‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 364 sur 535 · générale d'un vert melé de jaune · texte numérisé non relu

générale d'un vert melé de jaune

LE POMACENTRE CROIS- et se brun; unr tache noire eten

SANT. forme de croissant sur chaque œil; une autre tache noire placée obliquemen' depuis le haut de l'ouverture branchiale jus jue vers le milieu du dos, rt reufermée entre deux raies dorées.

ESPÈCES

LE POMACENTRE PAON"*,

Pomacentrus Pavo, Lac., Cuv. ; Chætodon Pavo, Lino, Gmel. ; Holocentrus diacanthus , Lac. ?.

ET LE POMACENTRE ENNÉADACTYLE®.

Scolopsides Vosmeri? Cuv.; Pomacentrus cnneadactylus, Lace. 4.

Ce nom de Paon, en rappelant les belles contrées des Indes orientales , d’où les voyageurs ont apporté dans l'Asie-Mineure et ensuite dans la Grèce l'oiseau que la mythologie consacra à Junon, et dont la philosophie fit l'emblème de Ja vanité, retrace aussi les couleurs brillantes contrastées ou fondues avec tant de variété et de magnificence sur les plumes soyeuses de cet aiseau privi'égié. Ce double souvenir a engagé, sans doute, le célèbre Bloch à donner au poisson que nous allons décrire, le rom de Paon que nous lui conservons. Ce pomacentre vit en effet dans les eaux desGrandes-Indes, et ses nuances sont dignes d’être comparées à celles de l’oiseau que les poëtes ont attelé au char de la reine des cieux. Ce n’est pas que ses teintes soient aussi diversifiées qu’on pourrait le eroire d'apres le nom de Paon. En effet. elles se réduisent à un jaune plus ou moins foncé qui fait le fond, et à des raies ou taches bleues qui composent la broderie : mais ce jaune a par lui-même l’éelat de l’or ; et ce bleu, distribué en petits rubans transversaux ou en gouttes irrégulières sur la téte, le corps , la queue et les

tre paon); toutes les autres se rapportent à ses genres SCO- LOPSIDE, DIACOPE, MEROU, Et CHETONON. D.

+5 Chélodon paon de l'Inde. Blocb, pl. 198, fig. 1. —Jd. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

2 Du genre POMACENTRE, Cuv., dans la famille des Acañthoptérygiens scienvides. M. de Lacépède à décrit ce poisson deux fois; sous les noms 1° d'Hulocentre diacanthe, et 2° de Poma-entre Paon. D.

4 Selon M. Cuvier, des individns secs de la Scolopside de Vosmavr où Lutjan galon d'or de M. de Lacépède ont vraisermblabiement servi à établir l'espèce du Pomacentre ennéadactyle, qui ainsi devra être supprimé. D.

DES POISSONS

nageoires de l'animal, oftre des compartiments : des plus gracieux, au milieu desquels on croit apercevoir un grand nombre de petits yeux analogues à ceux de la queue du paon. D'ailleurs toutes ces couleurs sont très-mobiles; et pour peu que le poisson se livre à quelques évolutions auprès de la surface des eaux et sous un soleil sans nuages, on les voit se mêler à des reflets qui, paraissant et disparaissant avec la rapidité de l'éclair, dont ils ont, pour ainsi dire, l'éclat éblouissant, réfléchissent tous les tons de l'iris, chatoient avec une merveilleuse variété, et ne laissent désirer dans la parure da pomacentre, ni la magnificence que donne un grand nombre de couleurs, ni le charme que peut faire naître la diversité des images suecessives.

Au reste, l’ensemble du paon est plus allongé que celui de presque tous les poissons de sou genre; chacune de ses narines n’a qu’un orifice; sa ligne latérale est interrompue ; et un appendice très-dur, triangulaire et allongé, est placé à côté de chaque thoracine.

Le pomacentre ! ennéadactyle a le corps allongé; la mâchoire supérieure un peu pius avancéeque l’inférieure ; la ligne latérale très-courbe jusque vers l'extrémité de la queue, où elle est | très-droite ; une rangée d’écailles plus petites que celles du dos, le long de cette même ligne latérale ; les écailles du dos et des côtés, grandes, arrondies et ciliées; presque tous les rayons aiguillonnés de la dorsale et de la nageoire de l'anus, aplatis, longs et très-forts. L’individu de cette espèce que nous avons décrit, faisait partie de la collection de poissons secs donnée à la France, avec d’autres collections d’histoire vaturelle , par la Hollande *.

4 Pomacentre désigne la dentelure de l opercule, poma, en grec, signifiant opercule , et centron, pointe ou piquant.

2 4 rayons à la wembrane branchiaie du pomacenire paon, 43àa chaque pectorale, 4 rayon aiguillonné et à rayons arlicue lés àchbaque thoracine , 16 rayons à la nugeoire de la queue. — 48 rayons à chayne pectorale du pomacentre ennéadactyle, 47 rayons à Ja caudale,

LE POMACENTRE BURDI !,

Diacope miniata, Cuv.; Perca miniata, Forsk., Linn,. Gmel.; Pomacentrus Burdi , Lac. ?.

Le Pomacentre Symman ‘, Scrranus Summena, Cuv. ; Perca Summana, Forsk., Lion., Gmel.: Pomacentrus Summana , Lac. 4. — Pomacentre Filament 5, Chætodon setifer, BL, Cuv.; Pomacentrus setifer, Lacep. 6, — Pomacentre f'aucille 7, Chætodon Falcula, Bloch, Cuv. ; Pomacentrus Falcula, Lac. #. — Pomacentre croissant *, Chætodon frontalis, Cuv.; Pomacentrus Lunula, Lac. #°.

Nous allons indiquer quelques particularités relatives à ces cinq pomacentres.

Les eaux de la mer d'Arabie nourrissent les deux premiers, que Forskael a vus parmi les coraux qui bordent les rivages de cette mer.

La couleur générale du burdi est écarlate.

mais, dans plusieurs individus de cette espèce, elle est brune ou d'un rouge vif; et cette différence a paru assez constante à Forskael , pour qu’il admiît dans l'espèce du burdi deux variétés permanentes reconnues d’ailleurs par les Arabes, qui nomment la première Belah, et la seconde Nagen. Les taches bleues de l’une ou de l’autre de ces deux variétés sont bordées quelquefois d’un brun foncé; ce qui leur donne quelque ressemblance avec une pruneïle entourée de son iris.

Les burdis ont presque tous au-dessus des yeux une tache composée de deux lignes qui, par leur position, représentent la lettre V. Leurs lèvres sont épaisses ; la supérieure est extensible, mais plus courte que l’inférieure. Chaque narine n'a qu'un orifice, et cette ouverture est tubulée ; les écailles sont petites , striées et ar-

4 Forskael , Faun. Arab., p.41, n, 44.— Perséque burdi. Bounaterre, pl. de l'Euc. méth.

3 Du genre Diacore , dans la famille des Acanthaptéry giens percoïdes, selun M Cuvier. D.

5 Forskael , Faun. Arab., p. 42, n. 42. — Perségue sym= man. Bonuaterre, pl de l'Enc. méth,

4 Du genre MEROU, Serranus, Cuv., dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes. D.

5 Chétodon selon. Bloch, pl. 425. fig. 4.

# Du sous-genre des CHÉTODONS proprement dits, dans le grand genre CHETODON, Cuv. (famille des Acauthoptérygieu» squamipenues). D.

5 Chétodon faucille. Bloch, pl. 425, fig. 2.

# Du sons-geure des CHETODONS proprement dits, dans le genre CHETODON. D.

9 « Chætodou e viridi flavo fuscescens , fasciâ nigrâ lnnu= « lata, supra utrumque oculum extensà ; laterali alter a «pionis pectoralibus ad medium dorsum obliquatâ, di- « dymä, etc. » Commerson, mauuscrits déjà cités.

40 Du sous-geure des CHETOUONS proprement dits, dans le grand genre CHETODON (famille des Acanthoptérygiens

sauamipenues).

rondies. La chair de ces poissons est agréable au goût.

Le symman a de très-grands rapports avec le burdi : il est ordinairement d’un gris-brun; Forskael a regardé comme une variété constante, les individus de cette espèce dont la couleur généraleest bleuâtre avecdes taches bleues, et comme une seconde variété, ceux qui montrent des taches d’un brun jaunâtre sur un fond d’un gris blanchâtre.

Une sorte de bandeau noir bordé de blanc décore la tête du pomacentre filament , et passe sur chaque œil : des raies rouges traversent en différents sens les côtés de l'animal, dont la couleur générale est jaune; une raie noire borde l’extrémité de la caudale, de la nageoire du dos, et de celle de l'anus, qui sont couvertes presque en entier de petites écailles ; le corps et la queue sont garnis d’écailles un peu plus grandes que ces dernières, et, de plus, dentelées et très-fortes.

La faucille n’a qu’un orifice à chaque narine. Sa tête, ses opercules, etses nageoires du dos, de la queue et de l’anus, sont revèêtus de petites écailles ; celles qui couvrent le corps et la queue sont grandes, dures, dentelées, et fortement attachées à la peau. Un appendice écailleux, allongé et triangulaire, est placé auprès de chaque thoracine , ainsi que sur le poisson précédent. La couleur générale est blanchâtre, et diversifiée par une bande noire et bordée de blanc qui passe sur chaque æil, par une bande semblable qui traverse la queue par une raie noire, large ou étroite, qui termine la caudale, la dorsale , l’anale et les opercules , par dix ou onze bandes transversales, courbes , étroites et brunes, qui règnent sur chaque côté de l’animal, et enfin par un petit liséré noir que présentent un grand nombre d’écailles.

Ce thoracin habite auprès de la côte de Coromandel.

Nous avons donné le nom de Croissant, à un autre pomacentre dont nous avons trouvé la description dans les manuscrits de Commerson. Il montre une tache noire de chaque côté de la queue, une bande transversale noire sur la caudale , une raie noire à l'extrémité de Ja dorsale et de l’anale , quelques raies longitudinales pourprées et placées sur le ventre, un iris verdâtre bordé de noir à l’extérieur et d'or à l’intérieur, une nuque élevée, un museau

courte que l’inférieure , une langue très-petite . un appendice membraneux et pointu à la seconde pièce de chaque opercule, et un autre appendice écailleux et allongé à côté de chaque thoracine ‘. Nous n'avons rien trouvé, dans les manuscrits de Commerson, de relatif à la forme de la caudale. Si, contre notre présomption, cette nageoire est échancrée, le Croissant doit être placé dans le premier sous-genre des Pomacentres.

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