LE CHEVALIER AMÉRICAIN
Eques balteatus, Cuv. ; Eques americanus, BI., Lac. ; Chætodon lanceolatus, Linn. 5,
De même que le plus grand charme de l’art vient de la perfection avec laquelle il imite la
4Le mot centrolophe désigne les piquants et la crête de la nuque; centron, en grec, signifie aiguillon, et loghos, crête.
2 4 rayons à la membrane branchiale du centrolophe nègre, 17 à chaque pectorale, 6 à chaque thoracine, 21 à l'anale, 25 à la nageoire de la queue.
3.5 Le genre CHkvaLiER, Eques, de Bloch et de M. de Lacépède , est adopté pur M. Cuvier qui le place dans la familie des Acanthoptérygtens sciénoïdes. D.
4 Poisson rayé. — Poisson à rubans, de la Caroline. — Serrana, par les Espagnols de la Barbade. — Eques ameri-
nature, de même nous recevons souvent un plaisir particulier des ouvrages de la nature qui nous offrent ces sortes de singularité remarquable, de contraste frappant , de régularité recherchée, de symétrie rigoureuse, que nous présentent un si grand nombre de productions de l'art. Cette métamorphose, si je puis parler ainsi, ce déguisement, ou cet échange de qualités, nous donnent une satisfaction assez vive; et l’on dirait que notre amour-propre se complait, en les considérant, lans cette illusion qui lui montrerait d’un côte l’art s’élevant jusqu’à la nature, et de l’autre la nature descendant jusqu'à l’art.
Parmi les êtres organisés qui ne tiennent leurs ornements que des mains de cette nature aussi admirable par la variété que par la magnificence de ses œuvres, le poisson que nous décrivons doit principalementattirer les regards, comme ayant reçu pour sa parure des nuances et une distribution de couleurs, qu’on ne croirait pouvoir rapporter qu’au caprice, ou, si on l’aime mieux , au goût recherché de l’art.
En effet, au-dessus de la couleur d'or diversifiée dans ses tons , dont brille presque toute sa surface, on voit de chaque côté trois bandes d’un beau noir, lisérées de blane, et qui, par cette bordure tranchante, se détachent davantage du riche fond qui les entoure. La première et la moins large de ces bandes est transversale, un peu courbe, et passe au-dessus du globe de l’œil; la seconde s’étend, en serpentant un peu, depuis le sommet de la tête jusqu'aupres de la base desthoracines; latroisième, qui est la plus large, commence à l'extrémité supérieure de la première nageoire dorsale, descend obliquement vers la tête, se recourbe vers la queue lorsqu'elle est parvenue au dos de l’animal, s'avance ensuite longitudinalement jusqu’à la caudale, au bout de laquelle elle parvient sans s’affaiblir. Six autres bandes brunes et inégales relèvent le jaune doré de la nageoire du dos, et se répandent de chaque côté sur le dos du poisson. L'iris est orangé. Cet assortiment de couleurs, et surtout les trois longues bandes noires et bordées de blane, font paraître l’américain comme décoré de rubans, ou de cordons de chevalerie ; et c’est ap-
canus. Bloch, pl. 547. — Guaperva. Edw. Av. tab. 20. — Chétodon guaperve Daubenton et Haüy, Enc. méth. —/d. Bonnaterre, pl. de l'Euc. méth.
DES POISSONS
paremment cette disposition de nuances qui a suggéré à Bloch le nom générique de ce thoracin.
La tête est petite et comprimée; le museau arrondi; l’oritice de chaque narine double; le corps élevé, la queue beaucoup moins haute; la ligne latérale droite.
Ce beau poisson vit dans les eaux de la Caroline, de la Havane, de la Guadeloupe, et d'autres pays du nouveau continent ‘.