur à fait donner par Bloch le nom d’Ophicéphale , lequel veut dire téle de serpent *, les osseux compris dans cette petite famille sont remarquables par la forme des écailles qui recouvrent leurs opercules, leur Corps et leur queue. Ces écailles, au lieu d’être ou lisses, ou rayonnées, ou relevées par une arête, sont parsemées , dans la portion de leur surface qui est découverte, de petits grains ou de petites élévations arrondies qui les rendent rudes au toucher. Les eaux des rivicres et des lacs de la côte de Coromandel, et particulièrement du Tranquebar, nourrissent ces animaux ; ils s’y tiennent dans la vase, et ils peuvent même s’enfoncer dans le limon d'autant plus profondément, que la pièce postérieure de chacun de leurs opercules est garnie intérieurement d’une sorte de lame osseuse, perpendiculaire à ce même opercule, et qui, en se rapprochant de la lame opposée, ne laisse pas de passage à la bourbe ou terre délayée, et ne s'oppose pas cependant à l'entrée de l’eau nécessaire à la respiration de l’ophicéphale. Le côté concave des arcs des branchies est d’ailleurs garni d’un grand nombre de petites élévations hérissées de pointes, et qui contribuent à arrêter le limou que l’eau entraînerait dans la cavité branchiale, lorsque l'animal soulève ses opercules pour faire arriver auprès de ses organes respiratoires le fluide sans lequel il cesserait de vivre.
On ne compte encore que deux espèces d’ophicéphales : le Karruwey, auquel nous avons conservé le nom que lui donnent les Tamules; et le Wrahl, auquel nous avons cru devoir
4 Ophicephalus punclalus. Bloch, pl. 558.
2 Ophicephalus striatus. Bloch, pl. 359.
5 Ces deux espèces son: distinctes selon M.Cuviér. D,
+ Üguesignifie serpent; etxepaXR, (le.
Jaisser la dénomination employée par les Malais pour le désigner. Le premier de ces ophicéphales a l'ouverture de la bouche médiocre, les deux mâchoires aussi longues l'une que l’autre et garnies de dents petites et pointues, le palais rude, la langue lisse, l’orifice branchial assez large, la membrane branchiale cachée sous l'opercule, le ventre court, la ligne latérale droite, le corps et la queue allongés, la caudale arrondie, la couleur générale d'un blane sale, l'extrémité des nageoires noire, et presque toute la surface parsemée de points noirs ".
C'est un de ces poissons que l’on trouve dans les rivières de la partie orientale de la presqu’ile de l'Inde, et particulierement du Kaiveri, lorsque , vers le commencement de l'été et dans la saison des pluies, les eaux découlant abondamment des montagnes de Gate, les fleuves et les lacs sont gonflés, et Ies campagnes arrosées ou inondées, Il présente communément une longueur de deux ou trois décimètres, est recherché à cause de la salubrité et du bon goût de sa chair, se nourrit de racines d’alque, et fraie dans les lacs vers la fin au printemps, ou le milieu de lété. Le missionnaire John avait envoyé des renseignements sur cette espece à son ami Bloch, en lui faisant parvenir aussi un individu de l’espece du #rahl.
Ce second ophicéphale à sa partie supérieure dun vert noirâtre, sa partie inférieure d’un jaune blanchâtre, et ses bandes transversales jaunes et brunes. Il parvient quelquefois à la longueur de douze ou treize décimètres. Sa chair est agréable et saine; et comme il se tient le plus souvent dans la vase, on ne cherche pas à le prendre avec des filets, mais avec des bires ou paniers d’osier, ronds , hauts de six ou sept décimètres, larges vers le bas de quarante-cinq ou cinquante centimètres, plus étroits vers le haut, et ouverts dans leur partie supérieure. On enfonce ces paniers en différents endroits plus ou moins limoneux ; on sonde, pour ainsi dire; et le mouvement du poisson avertit de sa présence dans la bire le pêcheur attentif, qui s’empresse de passer son bras par l’orifice supérieur du panier, et de saisir l’ophicéphale ?.
4 À la membrane branchiale du karruwey 5 rayons, à chacune de ses pectorales 16, à chaque thoracine 6, à l'anale 22, à la nageoire de la queue 14.
3 A la membrane branchiale du wrahl 5 rayons, 8 chaque pectorale 17, à chaque thoracine 6, à la nageoire de l'anus 26, a la caudale, qui est arrondie, 87.