‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 327 sur 535 · croissant ; la tête et les opercu · texte numérisé non relu

croissant ; la tête et les opercu

LA SCIÈNE CORO. les aénués de pelites écailles; les dents petites et pointues; un ai-

guilion à la seconde pièce de

chaque opereule ; la couleur gé-

nérale argentée; huit bandes

transversales, étroites et brunes.

Un rayon aiguillonné et six rayons articulés à la première dorsale; huit rayons à la seconde ; sept

5 rayons à ER RUE sa-

ÈNE érieure arrondie et plus avan-

LA SCIÈNE CILIÉE. FE que l'inférieure; deux aiguillons à la pièce postérieure de chaque opercule; presque toutes les écailles divisées en deux por-

1 Ce n'est qu'avec doute que M. Cuvier rapporte la description du Tœnianole triacanthe de Lacépède, au gere TÆNHANOTE, qu'il admet dans la famille des Acanthoptérygiens à joues cuirassées, près du-genre Scorpène. D,

225 rayons à la nageoire du dos, { rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chague thoracine , 8 rayons à la nageoire de l'anus,

tions par une arête transyersalez 5 la première de ces portions nnie,

et la seconde finement striée et ciliée.

Sept rayons aiguillonnés à la première nageoire du dos; neuf rayons à la seconde ; sept rayons

4 RE Re de l'anus; la Le se A choire supérieure en peu plus

LA SORTE avancée que l'inférieure ; Ki

Û dents fortes à chaque mâchoire; deux aiguillons, dont un est trèspetit, à la dernière lame de chaque cpercule.

LA SCIÈNE CILIÉE. |

SECOND SOUS-GENRE

La nageoire de La queue, rectiligne, ou arrondie, et non échancrée.

Dix rayons à la première dorsale; un rayon aiguillonné êt viugtet un rayons arlicules à la secoude; deux rayons aiguillonnés et cinq rayons articulés à l'anale; un aiguillon à chaque opercule; le secou rayon aiguillonné de l'anale, long, épais, comprimé, ét très-fort; des bandes transversales brunes.

Dix rayons aiguillonnés à la première nageoire du dos; un rayon aiguillonné et vingt huit rayons articulés à la seconde; deux rayons aiguillonnés et dix-huit rayons articulés à l'anale; cinq petits aiguillons à la pièce antérieure de chaque opercule; le corps ondulé de brun.

; Dix rayons à la première nageoire

| du dos; vingt-quatre à la seconde;

LA SCIÈNE CUROMIS.

LA SCIÈNE CHOKER.

deux rayons aiguillonnés et huit rayons articulés à celle de l'aous; la caudale arrondie; deux aiguillons à la pièce postérieure de chaque opercule; Le dos noir ; le ventre argenté.

Cinq rayons aiguillonnés à la première dorsale; vingt et un rayons articulés à la seconde ; un rayon aiguilionné et dix - sept rayons articulés à l'anale ; la caudale arrondie; deux aiguillons à la pièce postérieure de chaque opercule ; la forme générale cylindrique ; la tête, le dos, onze bandes transversales , et deux raies longitudinales, d'un brun plus ou moins foncé.

Dix rayons aiguillonnés à la première pageoire du dos ; un rayon aiguillonné et quatorze rayons articulés à la seconde; quatre rayonsaiguillonnés et huitrayons articulés à l’anale; un aiguillon à la première pièce de chaque opercule ; deux aiguilions à la pièce postérieure; le dos d'un rouge de cuivre; un grand nombre de taches rondes, blanches, et bordées de noir.

{ Sept rayons à la première dorsale ;

dix rayons à la seconde et à l'a-

naile; cinq rayons à chaque tho-

LA SCIÈNE UMBRE.

LA SCIÈNE CYLINDRIQUE.

LA SCIÈNE SAMMARA.

10. ‘ DA Ve racine ; la caudale arrondie; un LA SCIÈNE PENTADAC- aiguillon recourbé à la pièce an- AE térieure de chaque opercule; les ectorales trés-larges ; la ligue Étérale insensible, Six rayons aiguillonnés à la pre- T mière nageoire du dos; quinze

rayons arliculés à la seconde ; dix rayous à la nageoire de l'anus; la caudale uu peu arrondie; trois aiguilloréà La première el à

LA SCIÈNE RAYÉE,

DES POISSONS

ESFÉCES. CARACTÈRES.

la dernière pièce de chaque oper- 14 ; cule; la couleur générale noi- La SCIÈNE RÈVÉE. râtre; des raies longitudinales | blanches.

LA SCIÈNE ABUSAME !,

Pagrus. . . .? Cuv.; Sciæna Murdjan, var., Abusamf, Gmel. ; Sciæra Abusamf, Lac.?2.

La Sciène Coro 5, Pristipoma Coro, Cuv.; Sciæna Coro, BI., Lacep. 4. — Sciène ciliée, Upeneus chryserydros, Cuv.; Sciæna ciliata, et Mulius chryserydros, Lac, 5, — Sciène Heptacanthe, Upeneus cyclostomus, Cuv.; Mullus cyclostomus, et Sciæna heptacantha, Lac, 6,

Les sciènes ne differentdes bodians que par le nombre de leurs nageoires dorsales ; ellesen ont deux, pendant que l’on n’en voit qu’une sur les bodians ; elles ont done avec ces derniers le même degré d’affinité que les cheilodiptères avec les labres, les ostorhinques avec les seares, les diptérodons avec les spares, les centropomes avec les lutjans, et les persèques avec les holocentres.

Les habitudes de la sciène umbre, dont nous tâcherons de présenter quelques traits, nous donneront une idée de celles des autres seiènes. Mais l’umbre n'appartient qu’au second sousgenre de ces thoracins : avant de nous en occuper, jetons un coup d’œil sur les sciènes du premier sous-genre.

L'abusamf vit dansla mer d'Arabie, et le coro dans celle du Brésil.

Ce dernier poisson parvient à la longueur de quatre ou cinq décimetres ; les deux mâchoires sont aussi avancées l’une que l’autre ; la caudale brille de l’éclat de l’or. On pêche cette sciène dans toutes les saisons ; mais elle est peu recherchée, parce que sa chair est dure et sèche. Le prince Maurice de Nassau, Maregrave,

4 Forskael, Faun. Arab., p. 49, n. 55. —Sciène abu-samf, variété de la sciène murdjan. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

2 M. Cuvier remarque (Hist. des poiss., tome 11) que ce ne peut être que par erreur que le Sciæna abusam/f de Forskael a été regardé comme une variété du murdjan. Selon lui, ce serait plutôt un pagre (dans la famille des Acanthoptérygiens sparoïdes). Néanmoins , dans le tome 1V du même ouvrage, qui contient la description des Pagres, il n'en est fait nulle mention. D,

5 Corocoro, Corororäca, au Brésil. — Bloch, pl. 507, fig. 2,

4 Du genre PRISTIPOME, dans la famille des Acanthoptérygiens sciénoïdes. D.

5 Da genre UPENEUS, l’un de ceux que M. Cuvier range, dans un appendice, à la suite des Acanthoptérygiens percuides. M. de Lacépède a décrit deux fois ce poisson, 1° sous le nom de Mulle rougeor, et 2° de Sciéne ciliée. D.

5 Du même genre (Urungus) que l'espèce précédente. Voyez lanote5, D.

Pison, Willughby, Jonston , Ruyseh, Klein et Bloch, ont décrit ou fait dessiner le coro.

La ciliée et l’heptacanthe n’ont pas encore été décrites. Nous avons trouvé un individu de chacune de ces deux espèces parmi les poissons desséchés qui font partie de la collection hollandaise donnée à la France. Le tableau générique indique la forme remarquable des écailles de la ciliée. Disons de plus que ces écailles présentent la figure d’un trapèze : celles qui garnissent la ligne latérale offrent des arêtes disposées comme des rayons divergents ; d’autres écailles plus petites couvrent la base de la nageoire de la queue !.

LA SCIÈNE CHROMIS ?,

Pogoni:s Chromis, Cuv.; Labrus Chromis, Lion., Gel. ; Pogonias fasciatus, Sciæna Chromis, et Pogonalhus Courbina, Lac, ; Sciæna Furca, et Sciæna Gigas, Mitch. 5,

La Sciène Croker 4, Micropogon undulatus, Cuv.; Perca undulata, Lion., Gm.; Sciæna undalata, Lac, F, — Sciène Umbre 6, Corvina nigra, Cuv.; Sciæna Umbra, Linn,, Gm., Lac. 7. — Sciène cylindrique 8, Percis cylindrica, Cuv.; Bodianus Sebæ, Bl., Schn.; Sciæna cylindrica, Bl., Lac. ?. — Sciène Sammara®, Holocentrum Sammara, Cuv.: Sciæna Sammara, Forsk., Linn., Gm., Lac.; Labrus angulosus, Lac. 4. — Sciène pentadactyle, Sciæna pentadaetylus, Lac. 47, — Sciéne rayée #, Grammistes orientalis, Cuy.; Sciæna vittata, Perca triacantha, Perca pentacantha, Bodianus sex-lineatus, et Centropomus sex-lineatus, Lac.44

On peut voir dans Schneider 5 combien il est difficile de déterminer à quels poissons les an-

{8 rayons à la membrane branchiale de la sciène abusamf, 415 à chaque pectorale, { rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 17 rayons à la caudale. — 12 rayons à chaque pectorale de la sciène coro, À rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine , 16 rayons à là nageoire de la queue. — 15 rayons à chaque pectorale de la sciène ciliée, 4 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 15 rayous à la caudale. —16 rayons à chaque pectorale de la sciène heptatanthe, { rayon äiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, {9 rayons à la nageoïre de la queue.

2 Drum, dans la Caroline. — « Chromis subargenteus , « oblongus , etc. » Browne, Jam. 449. — Coräcinus brasiliensis. Rai, Pise. 96. — Gualucupa. Marcgrave, Brasil. 177, — Labre tambour. Daubenton et Hauy, Enc. méth. — 74. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

5 Du genre POGONIAS, dans la famille des Acanthoptérygiens sciénoïdes, Cuv. Ce poisson a été décrit trois fois par M. de Lacépède, sous les noms de 1° Pogonias fascé (p.177), 20 de Sciène chromis, et 5° de Pogonathe courbine. D.

44 Perca marina piunà dorsi divisà. » Calesby, Carol. 2, p. 5, tab. 5, Hg. 1. — Perseque croker. Dauben'on et Haüy Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

“Du genre MICHOPOGON , dars la famille de; Acanthoptérygiens sciénoïles de M. Cuvier. D.

6 Corbeau, Corp, Durdo, Vergo, dans plus. départ. de

ciens auteurs grecs et latins ont donné le nom de Chromis, ou Cromis. 11 nous semble qu'ils l'ont attribué à plus d’une espèce de ces animaux ; mais, quoi qu'il en soit, Linnée s’en est servi pour désigner un thoracin auquel nous avons cru devoir le conserver, quoique ce thoracin soit très-différent des espèces qui vivent dans la Méditerranée, que les anciens ont pu connaitre. Cette application que le grand naturaliste de Suède a faite du nom de Chromis à un osseux de l'Amérique, est venue de ce que ce poisson fait entendre une sorte de bruissement, qui a rappelé un prétendu son produit par le chromis des Grecs; et c'est ce même bruissement qui a fait nommer T'umbour cette sciène américaine. Elle vit dans les eaux de la Caroline et dans celles du Brésil.Ses mâchoires sont armées de petites dents; et sa couleur générale est argentée.

La Caroline est aussi la patrie de la sciène croker. Ce poisson a la gueule large; les mâ-

France. — Umhrina, en Sardaigne. — Corvo di fortiera, Curvo, en Italie. — Figaro, dans la Ligurie. — Schwartzurnber, en Allemagne. — Black-umber, en Angleterre. — Gnotidia, lorsqu'elle est très-jeune, Myllii, lorsqu'elle est moins jeune, Plutistakoi, lorsqu'elle est âgée, sur plus, côtes de la Grece, suivant Roudelet. — Mus. Ad. Frid. 2, p. 81 *. — « Sciæna nigro varia, pinnis ventralibus nigerrimis. » Artedi, gen. 59, syn. 65. — Kopaxtvos. Arist., 1, 5, c. 10; 1.5, c. 17; 1. 8. ©. 15, 19, 50; et 1. 9, c. 2.—7d. Ælian., |. 44, 2.25, p.855. — {d. Athen.. 1.7, p. 508. — Zd. Oppian., Hal, 1.1, p. 6.— Corarinus. Plia.,l. 9, c. 16 et 18; 1.5, c. 9; et]. 52, € 5et7.— Sciène noire corbeau de mer. Bloch, pl. 297. —- Coracinus. Petri Artedi, Synonymia piscium, etc., anctore J. G. Schneider, p. 101. — Sciène wmbre. Daubenton et Hsüy, Enc. méth, — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Corp. Rondelet, part. 1, 1, 5,c. S. — Gesner (Francfort, 4694), p. 29%. — « Coracinus niger Salviani. » Aldrov. (Bologne, 165$) lib. 1, cap. 15, p 75. — Coracinus Gesneri. 1d., 11,0. 15, p.74. — Jonston (Ains. 1657) Lib. 1, tit. 2, cap. 4, art. 14, tab. 13, fig. 4.

! Ce poisson, dont la synonymie a été confondue avec celle du Maig:e d'Europe (Sciæna Aquila, Cuy.), appartient au genre Corp. C'est le Corvina nigra, que M. Cuvier place dans la famille des Acanthoptérygiens sciénoïdes. D.

# Seiæna cylindrica. Bloch, pl. 299, fig. 1.

Du genre Pris, dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes, Cuv. D,

10 Forskael, Fann. Arab., p. 48, n. 55.

4 Du genre HOLOCENTRE, Cuv.; dans la famille des Acanfhoptérygiens percoïdes. Ce poisson a été décrit deux fois parc M. de Lacépède, 1° sous le nom de Labre anguleux, et 29 sous celui de Sciéne samiiara. D.

‘ Non mentionnée par M. Cuvier. D,

154 Aspro niger, lueis albis longitudinaliter pictus, » Com merson, manuscrits déja c tés.

‘4 Du genre GRhammisTe, dans la famille des Acanthoptérygiens percoïles, Cuv. M. de Lacépède a décrit ce poisson sons ciny noms différents, 49 Sciéne rayée, 2 Perséque Liiaranthe, S Perséque pentacanthe, 4 Bodian six-raies, 5° Centropome six-raies. D,

+ Ouvrage déia cité, p.98.

choires hérissées de plusieurs rangées de trèspetites dents ; une tache brune auprès des nageoires pectorales ; et sa longueur est souvent de près d’un mètre.

La sciène umbre a été souvent confondue avec notre persèque umbre. Il est cependant très-aisé de distinguer ces deux poissons l’un de l’autre. Indépendamment de plusieurs autres différences, la scièneumbre a les deux mâchoires i également avancées , et la persèque umbre a la mâchoire d’en haut plus longue que celle d’en bas. On ne voit aucun barbillon auprès de l’ouverture de la bouche de la première : la machoire inférieure de la seconde est garnie d’un barbillon. D'ailleurs la seiène umbre a des piquants sans dentelure aux opercules de ses branchies; la persèque umbre présente dans ses opercules comme la perche et toutes les véritables persèques, une dentelure etdes piquants. Elles appartiennent donc non-seulement à deux espèces distinctes, mais même à deux genres différents.

Nous n'avons pas cru cependant qu'il nous suffit de montrer les grandes dissemblances qui séparent ces deux thoracins : nous avons voulu rapporter à chacun de ces animaux les passages des auteurs qui ont trait à ses formes ou à ses habitudes, et qui ont été cités par les principaux naturalistes modernes ; nous avons tâché de rectifier les erreurs qui se sont glissées dans ces citations, particulièrement dans celles qui ont élé faites par Artédi et par les naturalistes qui l'ont copié. Les notes de cet ouvrage qui présentent la synonymie relative à cettesciène et à cette persèque, offrent le résultat de notre travail à cet égard. La sciene umbre est le poisson Corbeau, le oracin des Grecs, des Latins, et des naturalistes des derniers siècles : la persèque umbre est la véritable Umbre de ces mêmes auteurs. La première est aussi le Corp de Rondelet, et de plusieurs autres écrivains; et il aurait été à désirer que dans des ouvrages d’histoire naturelle très-recommandables, on n’eüt pas appliqué à la persèque umbre cette dénomination de Corp, qui n'aurait dû appartenir qu'à la sciène dont nous écrivons l'histoire.

Cette sciène a la tête courte, et toute couverte, ainsi que la base de la seconde dorsale, de l’anale etde la caudale, d’écailles semblables à celles du dos; chaque narine percée de deux orifices ; deux rangs de dents petites et poinitues à la mâchoire d'en haut, un grand nombre

DES POISSONS

de dents plus petites à celle d'en bas; les écailles

Dans les autres saisons , on les prend avece

finement dentelées; les thoracines très-noires; | plusieurs sortes de filets, ou on les péche avec

les autres nageoires noires avec un peu de jaune à ieur base; les côtés du corps et de la queue parsemés d’une tres-grande quantité de points noirs presque imperceptibles; etdes reflets dorés qui brillent au milieu des différentes nuances noirâtres dont elle est variée.

Z’est le beau noir dont l'umbre est parée, qui l'a fait, dit-on, comparer au corbeau, corax en grec, et la fait nommer Coracinus. Le poëte grec Marcellus, de Séide en Pamphylie, lui a donné le nom d’Argiodonte ‘, à cause de la blancheur des dents de ce poisson, que l’on avait d'autant plus observée, que la couleur générale de animal est noire.

Elle parvient à la longueur de trois ou quatre décimètres. Son canal intestinal n’est pas long ; mais son estomac est grand, le foie volumineux, et le pylore entouré de sept ou huit cœcums.

Elle habite dans la Méditerranée, et notamment dans l'Adriatique; elle remonte aussi dans les fleuves. On la trouve particulièrement dans le Nil, et il parait qu'elle se plait au milieu des algues où d’autres plantes aquatiques.

Aristote la regardait comme un des poissons qui croissent Le plus vite.

Les individus de cette espèce vivent en troupes. Les femelles portent leurs œufs pendant longtemps ; elles aiment à les déposer près des rivages ombragés , et sur les bas-fonds tapissés de végétaux ou garnis d’éponges ; elles s’en deébarrassent pendant l’été où au commencement de l’automne, suivant le climat dont elles subissent l'influence; et c’est pendant qu'elles sont encore pleines que leur chair est ordinairement le plus agréable au goût.

Plus l’eau de la mer ou celle des rivières est échauffée par les rayons du soleil , et plus elle convient aux umbres; aussi ces scienes, plus sensibles au froid que beaucoup d’autres poissons, s’enfoncent-elles dans les profondeurs de la mer ou des grands fleuves, des les premieres gelées de l'hiver. On ne peut alors les prendre querarementet difficilement ; et on ne peut même y parvenir dans ce temps de leur retraite, que lorsque leur asile n’est pas inaccessible à la traine * ou au boulier *.

4 Argos, en grec, signifie blanc.

3 Traine est un des noms du filet appelé seine. Voyez l'art. de la Raie bouclée.

* Le boulier est un filet dont on peut voir la description à l'art. du Scombre thon.

des lignes que l’on garnit souvent de portions de crustacée. Elles aiment en effet à se nourrir de cancres, aussi bien que d’animaux à coquille, et d’autres habitants des eaux, faibles et petits.

Dès le temps de Piine, les umbres du Nil étaient recherchées, comme l’emportant sur les autres par la bonté de leur goût. Toutes celles que l’on trouvait dans les fleuves, les rivières ou les lacs, étaient en général, préférées à celles que lon prenait dans la mer; et les jeunes étaient plus estimées que les plus âgées.

ans tous les pays où l’on en pêchait une très-grande quantité, on les conservait pour les transporter au loin, en les imprégnant de sel. Celles que l'on avait ainsi préparées en Égypte, recevaient des anciens Grecs, suivant le fameux philosophe Xénocrate, le nom particulier de Coraxidia ; et ces mêmes Grecs nommaient Tarichion coraxiNinon le garum que l'on faisait avec ces scièncs imbibées de sel. La variété de la seiène umbre, dont plusieurs auteurs ont parlé, et qui est distinguée par ses nuances blanches, était moins recherchée que les umbres ordinaires ou umbres noires. Au reste, il est bon de remarquer que l’on a vu dans l’espèce de poisson noir dont nous nous occupons, une variété plus ou moins blanche , de même que l'on voit des individus blanes dans les especes de mammiferes et d'oiseaux dont le noir est la couleur générale.

Suivant Bloch, on emploie maintenant, pour conserver les umbres que l’on a prises,une autre préparation : on les grille et on les met dans du vinaigre épicé.

Indépendamment du goût agréable des sciènes umbres, les anciens avaient un motif trèspuissant pour les pêcher ; ils s'étaient persuadés que ces poissons jouissaient de facultés très-extraordinaires ; ils ont écrit que des frictions faites avec ces scienes salées étaient un excellent remède contre la morsure du scorpion, et même contrele charbon pestilentiel et quele foie de ces osseux éclaireissait ou améliorait la vue.

La sciène cylindrique a la partie antérieure de la tète dénuée de petites écailles ; la bouche grande ; les lèvres grosses ; la mâchoire inférieure plus longue que la supérieure, et garnie, comme cette dernière, de dents petites et pointues; un seul orifice à chaque narine; les

écailies dures et dentelées; la ligne latérale droite ; l'anus plus proche de la tête que de la caudale ; la première dorsale noire ; les pectorales et les thoracines jaunes; la seconde nageoire du dos, l'anale et la caudale jaunâtres , et pointillées de noir.

La mer d'Arabie est la patrie de la sciène sammara. Ses côtés sont argentés, et présentent chacun dix petites raies longitudinales. Les pectorales sont rousses; les thoracines blanches ; la seconde nageoire du dos, l’anale et la caudale transparentes. De plus, les deux côtés de la caudale, le premier et le dernier rayon de l’apale, ainsi que le second et le troisième de la seconde dorsale, brillent d’un beau rouge ".

Commersen a vu dans les embouchures limoneuses des petites rivières de l’Ile de France, qui se jettent dans la mer et reçoivent un peu d’eau salée, la sciène à laquelle nous avons donné le nom de Pentaduclyle, où de poisson à cinq doigts, pour désigner les cinq rayons de ses thoracines. On sait que les thoracines ont été, en effet, comparées à des pieds, et leurs rayons à des doigts. La langue de cette sciène est lisse ?; l’aiguillon de l’opercule tres-petit dans les jeunes individus ; et la longueur ordinaire de l’animal, de quinze ou vingt centimetres.

Commerson a trouvé dans les mêmes eaux, ou à peu près, la sciene rayée. On voit une Lache blanche sur la première dorsale et sur les thoracines de ce poisson. La mâchoire supérieure est extensible, et plus courte que l’inférieure, au-dessous de laquelle on aperçoit un tres-petit barbillon. Les deux mâchoires sont garnies de dents très-courtes, et pressées comme

4 Nous n'avons pas vu d'individus de l'espèce de la sammara. Si, contre notre opinion, ce poisson avait les opercules dentelés, il faudrait le placer parmi les persèques.

248 rayons à chaque pectorale de la sciène chromis, 6 à chaque thoracine, 19 à la nageoire de la queue. — 6 rayons à la membrane branchiale de la sciène croker, 18 à chaque pectorale, 4 rayon aiguillonné et 5 rayons ar ticulés à chaque thoracine, 19 rayons à la caudale.— 6 rayons à la membrane branshiale de la sciène umbre, 45 à chaque pectorale, { rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine , 19 rayous à la nageoire de la queue. — 5 rayons à la membrane branchiale de la sciène cylindrique, 12 à chaque pectorale, 4 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoraeine ,45 rayons à la caudale. — 8 rayons à la membrane brancbiale de la sciène sammara, 15 à chaque pectorale, 20 rayons à la nageoire de la queue. — 6 rayons à la membrane branchiale de la sciène pentadactyle, 16 à chaque pectorale, 16 à la caudale, — 13 rayons à chaque pectorale de la sciène rayée, 1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 45 rayons à la nageoire de la queue.

HISTOIRE NATURLLLE

celles d’une lime. Les écailles sont très-lisses et très-petites. Cette sciène offre des dimensions à peu pres semblables à celles de la pentadactyle.

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