LES SÉLÈNES
L'ensemble du poisson très-comprimé, et présentant de chaque côlé la forme d'un pentagone ou d’un tétragone; la ligne du front presque verticale ; la distance du plus haut de la nuque au-dessus du museau, égale au moins à celle de la gorge à la nageoire de l'anus ; deux nageoires dorsales ; un ou plusieurs piquants entre Les deux dursales ; Les premiers rayons de La seconde nageoire du dos s'élendant au moins au dei de d'extrémilé de la queue.
PREMIER SOUS-GENRE
La nageoïre de la queue, fourchue, ow échancrée en croissant.
CARACTÈRES
Quatre rayons aiguillonnés à la premiere nageoire du dus; dixse L rayons à la srconde ; dix
: huit rayons à la uageoire de l’a-
TL sas nus ; ‘eatréwilé de la queue,
LA SÉLENE ARGENTÉE. cylindrique, et prolonzee au
milieu de la caudale, qui est
très-foutchne; la couleur géné rale à geutée.
ESPÈCE
3 Amænit. Acad. 4, p. 249. — Chétodon argenté. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth,
2 V. la note 5 de la page précédente, D,
5 Schr. der Berln. natuif, ges, 5, p. 459
4 Du sous-g nre HOLAGANTHE , daus le grand genre CHÉTO- DON, Cuv. (fumille des Acanthoptérygiens squamipennes). M. de Lacépede a décrit eux fois ce poisson, 4° sous le nom d’Holacanthe duc ; 2 sous celui d' Acanthopode Bodduert. D.
56 rayons à la membrane branchiale de l'acanthopode argenté, 14 à chaque pectorale, 16 rayons à la nageoire de la uuene.
° N. Cuvier supprime le genre SÉLÈNE, qui est formé de
SECOND SOUS-GENRE
La nageoïre de la quew. rectiligne, où arrondie, et sans
échancrure.
ESPÈCE. CABACTÈRES.
Quatre on cCing piqnants entre chaque uagecire dorsale; l'extré- 2 mité de la queue cylhuarique ; L3 Ds >» ; caudate rectiligne; la partie pos- La PRE ES, térieure du poisson terminée, en
haut ete bas, par un angle presque droit; la couleur géuérale cendrée.
LA SÉLÈNE ARGENTÉE !.
Argyreyosus Vomer, Cuv.; Abacatuia, Maregr.; Selene argentea, Lacep. ?.
Plumier a laissé un beau dessin de ce poisson dont aucun naturaliste n’a encore publie la description, et dont la figure se trouve dans les peintures sur vélin du Muséum d'histoire naturelle. On a comparé sa forme générale à celle d’un disque ou de la lune ; et voilà pourquoi on lui a donné, dans l'Amérique méridionale, et dans quelques autres contrées du nouveau continent, le nom de Lune que rappelle la dénomination générique de Selène*, par laquelle nous le désignons. Néanmoins cette forme générale n’est pas celle d’un disque ; elle ne ressemble à celle de la lune que lorsque l'animal est vu de loin : ele est celle d'un véritable pentagone; et cette figuie est d'autant 7lus remarquable, qu'un des côtés de ce pentago, termine la partie antérieure du dos, qui dés lors est rectiligne, au lieu d’étre plus ou moins courbé dans le sens de la tête à la queue, comme le dos de presque tous les poissons. L'ouverture de la bouche n’est pas grande; on ne voit à chaque narine qu'un orilice, lequel est très-allongé ; l’œil est gros, et la prunelle large; la premiere dorsale petite et triangulaire; la seconde tres-étendue
deux espèces, dont il rattache l’une au sous-genre ABGY- HEYOSE dans le geure VOMK«R (Acanthop. scumihéruïdes), et l'autre au sous-genre CAVALIER, Ephippus, daus le grand geure CHETODON Acanthop. squamiprnes). D,
{ Guaperva Marcyraviü, vulsù la lune. Plumier, péintures sur vélin , déja citées. — Nota. Où verra facilement combien ce nom vulgaire de Guapervi a été appliqué à plusieurs e-peces de chétodous, ou de poissons d'un autre geure *.
2Selun M. Cuvier, la Sélène argentée n'est qu'un 4rgyreyose vomer, Où Abucatuia de Marcgrave, dont la première dorsale et Les veutrales étaient usées. Voyez la nute& cravant. D.
5 Sélène, en grec, signifie lune.
* Cette description citée du GuarerRva de Marcgrave n'est pos celle de la sélène de cet article ; mais elle se rapporte au POMACANTuUS renva de M. Cuvier, dans le grand genre CHÉTODON. D.
et en forme de faux, ainsi que l’anale, dont les, CENT QUARANTE-CINQUIÈME GENRE.
premiers rayons sont cependant moins longs que ceux de la seconde nageoire du dos. Les pectorales sont grandes et un peu en forme de faux; mais chaque thoracine est très-petite.
L'opercule n’est composé que d’une seule lame; la ligne latérale s'élève et se recourbe beaucoup ensuite. Les écailles qui revêtent l'animal ne sant que très-difficilement visibles; et néanmoins toute sa surface brille, au milieu des eaux, d’un éclat argenté et doux, assez semblable à celui de la lune dont il porte le nom. L'iris resplendit comme une belle topaze, des reflets verdâtres et violets paraissent sur toutes les nageoires.
LA SÉLÈNE QUADRANGULAIRE !.
Ephippus Faber, Cuv.; Chætodon Faber, Brouss., BL., Lac.; Chætodon Plumieri, Bl.? Zeus quadratus, Linn., Gmel., Selene quadrangularis, Lac. ?.
Sloane a décrit et fait représenter ce poisson dans l'Histoire naturelle de la Jamaïque. Ce thoracin a été inscrit jusqu’à présent dans le genre des Zées; mais il est évident qu’il appartient à celui des Sélènes que nous avons cru devoir établir, et qu’il ne présente pas les caractères qui doivent distinguer les véritables zées.
La longueur de la sélène quadrangulaire est de cinq pouces anglais, et sa hauteur de quatre ; la figure que chacun de ses côtés présente , est bien indiquée par le nom spécifique qu’elle porte. L'ouverture de sa bouche est très-petite; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure, et garnie, comme cette dernière, d’une rangée de dents courtes et menues ; la langue arrondie dans une partie de son contour, et cartilagineuse ; la première dorsale très-etroite, et longue d’un pouce et demi anglais ; la seconde triangulaire; la nageoire de l'anus ésale par son étendue, semblable par sa forme, et analogue par sa position, à cette seconde nageoire du dos; la ligne latérale très-courbée; et la couleur générale relevée par trois ou quatre bandes obliques et noires.
4 Pilot-fish. — « Faber marinus ferè quadratus. » Sloane, Jam. 2, p. 290, n. 5, lab. 251, fig. 4.— Doré quadrangulaire. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Raï, Pisc., p. 460.
? M. Cuvier regarde ce poisson comme ne différant pas de son Eyhippus Faber, c'est-à-dire qu'il le place dans le sous-genre CAVALIER, l'un de ceux du grand genre CKETO- DON (famille des Acauthoptérygiens squamipennes). D.
LES ARGYRÉIOSES.
| Le corps et la queue très-comprimés ; une seule nageoîre corsule; plusieurs rayons de celte nageoïre terminés par des filaments très-longs, ou plusieurs piquants le long de chaque côté de la nageoïre du dos ; une membrane verticale placée transversalement au-dessous de la lèvre supérieure; les écailles très-pelites ; les thoracines très-allongées; des aiquillons au-devant de la nageoïre du dos et de celle de l’anus.
CARACTÈRES
/ Orze rayons aiguillonnés et vingt et un rayons articulés à la dorsile ; un rayon aiguillonné et vingt rayous arlieules à la nageoire de l'anus ; deux aignillons au devant de l'anale et de la nageoire du dos; la caudale fourchue.
ESPÈCE
L'ARGYBEIOSE VOMER.
L'ARGYRÉIOSE VOMER !.
Argyreiosus Vomer, Lac., Cuv.; Abacaluia, Marcg.; Zeus Vomer, Linn. ?,
Les eaux chaudes du Brésil, et les eaux froides qui baignent la Norvége, nourrissent également cetargyréiose; et c’est une nouvelle preuve de ce que nous avons dit, lorsque nous avons exposé, dans un Discours particulier, les effets de l’art de l’homme sur la nature des poissons. La grandedifférence qui séparele climat glacial de la Norvége et le climat brûlant du Brésil, n’influe pas même d’une manière très-sensible sur les individus de cette espèce d’argyréiose vomer. Leurs formes sont semblables dans l’hé. misphère nord et dans l’hémisphère austral. Ils sont, et près du pôle arctique, et près du tropique du capricorne, également parés d'une belle couleur argentine répandue sur presque toute
4 Argyreios, en grec, signifie argenté. — Pflugschaar, par les Allemands. — Silver skrabha, par les Suédois. — Solopletter, et guldfisk, par les Norvégiens. — Zilverfisch, par les Hollandais. — Larger silver fish, à la Jamaique. — Guaperva abacatuajarana , au Brésil. — Doré le coq. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre , pl. de l'£Enc. méth. — Mus. Adolph. Fr. 1, p. 67, tab. 51, fig. 2.— Bloch, pl. 195, fig. 2. — Manuscrits du prince Maurice de Nassau, — « Zeus caudà bifurcà, etc. » Muller. Prodr. Zool. Danic.. p. 44, n.570.— « Tetragonoptrus squamulis pinnisque « splendentis nigri, etc. » Klein, Miss. pisc. 4, p.58, n.7,8, tab. 12, fig. 4. — « Rhomboïda major alepidota. » Browne. Jam., p. 453, n. 2. — Marcg, Brasil., p.145. — Willughby, Ichthyol.. t. O, 1, fig. 4. — Jonst., de Piscib., p. 178, tab. 52, fig. 5.— Ruysch, Theat, anim. {, p. 124, tab. 52, fig. 5.
2 Du sous-genre ARGYRÉIOSE, dans le grand genre VOBEB de M. Cuvier. Famille des Acanthoptérygiens scomhéroïdes,
DES POISSONS
leur surface, et rendue plus agréable par un beau bleu étendu sur toutes leurs nageoires ; seulement des reflets d'azur ondulent au milieu des teintes d’argent des vomers du Brésil, pendant que des tons de pourpre distinguent ceux de la Norvéce.
Les uns et les autres se nourrissentde crabes et d'animaux à coquilles; et comme ils trouvent en très-grande abondance de ces crustacés et de ces mellusques sur les rives de la Norvége, aussi bien que sur celles du Brésil, ils vivent avec une égale facilité dans les mers de ces deux contrées. Ils y parviennent à la même longueur, qui est celle de quinze ou seize centimètres. Leurs muscles sont peu volumineux ; leur chair est de bon goût en Europe et en Amérique ; et leurs habitudes étant semblables dans l’ancien et dans le nouveau continent, on y emploie les mêmes procédés pour les pêcher :
on les prend non-seulement au filet, mais encore à l'hamecon.
Au reste, tous les vomers ont la dorsale deux fois découpée , et l’anale une fois échancrée en forme de faux ; le second rayon de l’anale , et surtout le second et le troisième rayons de la vageoire du dos, assez prolongés pour dépasser les pointes de la caudale; des thoracines dont la longueur égale celle du corps et de la queue pris ensemble ; des écailles très- difficilement visibles; la nuque et le dos très-élevés ; la mâchoire inférieure plus longue que celle d’en haut, et garnie, comme cette derniere, de dents petites et pointues; un seul orifice à chaque narine ; et la ligne latérale tres-courbée,
On remarquera aisément les rapports qui lient le vomer avec la sélène argentée, et d’après lesquels les habitants du Brésil ont donné le nom vulgaire de Guaperva à ces deux animaux ‘.