‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 329 sur 535 · LE MICROPTÈRE DOLO- MIEU · texte numérisé non relu

LE MICROPTÈRE DOLO- MIEU

LE MICROPTÈRE DOLOMIEU.

Micropterus Dolomieu et Labrus Salmoides, Lacep. 3.

Je désire que le nom de ce poisson, qu'aucun naturaliste n’a encore décrit, rappelle ma tendre amitié et ma profonde estime pour l’illustre Dolomieu , dont la victoire vient de briser les fers *. En écrivant mon Discours sur la durée des espèces, j'ai exprimé la vive douleur que m'inspirait son affreuse captivité, et l’admiration pour sa constance héroïque, que l’Europe mêlait à ses vœux pour lui. Qu'il m'est doux de ne pas terminer l'immense tableau que je tâche d’esquisser , sans avoir senti le bonheur de le serrer de nouveau dans mes bras!

Les microptères ressemblent beaucoup aux sciènes: mais la petitesse très-remarquable de leur seconde nageoire dorsale les en sépare ;

422 Dans let. II de la 2e édit. du Règne animal, M. Cuvier placele genre MicnoPrÈRE dans la famille des Acanthoptérygiens sciénoïdes et dans la division qui renferme les sciénoïides pourvus d'une seule nageoire dorsale et d'une ligne latérale continue, tels que ceux des genres LOBOTE, CHEÏLO- DACTYLE , ét SCOLOPSIDE. Ce genre MICROPTÈRE néaumoint n'est pas compris dans la description détaillée des Sciénoïdes qui compose Le tome V de L'Histoire naturelle des Poissons, et dans la préface de ce volume M. Cuvier fait connaitre qu'un nouvel examen qu'il a fait de l'exemplaire anique qui a servi à ia description de M. de Lacépède, lui a démontré que ce n'est autre chose qu'un GROWLER D'AMÉRIQUE Gristes Salmoides, où Labre Salmoide, Lac. (Acanth. percoïdes), dans lequel un accident à détruit quelques rayons mous de la dorsale, en sorte que les rayons qui suivaient semblent former une petite nageoire particulière. D.

5 mars 1801,

DES POISSONS

et c’est cette petitesse quedésigne le nom générique que je leur ai donné !.

La collection du Muséum national d'histoire naturelle renferme un bel individu de l'espèce que nous décrivons dans cet article. Cette espèce, qui est encore la seule inscrite dans le nouveau genre des microptères, que nous avons cru devoir établir, a les deux mâchoires , le palais et la langue, garnis d’un très-grand nombre de rangées de dents petiles, crochues et serrées ; la langue est d’ailleurs très-libre dans ses mouvements; et la mâchoire inférieure plus avancée que celle d’en haut. La membrane branchiale disparait entièrement sous l’opereule qui présente deux pièces, dont la premiere est arrondie dans son contour, et la seconde anguleuse. Cet apercule est couvert de plusieurs écailles ; celles du dos sont assez grandes et arrondies. La hauteur du corps proprement dit excède de beaucoup celle de l'origine de la queue. La ligne latérale se plie d’abord vers le bas , et se relève ensuite pour suivre la courbure du dos. Les nageoires pectorales et celle de l'anus sont très-arrondies ; la première du dos ne commence qu'à une assez grande distance de la queue. Elle cesse d’être attachée au dos de l’animal, à l’endroit où elle parvient audessus de l’anale : mais elle se prolonge en bande pointue et flottante jusqu'au-dessus de la seconde nageoire dorsale, qui est très-basse et très-petite, ainsi que nous venons de le dire, et que l'on croirait au premier coup d’œil entièrement adipeuse ?.

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