LE CENTROPOME NILO- TIQUE
LE CENTROPOME OEILLÉ
LE CENTROPOME SIx- RAIES.
LE CENTROPOME FASCÉ.
chancrée.
Huit rayons aiguillonnés à la première dorsale; un rayôn aiguillonné et huit rayons articulés à la seconde; trois rayons aiguillonnés et dix rayons articulés à l'anale ; la Couléur générale brune.
Dix rayons aiguillonnés à la première nageoire du dos; uw rayon aiguillonné et vingt-quatrs rayons articulés à la seconde; us.
rayon aiguillonné et neufrayons articulés à l’anale; une tache ronde, noire, et bordée de blanc, auprés de la caudale.
Cinq rayons aiguillonnés à la première dorsale; quatorze à la seconde; un rayon aiguillonné et dix rayons articulés à la nageoire de l'anus; la caudale arrondie; six raies longitudinales et blanches de chaque côté du poisson,
La nageoïire de la queue rectiigne, sept ou huit bandes transversales et brunes ; la couleur générale d'un brun mélé de blanc ; la dentelure des opercules très - peu marquée.
CARACTÈRES, Vingt-sept rayons à la seconde na- 24. geoire du dos; la caudale arron- Lz CEKTROPOME PER- die ; onze ou douze raies obli- CHOT. ques et brunes, de chaque côté du poisson.
ESPÂCES.
LE CENTROPOME SANDAT ,
Lucioperca Sandra, Cux.; Perca Lucioperea, Linn., Gmel. ; Centropomus Sandat, Lac. ?.
Centropome B'ober 5, Diacope fulviflamma, Cuv.; Sciæna fulviflamma , Fovsk.; Centropomus Hober, Lac. 4. — Centropome Safga 5, Ambassis Commersonii, Cuv.; Lutjanus gymnocephalus, Centropomus Ambassis, et Centropomus Safgha, Lac. ‘. — Centropome Alburne 7, Umbrina Alburaus, Cuv.; Perca Alburnus, Linn., Gmel.; Sciæna nebulosa, Mitch.; Centropoma Alburnus, Lac. #. — Centr'opome Lophar *, Perca Lophar, Linn., Gm.; Centropomus Lophar, Lac. ‘0, — Centropome arabique ‘, Cheilodipterus arabicus, Cuv.; Perca lineata, Forsk.; Centropomus arabicus, Lac. 47, — Centropome rayé 4, Labrax lineatus, Cuv.; Sciæna lineatus, Bl.; Perca saxatilis, et Perca septentrionalis, Bl., Schn.; Centropomus lineatus, Lac. #4,
Le sandat habile dans les eaux douces de l'Allemagne, de la Hongrie, de la Pologne, de la Russie, de la Suède et du Danemarck. Le grand nombre de noms vulgaires qu'il porte,
{ Zander, dans plus. contrées de Prusse. — Zd., Xant, Sand baarsch, en Poméranie. — Sandat et sandart, dans le Holstein, le Mecklembourg, la Poméranie, etc. — Sandat et sander, en Livonie. — Stahrks, Kahha, en Estonie, — Sudacki, en Russie. — Sedax, en Pologne. — Zant et zahnt, en Silésie, — Schiel, en Autriche. — Nagmaul, Schindel,en Bavière.— Santor, dans le Danemarek.—Gios, vu gioes, en Suède. — Persègue sandat. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Le sandre. Bloch, pl. 5l.-- Fauna Suecica, 552. — Mull. Zool. Dan. Prodrom., p. 46, n. 591. — Meiding. Ic. pisc. Aut., t. 1.— «a Perca pallidé maculosa, dentibus duobus, « utrinque majoribus. » Artedi, gen. 59, syn. 67, spec. 76. — « Lucioperca et piscis quem schilum Germani vocant, alii « nagemulum. » Gesner, Paralip., p. 28, vel 1288; et (germ ) f, 476, db. — Lucioperca. Schonev., p. 45. — Id. Willughby, p. 295, t. S. 14. — Id. Raï, p. 98, n. 24. — « Schilus, sive « nagemulus Germanorum. » Aldrovand., 1. 5, c. 59, p. 667, 668. — /d. Jonst., 1. 5, tit, 4, c. 7, p. 174, tab. 50, fig. 15. — « Schilus nagemulus. » Charlet., p. 464. —« Perca dorso « dipterygio, capite lævi alepidoto, dentibus maxillaribus « duobus, utrinque majoribus. » Gronov. Zooph., p. 94, n. 299. — « Perca buccis crassis. » Klein, Miss. pisc. 5, p. 56, u. 2, tab. 7, fig. 5.—Zander. Schrift. der. Befl. naturf, ges. 1, p. 281.
2Du genre SANDRE, Lucioperca, dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes de M. Cuvier. D.
5 Sciène hober, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Forskael, Faun. Arab., p, 45, n. 45,
+ Du genre DIACOPE, dans la famille des Acanthoptérygiens percoides, Cuv. D.
» Forskael, Faun. Arab., p. 55, n.67. — Sciène safga. Bonvaterre, pl. de l'Enc. méth.
* Du genre AMBASSE, dans la famille des Acanthoptérygiens percoïides , selon M. Cuvier, qui reconnaît dans cette même espèce de poisson , le Lutjan gymnocéphale, et le Centropoms ambasse de Lacépède. D.
T « Alburnus americanus. » Catesby, Carol. 2, p. 12, lab. 12, fig. 3. — Persèque ablelte de mer. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.
prouve combien il est recherché : et on ne sera pas surpris qu’il soit l’objet d’une poursuite particulière, et qu’on le pêthe avec autant de soin que de constance, lorsqu’on saura que sa chair est blanche, tendre, très-agréable au goût, facile à digérer, et qu'il parvient à un très-grand volume. Il presente quelquefois une longueur d'un mètre, et même d’un mètre et demi. On prend, dans le Danube , des individus de cette espèce qui pèsent dix kilogrammes , et le professeur Bloch en a vu un du poids de onze kilogrammes, qui venait du iac Schwulow en Saxe.
Ce centropome ‘ ressemble au brochet par les dimensions de son corps, la forme et les dimensions de sa tête, la prolongation de son museau, la disposition, la grosseur et la force de ses dents. Il a d’ailleurs beaucoup de rapports avec la persèque perche, par la dentelure de ses opercules, le nombre et ia place de ses nageoires dorsales, la dureté et la rudesse de ses écailles : aussi presque tous les auteurs latins qui en ont parlé lui ont-ils donné le nom de Zucioperca (brochet perche), que Linnée lui a conservé. La grande ouverture de sa gueule annonce d'’ailieurs sa voracité, et la ressemblance de ses habitudes avec celles de la perche, et surtout celles du brochet.
Sa mâchoire supérieure, plus avancée que l'inférieure , lui donne plus de facilité pour saisir la proie sur laquelle il se jette. Elle est gare nie, ainsi que cette dernière, de quarante dents ou environ: ces dents sont inégales et très-propres à percer, retenir et déchirer une victime. On voit aussi de petites dents dans quelques endroits du palais et auprès du gosier.
L’iris de ce centropome est d’un rouge brun, et son œil paraît très-nébuleux. La partie inférieure, du poisson est blanchâtre ; une nuance verdâtre est répandue sur quelques portions de la tête et des opercules ;les pectorales sont jau-
$ Du genre OMBRINE, Umbrina, dans la famille des Acanthoptérygiens sciénoïdes, Cuv. D.
* Forskael, Faun, Arab., p. 58, n. 55.— Perségue lophar. PI. de l'Enc, méth.
‘0 Non mentionné par M. Cuvier. D.
#4 Forskael, Faun. Arab., p. 42, n° 45.
42 Du genre CHEILODIPYÈRE, dans la famille des Acan: thoptérygiens percoldes, selon M. Cuvier. D.
45 Sciène à lignes. Bloch, pl. 504
4 Du genre Ban, Labraæx, dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes, Cuv. D.
1 Le nom générique Centropome désigne la dentelure des opercules. Kévrocv, en grec, signifie aiguillon, ou piquant;
À et ruux, opercule.
DES POISSONS
nes; les thoracines, l’anale et la caudale grises; les deux dorsales grises et tachetées d’un brun très-foncé.
Nous suivons pour le sandat la règle que nous nous sommes imposée pour tant d’autres espèces , afin de nepas allonger sans nécessité l’ouvrage que nous offrons au publie. Nous avons cru ne devoir pas répéter dans l’histoire de ces animaux ce que nous dirons de leurs caractères extérieurs dans les tables génériques sur lesquelles nous les avons inscrits.
L’æsophage du sandat est grand , ainsi que son estomac ; son foie, et sa vésicule du fiel, qui est de plus jaune et transparente. Les organes relatifs à la digestion sont donc ceux d’un animal qui peut beaucoup détruire à proportion du volume de son corps ; et si son canal intestinal proprement dit n'est pas aussi long que l'ensemble du poisson, ce tube est garni, auprès du pylore, de six cæœcums ou appendices.
Le péritoine est d'une couleur argentée et brillante.
Le sandat ne vient pas fréquemment auprès de la surface de l’eau : peut-être l’apparence nébuleuse de ses yeux indique-t-elle dans ces organes une sensibilité ou une faiblesse qui rend le voisinage de la lumière plus incommode ou moins nécessaire pour ce centropome. Quoi qu’il en soit, il vit ordinairement dans les profondeurs des lacs qu'il habite ; et comme il a besoin d’un fluide assez pur, on ne le trouve communément que dans les lacs qui renferment beaucoup d’eau , dont le fond est de sable ou de glaise , et qui recoivent de petites rivières, ou au moins de petits ruisseaux. Il se plait dans les étangs où vivent les poissons qui aiment, comme lui, à se tenir au fond de l’eau; et voilà pourquoi il préfère ceux qui nourrissent des éperlans. Il croit très-vite, lorsqu'il trouve facilement la quantité de nourriture dont il a besoin. Il dévore un grand nombre de petits poissons, même de ceux qui ont de la force et quelques armes pour se défendre. Il attaque avec avantage quelques perches et quelques prochets ; mais il n’est pour ces animaux un ennemi dangereux que lorsqu'il jouit de presque toutes ses facultés. Pendant qu’il est encore jeune , il succombe au contraire très-souvent sous la dent du brochet et de la perche, comme sous celle dessilures, et sous le bec de plusieurs espèces d'oiseaux d’eau qui plongent avec vi-
tesse, et le poursuivent jusque dans ses asiles
les plus reculés. Il abandonne ces retraites écar tées dans le temps de son frai, qui a lieu ordi nairement vers le milieu du printemps. Sa fe melle dépose alors ses œufs sur les broussailles, les pierres, ou les autres corps durs qu’elle ren contre auprès des bords de son lac ou de sor étang, et qui peuvent soumettre ces œufs à l'in € fluence salutaire des rayons du soleil, de la température de l’air, ou des fluides de l’atmosphère. Ces œufs sont d’un jaune blanchâtre.
L'ovaire qui les renferme est composé de deux portions distinctes par le haut, et réunies par le bas. Le conduit par lequel ils en sortent, aboutit à un orifice particulier situé au delà de l'anus, et cette conformation que l’on ne peut observer dans un grand nombre d’espèces de poissons doit être remarquée. Ces mêmes œufs sont trèspetits, et par conséquent très-nombreux ; néanmoins les sandats ne paraissent pas se multiplier beaucoup, apparemment parce qu’ils s’attaquent mutuellement, et parce qu’ils tombent souvent dans les filets des pêcheurs, particulièrement dans la saison du frai, où les sensations qu'ils éprouvent les rendent plus hardis et plus vagabonds. Ils ont cependant un grand moyen d'échapper à la poursuite des pécheurs ou des animaux qui leur font la guerre: ils nagent avec facilité, et s'élèvent ou s’abaissent au milieu des eaux avec promptitude. Ils sont aidés, dans leur fuite du fond des eaux vers la surface des lacs, par une vessie natatoire placée près du dos, qui égale presque toute la longueur du corps proprement dit, dont l'enveloppe consistedansune peau très-dure, et qui se sépare, du côté de la tête, en deux portions ou appendices, lesquels lui donnent la forme d’un cœur tel que celui que les peintres représentent. Le canal pneumatique de cette vessie est situé vers le haut de la partie antérieure de cet organe, que l'on nepeut détacher quedifficilementdes parties de l’animal auxquelles il tient, parceque sa derniere membrane appartient aussi au péritoine. Le sandat meurt promptement, lorsqu'on le tire du lac ou de l’étangqui l’a nourri, et qu’on le met dans un vase rempli d’eau. Il expire sur: tout très-vite, si on leretient hors de l’eau, prin= cipalement lorsqu'une température chaude hâte le desséchement si funeste aux poissons, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois dans cet ouvrage. On ne peut donc le transporter en vi qu’à de petites distances, avec beaucoup de précautions, et lorsque la saison est froide; et
cependant, comme le sandat estun des poissons les plus précieux pour l’économie publique et privée, et de ceux qu'il faut le plus chercher à introduire de proche en proche dans tous les lacs etdanstous lesétangs. nousnedevons pas négliger de recommander, avec Bloch, de se servir des œufs fécondés de ce centropome, pour répandre cette espèce.
Immédiatement après l'époque où les mâles se seront débarrassés de leur laite, on prendra de petites branches sur lesquelles on découvrira des œufs de sandat ; on les mettra dans un vase plein d’eau, et on les transportera dans l'étang ou dans le lac que l’on voudra peupler d’individus de l'espèce dont nous nous occupons, et où l’on ne manquera pas de fournir aux jeunes poissons qui seront sortis de ces œufs de petits éperlans, des goujons, ou d’autres cyprins à petites dimensions, dont ils puissent se nourrir sans peine.
On pèche les sandats non-seulement avec des filets, et notamment avec des collerets ou petites seines ‘, mais encore avec des hameçons et des lignes de fond. Il ne faut pas les garder longtemps dans des réservoirs , ou dans des bannetons, parce que, ne voulant pas manger dans ces enceintes ou prisons resserrées, ils y perdent bientôt de leur graisse et du bon goût de leur chair.
Lorsqu'ils sont morts, on les envoie au loin, salés ou fumés, ou empaquetés dans des herbes ou de la neige.
Nous croyons devoir rapporter à une variété du sandat, le poisson décrit par le célèbre Pallas dans le premier volume de ses Voyages, et inscrit parmi les persèques ou perches dans l'édition de Linnée, que nous devons au professeur Gmelin ?.
Ce thoracin a tant de rapports avec le sandat et la perche ordinaire, ou la perche d’eau douce, qu'on f’a regardé comme un métis provenant du mélange de ces deux espèces. Sa couleur générale est d’un vert doré, relevé par des bandes transversales ou places noires, au nombre de cinq ou six. On remarque aussi cinq bandes sur les dorsales, qui sont soutenues par des rayons très-forts. Les écailles sont grandes et rudes.
+ V. la description de la seine, t. 1, p. 831.
? Pallas, It, 4, p. 461, n. 21. — Percu volgensis. Linnée, édition 4e Gmelin. — 15 rayons à la première dorsale , 25 à la seconde, 6 à chaque thoracine, 43 à la nageoïre de la queue,
Les deux dents de devant de la mâchoire inférieure surpassent les autres dents en grandeur Ce poisson vit dans le Volga et dans d’autres fleuves du bassin de la Caspienne *.
Le hober, que l'on trouve dans la mer d’Arabie, a été bien moins observé que le sandat. On en doit la connaissance à Forskael. Ce poisson a les deux dorsales arrondies; le premier de ces deux instruments de natation, brunâtre , le second jaune, et toutes les autres nageoires jaunâtres.
Le safga habiteles mêmes eaux que le hober,
On pêche dans la mer qui arrose la Caroline, l'alburne, que Catesby et Garden ont observé. Ce poisson est remarquable parla conformation de sa première dorsale , qui ne présente qu'un rayon aiguillonné, ainsi qu’on peut le voir dans le tableau générique des centropomes. Il montre à sa mâchoire inférieure cinq ou six excroissances. L’échancrure de sa caudale est peu profonde. Sa couleur générale est d’un brun clair; etsa longueur, de trois ou quatre décimètres.
Le lophar a été pêché dans la Propontide, auprès de Constantinople. Il a beaucoup de rapports avec le hareng, et par sa conformation générale, et par ses dimensions. Des sillons longitudinaux sont tracés dans l’entre-deux de ses yeux. La base de la seconde dorsale et celle de l’anale sont charnues , ou plutôt adipeuses. Le dos est d’un vert brun; et l'extrémité de la caudale, noirâtre *.
Il est superflu de dire que l'arabique vit près des rivages de l’Arabie. On voit derrière ses yeux trois stries relevées et osseuses. La méchoire supérieure est armée de six dents longues, droites et écartées l’une de l'autre. On en compte huit d’analogues àlamächoireinférieure.
4 M. Cuvier considère ce poisson comme une espèce disfincte, et Ini donne le nom de SANDRE BATARD DE RUSSIE, Lucioperca volgensis. D.
27 rayons à la membrane branchiale du centropome sandat, 15 à chaque pectorale, 7 à chaque thoracine, 22 à la caudale. — 7 rayons à la membrane branchiale du centropome hober,15 à chaque pectorale, 1 raÿou aiguillonné e 5 rayons articulés à chaque thoracine , 15 rayons à la ma geoire de la queue.— 22 rayous à chaque pectorale du cen tropome alburne , 6 à chaque thoracine, 9 à la caudale. — 16 rayons à chaque pectorale du centropome lophar, 4 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 17
| rayons à la nageoire de la queue. — 44 rayons à chaque pec-
torale du centropome arabique, { rayon aiguillonné et rayons articulés à chaque thoracine, {7 rayons à la caudale — 5 rayons à la membrane branchiale du centropome rayé 18 à chaque pectorale, { rayon aiguillonné et 5 rayons arti culés à chaque toracine, 16 rayons à la mageoire de la queue.
DES POISSONS
La langue est lisse; mais le palais est hérissé de dents petites, déliées et très-nombreuses. Les deux segments de la caudale ont la forme d’un fer de lance, de même que les pectorales. Les dorsales , les thoracines et l’anale sont triangulaires. Toutes les nageoires offrent d’ailleurs un brun mélé de jaune, excepté la première dorsale, qui est brune; et une tache noire, bordée d’or, brille sur le milieu de la
queue.
La Méditerranée est la patrie du centropome
rayé. Une petite pièce dentelée-est placée audessus de l'extrémité de chaque opercule de ce poisson. La plus grande partie de la tête et les nageoires sont jaunes ou couleur d’or.
LE CENTROPOME LOUP,
Labrax Lupus, Cuv.; Perca Labrax, Linn.; Perca punctata, Gmel.; Sciæna Labrax, BI. ; Centropomus Lupus, et Centropomus Mullus, Lac. ?.
Le Centropome onze-rayons *, Centropomus undecimalis, Cuv.; Centropomus undecim-radiatus, Perca Loubina, et Sphyræna-aureoviridis , Lac.; Platycephalus undecimalis, Schn. 4. — Centropome Plumier 5, Perca Plumieri, Cuv.; Sciæna Plumieri, BL; Centropomus Plumieri , et Cheilodipterus chrysopterus, Lac.®. — Centropome Mulet , Labrax Lupus, Cuv.; Centropomus Muilus, et Centropomus Lupus, Lac. 7,
On trouve le loup non-seulement dans l’Adriatique et dans toute la Méditerranée, mais encore dans les eaux de l'Océan qui arrosent les
4 Bar, Loubine, Brigne, sur les côtes de France voisines de la Loire et de la Garonne. — Loup, sur plus. côtes franc. de l'Océan ou de la Méditerranée, — Dréligny, Loupasson, Lubin ou Lupin, dans plus. départ. mérid. — Lupo, en Espagne. — Louvazzo, dans la Ligurie, — Aranco, en Toscane. — Spigola, Lupasso, par les Romains. — Bronchini, Varolo , à Venise. — Cavalla, à Spalatro. — Salmbarsch, Lachsumber, par les Allemands.— Basse, Bosse, par les Anglais, — Zee snoeck, par les Hollandais. — Persègue loup. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — 7d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Mus. Ad. Frid. 2, p. 82*. — Gronov. Act. Upsal. 1750, p. 59, t. 4. — « Perca radiis pinnæ dorsalis se- « cundæ 15, ani 14. » Artedi, gen. 44, syn. 69.—Sciène loup. Bloch, pl. 501.— Ax6oaË. Aristot., 1. 1, c.5; I. 4, c. 8; et L 5, c. 9 et 10. —/d. Ælian., L. 1, c. 50, p. 56; 1. 9, c. 7; 1. 10, c. 2; et 1.16, c. 12. — /d. Athen., 1.7, p. 510, 511; et 1. 14, p. 662. — /d. Oppian., Hal. L. 1, p. 5; et1. 2, c. 54,38.— Lupus. Ovid. Hal., v.25,58, 112. — 7Zd, Varro, Rustic., L 5, ©. 5. — Id. Plin., 1. 9, c. 16, 17,51, 54; et 1. 52, c. 2. — Wotton, 1. 8, c. 172, fol, 155. — Loup. Rondelet. part. 4, 1. 9, c.6.— Salvian., fol. 107, 6. 108, 109, — Gesner, p. 506, et (germ.) fol. 57, b. — Aldrov., I. 4, c. 2, p. 491, 492. — Jonston, 1.2, tit. 1,c. 2, tab. 25, fig. 5. — Willughby, p. 274. — Rai, p. 83, — Spigola, sivelupus. P. Jov., cap. 9, p.64.
2 Du genre Dar, Labrax, Guv. dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes. M. de Lacépède a séparé à tort de ce poisson le centropome mulet qu'il décrit dans le même article. D.
côtes de l’Europe , particulièrement dans le golfe de Gascogne, dans la Manche ou canal de France et d'Angleterre, et dans le golfe Britannique. Il devient grand ; et, selon Duhamel, on en prend quelquefois auprès de l’embouchurg de la Loire qui pèsent jusqu’à quinze kilogrammes. Il se plaît dans le voisinage des fleuves et des grandes rivières; mais il ne s’engage que rarement dans leur lit. Il a la chair trèsdélicate et par conséquent il doit être très-recherché. Les anciens Romains le payaïent trèscher; ils le comptaient, avec la murénophis hélène, le mulle rouget, l’acipensère esturgeon, et le muge, qu’ils nommaient #yxo, parmi les poissons les plus précieux. Ils désiraient surtout de montrer sur leurs tables, et dans leurs festins les plus splendides , les loups que l’on prenait dans le Tibre, entre les deux ponts de Rome, Cependant on a toujours dû préférer, suivant Rondelet, ceux de ces poissons qui viventauprès de l'embouchure des fleuves à ceux qui remontent dans les rivières, ceux que l’on trouve dans les étangs salés à ceux que l’on prend auprès de l'embouchure des fleuves, et ceux que l’on rencontre dans la haute mer à ceux qui ne quittent pas les étangs salés. Au reste, Pline nous apprend que les anciens gourmets de Rome et d’Italie attachaient moins de prix aux loups ordinaires qu’à ceux qu’ils nommaient laineux (/anati), à cause de leur blancheur, de la mollesse , et vraisemblablement de la graisse de leur chair.
C’est auprès des endroits où les rivières se jettent dans la mer que le loup dépose ses œufs, quelquefois deux fois par an. Ces œufs ont été souvent employés, comme ceux d’autres poissons, à faire cette préparation que l’on nomme boutarque ou botargo.
Ce centropome est très-hardi : il est de plus très-vorace ; et voilà pourquoi on lui a donné le nom de Loup. Il nage fréquemment très-près
5 « Sciæna undecimalis. » Bloch, pl. 505.
4 Type du genre CENTROPOME , tel que M, Cuvier le conserve dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes. M. de Lacépède a décrit ce poisson trois fois, sous les noms de Centropome onze-rayons , de Persèque loubine, et de Sphyrène orverd. D.
5 « Sciène striée, sciæna Plumierii. » Bloch, p!.506.
8 Du genre PERC&E, type de la famille des Acanthoptérygiens percoïdes , selon M. Cuvier. M. de Lacépède a décrit deux fois ce poisson, soys les noms de Centropome Plumier, et de Cheilodiptére chrysontère. D.
7 Ainsi que le remarque M. Cuvier, le Centropome mulet de Lacépède est manifestement de la même espèce que lc centropome loup, décrit dans le même article. D.
de la surface de la mer. Plusieurs auteurs anciens se sont plu à lui attribuer la finesse de l'instinct, aussi bien que le courage de la force; et ils ont écrit que lorsqu'on voulait le prendre avec des filets, il savait creuser dans le sable, en agilant vivement sa queue, une sorte de sillon dans lequel ils’enfonçait pour laisser passer au-dessus de lui la nappe verticale dans laquelle on cherchait à l’envelopper.
On le pêche pendant toute l’année, et avec plusieurs sortes de filets; mais la saison la plus favorable pour le prendre est communément la fin de l’été.
Nous avons exposé ses principaux caractères extérieurs dans le tableau générique. Nous aurions pu y parler encore d une lache noire que l'on voit à la pointe postérieure de chaque opercule de ce centropome.
On compte six cœcums auprès de son pylore; son foie présente deux lobes ; sa vésicule du fiel est grande; et sa vessie natatoire, qui n'offre aucune division intérieure , est attachée aux côtes.
La Jamaique est la patrie du centropome onze-rayons, qui y vitauprès des fonds pierreux. Ce poisson a la nuque très-relevée; les dents très-petites , nombreuses et serrées ; l’opercule terminé par une prolongation un peu arrondie, et surmonté par derrière d’une petite pièce écailleuse et dentelée; le corps gros ; le ventre rond; le dos arrondi et bleuâtre; les côtés argentés ; les pectorales et les thoracines d’un rouge brun; la caudale grise ou bleue à son extrémité.
La mer des Antilles nourrit le centropome plumier, qui, par conséquent, habite très-près du onze-rayons. Bloch en a publié la description d'après un dessin de Plumier, le cékébre voyageur et l’habile naturaliste. Les deux mâchoires de ce thoracin sont aussi avancées l’une que l’autre; le dos est brun; les nageoires sont jaunes ; la première dorsale est bordée de brun ou de noir *.
45 rayons à la membrane branchiale du centropome loup, 18 à chaque pectorale, 4 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 20 rayons à la caudale. — 5 rayons à la membrane branchiale du centropome onze-rayons, 15 à chaque pectorale, { rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 18 rayons à la nageoire de la queue, — {3 rayons à chaque pectorale du centropome plumier, 1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 22 rayons à la caudale. — 15 rayons à chaque pectorale du <entropome mulet, 3 à chaque thoracine, 17 rayons à la nagcoire de la queue, 24 vertèbres.
J’ai recu de MM. Noël de Rouen et Métaihe, la description du poisson auquel j'ai conservé le nom de Mulet, qui lui avait été donné par ces observateurs, et que j’ai dû placer dans le genre des centropomes d’après sa conformation. Ce thoracin abandonne la mer pour remonter dans les rivières, lorsque l’été succède au printemps. Le temps le plus chaud paraît être celui qu’il préfère pour ce voyage annuel, qu’il termine lorsque l'automne arrive. Il est très-commun dans laSeine, depuis le solstice de l’été jusqu'à l’équinoxe de l’automne. Sa chair est excellente un mois après son entrée dans l’eau douce. Il se nourrit de débris ou de résidus de corps organisés, Il va par troupes très-nombreuses : aussi en prend-on quelquefois quatre ou cinq cents d'un seul coup de filet. Ses mouvements sont très-vifs; et les sauts élevés et fréquents qu'il fait au-dessus de la surface de la rivière, l’annoncent de loin aux pêcheurs. Lorsqu'on le trouve dans une eau bourbeuse, on le pêche avecla seine ; mais lorsqu'il est dans des eaux très - claires, on cherche plutôt à le prendre avec le filet nommé vergaut. Il parvient souvent à la longueur de six décimètres ; et alors il a plus de trois décimètres de tour dans la partie la plus grosse de son corps. Chacun de ses opercules est composé de trois pièces. Sa langue est large , et son palais lisse dans presque toute sa surface. Six appendices sont placés auprès de son pylore. Sa vessie natatoire a près de deux décimètres de longueur.
LE CENTROPOME AMBASSE !,
Ambassis Commersonii, Cuv.; Lufjanus gymnocephalus, Centropomus Ambassis, et Centropomus Safga, Lacep. ?.
Le Centropome de Roche, Dules rupestris, Cuvy.; Centropomus rupestris, Lac. 4. — Centropome Macrodon 5, Cheilodipterus octovittatus, Cuv.; Cheilodipterus lineatus, et Centropomus Macrodon, Lac. . — Centropome doré, Apogon..…. Cuv.; Centropomus aureus, Lac. 5. — Centropome rouge, Myripristis hexagonus , Cuv.? Centropomus ruber, Lac. 4°.
Les cinq centropomes dont nous allons parler ontété observés, par Commerson, dans les eaux
4 « Aspro ambassis (de deux sous) (l'ambasse du Gol) dorso « dipterygio, maculà minimä nigrà ia apice pionæ dorsalis « primæ, ferè obsoletä, ventre per transparentiam peritonæi « argentei albicante.» Commerson, manuscrits déjà cités.
2 Du genre AMBASSE, dans la famille des Acanthoptéry
DES POISSONS
douces des iles de France et de Bourbon, au dans la mer qut en baigne les rivages. La des-
petites taches noires sont répandues sur les
“opercules ; les écailles qui garnissent le dessous
Cription n’en a encore été publiée par aucun | de la poitrine ne sont noires qu’à leur base : Le P ;
naturaliste.
L'ambasse setrouve dans l'étang de l'île Bourson sur le bord duquel on voyait, du temps de Commerson, un château nommé Go. On péchaïit dans cet étang un grand nombre d’individus de cette espèce. Leur longueur était presque toujours au-dessous de deux décimètres ; mais ils étaient cependant très-recherchés par les habitants de l'ile, qui les préparaient d’une manière analogue à celle dont on prépare les anchois en Europe, les employaient également à relever le goût des mets, et les trouvaient même d’une saveur plus agréable et plus appétissante que ces derniers poissons.
L’ambasse a deux callosités sur la partie antérieure du palais, et une tache noire, quelquefois très-faible, au plus haut de la première dorsale, qui est triangulaire.
Le centropome de roche parvient à des dimensions plus considérables que l’ambasse ; il est souvent long de quatre ou cinq décimetres. {1 se tient dans les eaux douces, ou auprès des embouchures des rivières. Commerson l’a vu particulièrement dans /a ravine du Gol de l'ile Bourbon. Sa chair est de très-bon goût. De
giens percoïdes, Cuv. M. de Lacépède a décrit ce poisson, 4° sous le nom de Zufjan gymnocéphale, 2 sous celui de Centropome ambasse, et 5° probablement encore, sous la dénomination de Centropome safga. ( Voyez ci - dessus page 540). D.
5« Aspro dorso dipterygio cærulescente, squamis laterum, « plerisque ambitu et medio nigris, guttis concoloribus in scapite utrinque majoribus et frequentioribus. » Idem, ibid.
4 Du genre DOULES, Dules, dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes, Cuv. D.
5« Aspro dorso dipterygio, dentibus raris, at longis et « exertis, corpore tæniis fuscis obsoletis octo circiter utrin- « que lineato, » Idem, ibid.
# Du genre CHEILODIPTÈRE de M. Cuvier, dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes. M. de Lacépède a décrit ce poisson deux fois, sous les noms, 4° de Cheilodiptére rayé, et 2° de Centropome macrodon. D.
*« Aspro rubro cupræus deauratus, dorso dipterygio, pin- : nis rubris, dorsali priori et basi caudæ nigris. » Idem, ibid.
* Du genre APOGON, dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes , selon M. Cuvier, qui n'en détermine pas l'espèce. D.
*« Aspro totus rubens, pinnarum posteriorum marginibus salbis, postico operculorum branchialium limbo atrato. » Idem, ibid.
40 M. Cuvier rapporte cette espèce à son genre MYRIPRISTIS (Acanth. percoïdes), et croit qu'elle est identique avec son Myripristis hexagone. Si cela est, ce poisson a été décrit une seconde fois par M. de Lacépède, sous le nom de Zutjan kexagonz. D.
une nuance brune, plus ou moins foncée, est répandue sur les nageoires et sur la membrane des branchies ; et la caudale ne présente qu’une légère échancrure.
Le macrodon n’a pas ordinairement trois décimètres de longueur. Plusieurs dents très-petites sont placées dans les intervalles qui séparentles grandes dents de la mâchoire inférieure. La lèvre d’en haut peut s’étendre à la volonté de l’animal. Le palais est relevé par deux bosses, dont la postérieure est hérissée de petites dents : on n'en voit pas sur la langue, qui s’arrondit et s’élargit un peu par devant. Les yeux sont très-grands; les écailles larges, et faiblement attachées à la peau ; les secondes pièces des opercules anguleuses du côté de la queue ; le péritoine est argenté.
Le centropome doré ne parvient qu'à de petites dimensions. Il a été vu très-souvent par Commerson , qui cependant ne lui a jamais trouvé une longueur égale à deux décimètres.
Le centropome rougeest long de plus de trois décimètres. Sa saveur est très-agréable au goût, et sa parure des plus riches ; toute sa surface présente un mélange de rose, de rouge et de doré , relevé par une très-grande variété de reflets, par un liséré blanc qui borde une grande partie du contour de la seconde dorsale, des pectorales , de l’anale et de la caudale, et par une superbe tache noire placée à l’extrémité de l’opercule et à la base de chaque pectorale. Les nuances de ce beau centropome brillent d’autant plus, que les écailles qui en réflécnissent l'éclat offrent une grande largeur ‘. La dentelure de ces écailles est d’ailleurs si forte, que l’on ne peut toucher le poisson sans être blessé, à moins que la main n’aille dans le sens de la tête à la queue. Toutes les lames qui revêtent la tête, sont aussi très-dentelées, dans leur circonférence. La mâchoire supérieure , dont le poisson peut étendre la lèvre, paraît comme
“ 6 rayons à la membrane branchiale du centropome anbasse, 15 à chaque pectorale, { rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine. — 6 rayons à la membrane branchiale du centropome de roche, 44 à chaque pectorale, 1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 17 rayons à la caudale. — 7 rayons à la membrane branchiale du centropome macrodon, 12 à chaque pectorale,6 à chaque thoracine, 17 à la nageoire de la queue. — 7 rayons à la membrane branchiale du centropome rouge, 15 à chaque Pectora'e, 19 à la caudale, &4
tronquée lorsque l'animal ne meut pas cette lèvre d'en haut. Outre les huit grandes dents indiquées par le tableau générique , le centropome rouge a un grand nombre de petites dents à chaque mâchoire et auprès du gosier ; mais son palais est lisse. Les yeux très-grands relativement au volume de la tête, ont de diamètre le neuvième, ou à peu près, de la longueur totale du poisson. Deux plaques écailleuses et dentelées sont situées de chaque côté , au-dessus de l’ouverture branchiale ; et la ligne latérale est composée d’une série de très-petites lignes.
LE CENTROPOME NILOTIQUE ,
Lates niloticus, Cuv.; Perea nilotica, Linn., Gmel. ; Centropomus niloticus, Lac. ?.
ET LE CENTROPOME OEILLÉ $.
Corvina ocellata, Cuv.; Perca ocellata, Linn., Gmel. ; Sciæna imberbis, Milch.; Lutjanus triangulum, et Centropomus ocellatus, Lac. *.
Le nilotique habite dans le Nil; mais on le trouve aussi dans la mer Caspienne. Ses deux nageoires dorsales sont très-rapprochées l'une de l’autre.
L'œillé a été observé dans la Caroline par le docteur Garden. Le premier rayon de la première dorsale et celui de chaque thoraeine sont crès-courts. On ne voit qu’un petit intervalle entre les deux nageoires du dos *.