‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 447 sur 535 · CENT QUATRE-VINGT-SIXIÈME GENRE · texte numérisé non relu

CENT QUATRE-VINGT-SIXIÈME GENRE

LES ÉSOCES ?.

L'ouverture de la bouche grande; le gosier large; les mdchoires garnies de dents nombreuses, fortes el pointues; Le museau aplati; point de barbillons ; l’opergule el l’orifice des branchies très-grands ; le corps et La queue très-allongés et comprimés laléralement ; les écailles dures; point de nageoire adipeuse; les nageoires du dos et de l'anus courtes; une seule dorsale; celte dernière nageoire placée au-dessus de l'anale, ou à peu près, el beaucoup plus éloignée de la lêle que Les ventrales.

PREMIER SOUS-GENRE

La rageoire de la queue fourchue, ou échancrée en croissan£.

CARACTÈRES

Vingt rayous à la nageoire du dos;

dix-sépt à celle de l'auns ; quinze

à la membrane des branches ; la

F 4 tête comprimée; le musean très-

L'EsOCE BROCHET. aplati; L'entre-deux des yeux et la nuque élevés et arrondis; la dorsale, l'auale et la candale brunes, avec des taches noires,

Seize rayous à la vageoire du dos; douze à la anenilrane des branchies ; huit à chique veutrale ; la tele com,rimée ; le rmu-ean trésaplai; l'entre-deux des yeux et La nuque elevés et arrondis; la niûchoire d'en haut plus courte que celle d'en bas.

; Vingt rayons à la nageoire du dos ; trois à l'anale; quatorze à la membrane drama la dorsile et la mageoire de l'anus, un pen en forme de faux; la tête petite;

x 3. la mâchoire iuférieuce un peu

L'ESOC& BELONE. plus avancée que celle d'en haut;

ces deux mäâchoires très-etroiles, et deux fois plus lougues que la tète proprement dite; le corps et la uueue très déliés et serpeutiformes.

Lecorps et la queue très-déliés; la

couleur géué.ale brune ; de: ta-

che: jaunes et forme üe lettres.

Un rayon aiguillouné et quatorze rayons articulés à la nageoi e du ds; ua rayon aiguiloone et quatorze rayons articulés à la na-

ë 3. geoire de l'anus : quatorze rayons L'ESOCE GAMBARUR. a La tuembrune des brauchies: la mächoire mfériewre six fois plus loungne que la supérieure ; uüe raie longitudinale et argentée de

chaque côté de l'animal,

ESPÈCES

L'ÉSOCE AMÉUICAIN.

L'ÉSOCE ARGENTÉ. {

445 ou 16 rayons à chaque pectorale du Notacanthenez, 2rayons aiguiilounés et 8 rayons articulés à chaque ventrale, plas de 80 rayons articulés à la nageoire de l'anus et à celle de la queue réunies.

3 Le genre Ésoce est le type d'une famille particulière dans l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux, selon M. Cuvier. LPS

ESPÈCES. CARACTÈBES.

Quitorze rayons à \a dursale; douze à l'aule; juaiorze à la merhbrauq branchaie; ta imachoirenrérieure lecnnnée Par Une prolongation 6. FRE : Sopure * EL S pt ou F4 ait lois plus longue que Là mä- L'ESOCE ESPADON. dite en haut; Ta ete ltérale située resp és uu dessus du Cris el de la queue, dont elle suit là courbure iuféricuie; des baudes transversales.

! Treize ravons à la nageoire du dos; : Jinsl six à celle de l'anus; sept CON E à chaque ventrale; les den: ma L'ESOCE TÉTE-NUE, cos égacment avancées; la té e denuée de petil s écailles.

La mächoire infériure plus avancee que ceke deu haut; les dents longues et cr chues ; 14 nageotre du dos plus courte que ceile de l'anus; Ces deux nagro res falciformes; Les ventral s tres-pétités; point de petites ecailles sur la tele, ni sur les opercu es ; tu piquaut tres-fort, long, et dégagé, au-dessus ue la base de chuque pectorale.

L'ÉSOCE CHIROCENTRE.

SECOND SOUS-GENRE

La nageoire de la queue arrondie ow rectiligne, et sans

échancrure.

Onze rayons à la naveoire dn dos; dix-sept à L'anale; la caudale ar- Hat roudie; la machoire isfrrienre L'ESOCE VERT. plus avancée qne la supérieure; les écailles minces: la couleur

générale verte ou verdätre.

L'ÉSOCE BROCHET !,

Esox Lucius, Linu. Bloch., Lae., Cuv. ?.

ET L'ÉSOCE AMÉRICAIN ©.

Esox Lucius, var. B. Linn., Gmel. ; Esox Americanus, Lacep. 4.

Le brochet est le requin des eaux douces; il y règne en tyran dévastateur, comme le requin

+ Lançm, Lanreron, quand il est très-jenne.—Poignard, quan il est d'une grosseur moyenne. — Carreau., quand il est plus gros. — Brquet, Bech t. Lucs, Lupule, dans quelques départ. de France. — Luccio, Luzso, en Italie. — Trégle, à Malte, — Grashecht (quand bu'a qu'un in), Hecht,en Allemazine. — S/ukha, Csuka, en Hongrie, — Szuk, Szulia, eu Poiugne.— Zurcha, chez les Caliiouques. — Tschortau, en Tatarie.— Aug, en Livonie. —Tschuk, Tschua, Scehecre tan, Scheschuk, en Russie, — Giadde, en Suese. — Gidde, en Danemarck. — Sroek, Geepvisch, en Hollan e — Pike, Pikerelle. en Angleterre, — Ka mas, au Japon.— Ésoce bro= chet. Daubenton et Haüy. Enc. méth. — /4 Bonnaterre, pl, de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 32. — Fanu. S ec. 55. — Meéiding. 4. pise. Austr , L 40. —-« Esox rostro plagioplateo.» Arledi, gen. 10, spec. 55, syn. 26. — Lurius. Auson. Mos. v. 122. — Id. Wattou, L. 8, €. 190, fol. 489. — Brochet, Ron délet, poissons de rivière, €. 44. — Zæuciws. Salvian., fol. 94, b. 95. — Id. Gesn., p. 500, 5304, et (germ.) 175.0. —/Jd. Schonev., p. 44. — 1d. Aldrow., 1 à, ©. 39. p.650. 653. — /d. Junston., 1.5, 1.5, c. 5, c. 29, fig. 4. Thaum., p. 417. — /d, Clarleton, p. 162.—Willughby, p.256,— /d. Rai. p. 112. Grouov. Mus. 4, p.28. — Bélou, Aguat., p. 292. it. p. 104,

au milieu des mers. S’il a moins de puissance, il ne rencontre pas de rivaux aussi redoutables; si son empire est moins étendu , il a moins d'espace à parcourir pour assouvir sa voracité; si sa proie est moins variée, elle est souvent plus abondante, et il n’est point obligé, comme le requin, de traverser d'immenses profondeurs pour l’arracher à ses asiles. Insatiable dans sesappétits , ilravage avec une promptitudeeffrayante les viviers et les étangs. Féroce sans discernement, il n'épargne pas son espèce , il dévoreses propres petits. Goulu sans choix , il déchire et avale, avec une sorte de fureur, les restes mêmes des cadavres putréfiés. Cet anima! de sang est d’ailleurs un de ceux auxquels la nature a accordé le plus d'années : c’est pendant des siècles qu'il eflraie, agite, poursuit, détruit et consomme les faibles habitants des eaux douces qu'il infeste ; et commesi, malgré son insatiable cruauté , il devait avoir reçu tous les dons , il a été doué non-seulement d’une grande force , d'un grand volume, d'armes nombreuses, mais encore de formes déliées, de proportions agréables, de couleurs variées et riches.

L'ouverture de sa bouche s'étend jusqu’à ses yeux. Les dents qui garnissent ses mâchoires sont fortes, acérées et inégales : les unes sont immobiles, fixes et plantées dans les alvéoles ; les autres, mobiles, et seulement attachées à la peau, donnent au brochet un nouveau rapport de conformation avec le requin. On a compté sur le palais sept cents dents de différentes grandeurs, et disposées sur plusieurs rangs longitudinaux, indépendamment de celles qui entourent le gosier. Le corps et la queue, très-allongés, très-souples et très-vigoureux , ont depuis la nuque jusqu'à la dorsale, la forme d’un prisme à quatre faces dont les arètes seraient effacées.

Pendant sa première année, sa couleur générale est verte; elle devient, dans la seconde année, grise et diversifiée par des taches pâles, qui, l’année suivante, présentent une nuance d’un beau jaune. Ces taches sont irrégulières, distribuées presque sans ordre, et quelquefois

Brochel. Camper, Mém. des sav. étr., 6, p. 177. — Pike. Brit. Zool. 5, p.270, n. 1. — Bruchet. Valmont de Bomäre, Dict. d'hist. nat.

3 Le Brochet forme le type du sous-genre des BROCHETS, dans le grand genre du meme nom. D.

3Schæpf. Naturf. 20, p. 26.

4 L'Ésoce américain décrit dans cet article est peut-être une des deux especes des États Unis qui ont été nommées, par M. Lesueur, Esox relicularis et Esox Eston, Act. de l'Ac. des Sc. nat. de Philadelphie, tome I. D.

si nombreuses qu’elles se touchent et forment des bandes ou des raies. Elles acquièrent souvent l'éclat de l'or pendant le temps du frai, et alors le gris de la couleur générale se change en un beau vert! Lorsque le brochet séjourne dans des eaux d'une nature particulière, qu'il éprouve la disette, ou qu'il peut se procurer une nourriture trop abondante, ses nuances varient.

On le voit, dans certaines circonstances , jaune avec des taches noires. Au reste, parvenu à une certaine grosseur , il a presque toujours le dos noirâtre et le ventre blanc avec des points noirs.

L'œsophage et l'estomac montrent de grands plis pâles ou rouges, par le moyen desquels l'animal peut rejeter à volonté les substances qu'il avale dans les accès de sa voracité, et qu'il ne peut pas digérer. Cette faculté lui est commune avec la morue, ainsi qu'avec les squales, et particulièrement avec le requin, dont elle le rapproche encore. L’estomac est d’ailleurs trèslong; et, comme de ces grandes dimensions résulte une très-grande abondance de sucs digestifs, dont l’action très-vive se manifeste par les appétits violents qu'elle produit, il n'est pas surprenant que le canal intestinal proprement dit soit très-court, et n'offre qu'une sinuosité, comme dans un très-grand nombre d'animaux féroces et carnassiers.

Le foie est long et sans division; la vésicule du fiel grosse; le fiel jaune; la laite double, ainsi que l'ovaire ; le péritoine blanc et brillant ; l'épine dorsale composée de soixante et une vertèbres ; le nombre des côtes est de soixante.

L'organe de l’ouie renferme un troisième osselet pyramidal, garni à sa base d'un grand nombre de petits aiguillons , et placé dans la cavité qui sert de communication aux trois Canaux demi-cireulaires. Cet organe contient aussi une sorte de rudiment d'un quatrième canal demicirculaire, qui communique avec le sinus par lequel se réunissent les trois canaux auxquels le nom de demi-circulaire a été donné. Voilà donc le sens de l’ouïe du brochetplus parfait que celui de presque tous les autres poissons osseux. Cet avantage lui donne un nouveau trait de ressemblance avec le requin et les squales ; il lui donne de plus la facilité d'éviter de plus loin un ennemi dangereux , ou de s'assurer de l’approche d'une proie difficile à surprendre; et d'après

4 Voyez ce que nous avons dit des couleurs des poissons, dans le Discours sur la nature de ces animaux,

DES POISSONS

l’organisation particulière de son oreille, on doit être moins étonné que l'en ait remarqué, du temps même de Pline, la finesse de son ouïe, et que, sous Charles IX, roi de France, des individus de l’espèce que nous décrivons, réunis dans un bassin du Louvre, vinssent, lorsqu'on les appelait, recevoir la nourriture qu'on leur avait préparée.

La vessie natatoire du brochet est simple, mais grande; et sans cet instrument, ce poisson

ne parcourrait pas avec la rapidité qu'il déve- :

loppe, les espaces qu'il franchit, contre les courants des fleuves impétueux, et au milieu des eaux les plus pures, et par conséquent les moins pesantes et les moins propres à le soutenir.

C’est en effet dans les rivières, les fleuves, les lacs et les étangs, qu'il se plaît à séjourner. On ne le voit dans la mer que lorsqu'il y est entrainé par des accidents passagers, et retenu par des causes extraordinaires, qui ne l’empêchent pas d'y dépérir; mais on l’a observé dans presque toutes les eaux douces de l'Europe.

Bélon a écrit qu'il l'avait vu dans le Nil, où il croyait que les anciens lui avaient donné le nom d'Oxyrhynchus (museau pointu). Mon collegue, M. Geoffroy, professeur du Muséum d'histoire naturelle, va publier une dissertation très-savante sur les animaux de l'Égypte, dans laquelle on trouvera à quel poisson, différent de celui quenousexaminons, les anciens avaient réellement appliqué cette dénomination d'Oxyrhynque.

Le brochet parvient jusqu’à la longueur de six à neuf pieds , et jusqu’au poids de quatre-vingts ou cent livres. Il croit très-promptement. Des sa premiere année, il est très-souvent long d'un pied ; dès la seconde, de quinze pouces ; dès la troisième, de deux pieds; dès la sixième, de près de six pieds ; dès la douzième, de huit pieds ou environ : et cependant cet animal destructeur arrive jusqu'à un âge très-avancé. Rzaczynsky parle d'un brochet de quatre-vingt-dix ans.

En 1497 on prit à Kaiserslautern, près de Manheim, un autre brochet qui avait plus de dix-huit pieds de longueur , qui pesait trois cent soixante livres , et dont le squelette a été conservé pendant long-temps à Manheiïm. Il portait un anneau de cuivre doré, attaché, par ordre de l’empereur Frédéric-Barberousse, deux cent soixante-sept ans auparavant. Ce monstrueux

* Bélon, liv. 2, chap. 52.

poisson avait done vécu près de trois siècles. Quelle effrayante quantité d'animaux plus faibles que lui il avait dû dévorer pour alimenter son énorme masse pendant une si longue suite d'années !

Le brochet cependant n’est pas seulement dangereux par la grandeur de ses dimensions, la force de ses muscles, le nombre de ses armes; il l'est encore par les finesses de la ruse et les ressources de l'instinct.

Lorsqu'il s'est élancé sur de gros poissons, sur des serpents, des grenouilles, des oiseaux d’eau , des rats, de jeunes chats, ou même de petits chiens tombés ou jetés dans l'eau , et que l'animal qu'il veut dévorer lui oppose un trop grand volume, il le saisit par la tête, le retient avec ses dents nombreuses et recourbées jusqu’à ce que la portion antérieure de sa proie soit ramollie dans son large gosier, en aspire ensuite le reste, et l’engloutit. S’il prend une perche ou quelque autre poisson hérissé de piquants mobiles, il le serre dans sa gueule, le tient dans une position qui lui interdit tout mouvement, et l’écrase, ou attend qu'il meure de ses blessures.

Tous les brochets ne fraient pas à la même époque : les uns pondent ou fécondent les œufs dès le milieu de février, d’autres en mars, et d’autres en avril. S'ils sont très-redoutables pour les habitants des eaux qu'ils fréquentent , ils sont très-souvent livrés sans défense à des ennemis intérieurs qui les tourmentent vivement. Bloch a vu dans leur canal alimentaire différents vers intestinaux, et il a compté dans un de ces poissons, qui ne pesait qu'unelivre et demie, jusqu’à cent vers, du genre des vers solitaires.

Mais ils ont encore plus à craindre des pêcheurs qui les poursuivent. On les prend de diverses manières : en hiver, sous les glaces; en été, pendant les orages, qui, en éloignant d'eux leurs victimes ordinaires, les portent davantage vers les appâts ; dans toutes les saisons, au clair de la lune; dans les nuits sombres , au feu des bois résineux. On emploie, pour les pêcher, le trident , la ligne, le colleret, la truble, l'épervier, la louve, la nasse .

4 On trouve la description du colleret dans l'article du centropome sandat; de la truble, dans celui du misgurne fossile; de la louve et de la nasse, das celui du petromyzon lamproie. L'épercier est uu filet en forme d'entounoir ou de cloche, dont l'ouverture a quelquelois soixante pieds de circouférence. Cette circonférence est garnie de balles de plomb, et le long de ce contour le filel est retroussé en de-

| dus, et attaché de distance en distance, pour furmer des

Leur chair est agréable au goût. On les sale | transporta de vivants dans les eaux douces de

dans beaucoup d'endroits, après les avoir vidés, nettoyes, et coupés par morceaux.

Sur les bords du Jaïk et du Volga, on les sèche où on les fume apres les avoir laissés pendant trois jours entourés de saumure.

Dans d'autres contrées et particulièrement en Allemagne, on fait du caviar avec leurs œufs. Dans la marche électorale de Brandebourg, on méle ces mêmes œufs avec des sardines, on en compose un mets que l’on nomme #e{zin, et que l'on regarde comme excellent. Cependant ces

œufs de brochet passent, dans beaucoup de pays,

au moins lorsqu'ils n'ont pas subi certaines préparations , pour difliciles à digérer, purgatifs et malfaisants.

C'est sur des brochets qu’on a essayé particulièrement cette opération de la castration dont nous avons déjà parlé, et par le moyen de laquelle on est parvenu facilement à engraisser les individus auxquels on l'a fait subir.

Si l'on veut se procurer une grande abondance de gros brochet:, il faut choisir, pour leur multiplication, des étangs qui ne soient pas propres aux carpes, à cause d’embrages trop épais, de sources trop froides, ou de fonds trop marecageux : les brochets y réussiront, parce que toutes les eaux douces leur conviennent. On y placera , pour leur nourriture, des cyprins ou d’autres poissons de peu de valeur, comme des Rotengles et des Rougeätres , si le fond de l’étang est sablonneux ; et des bordelieres ou des hamburges, si ce même fond est couvert de vase. Au reste, on peut les porter facilement d’un séjour dans un autre, sans leur faire perdre la vie ; et on assure qu'ils n'ont été connus en Angleterre que sous Henri VII, où on en

bourses. On se sert de l'epervier de deux manières : en le trainsnt, et eu le jetant. Lorsqu'on le traine, deux hommes placés sur les bo ds du courant d'eau maintiennent l'ouv rture du filet dans une position à peu pres verticale, par le moy:n de deux cor:tes attachess à deux poins &e C: Lie ouverlure, Lu tronsieme pecheur lie tune corde qui répoud à la poiute du filet. SH on s'aperçoit qu'il y sit du poisson de pris, et qu'on veuille rel-ver l'épervrer, les de:.x premiers pêcheurs iä-hent leurs rordes, de manière que toute la circouféreuve de l'ouverture du filet porte sur Le fond; le troisième Lire à lui la corde quite. au sommet sie la cloche, se bala ce pour que les bles de plomb se rapprochent lés unes les autres, et quaud il les voit réunies. tre l'eperbues de loutes ses forces, et le met sur ls re. LoPsqu us jeu ce filet, on à besoin de beancoup d'adre se, de iorce et de précautions. On deplore Fepervier par utrélan qui | il faire la roue au fi et, et qui prut entrainer le pêche r Lans le courant, si nue maille 8 accroche a ses habits. La corde plhunbée se préci, it au foud de l'ean, et eufermne les puissous Cuiipris uans l'inté:jeur de la cloche.

cette ile.

Le professeur Gmelin regarde comme une variété du brochet, un ésoce d'Amérique dans lequel la mâchoire supérieure est plus courte à proportion de celle d'en bas que dans le brochet d'Europe : mais le nombre des rayons de 13 membrane branchiale de ce poisson américain, de sa dorsale et de ses ventrales, nous oblige à le considérer comme appartenant à une espèce différente de celle du brochet ‘.

L'ÉSOCE BELONE 2.

Belone....….., Cuv. ; Esox Belone, Lion. Gwel., Bloch. , Ese.

Le museau de cet ésoce ressemble au bec d’un barle, ou à une très-longue aiguille; son corps et sa queue sont d'ailleurs si déliés, que la longueur totale de l'animal est souvent quinze fois plus grande que sa hauteur : il n’est done pas surprenant qu'on lui ait donné le nom d’Ai-

4 44rayons à chaque pectorale de l'ésoce brorhet, 40 à chaque ventrale, 47 à là nageoire de l'anus. 20 à la nigeoire de la queue. —15 rayons à chaque pectoraie de l'ésuce anrérieain.

2 Orshie. — Arphye.— Aiguille de mer. — Equillette, anprès dr Brest. — ÆHagrjr, Agullo, aupres de M rseille. — Aquio, dans le départ. du Var. (Note envoyée par M.Fauchet , préfet). — Acuchia, dugusicuia, en Mabe. — Charman, Choram, en Arabie, — Horuhecht, Nadelhecht , en Allemagne.— Schneffel, auprès de Dantzig.— Nub? giadda, en Suède. — /Jorn-give, Nehhesild, Horn-igel, en Nurvège. — Giernefur, en Isiande., — 4 n-jik. eu Danemark, — Gerpwisch, en Hollauue,— Naed!-fish, Gar/ish, Horn-fish, Sea-needel. Ga; pike. cn Augietiire. — Timucu, Peisce agutha , au Brésit, — Jkan ts): kalang hidjoe, Gronetsjahatanwy of grep, daus Les Indes or.— Ablenues. pur plus. auleurs. — Esuce bélune. 1 aubeiton et Hauy. Euc. méth, — 1d. Bonuaterre, pl, de FEue. meih. — Oryhue. Bloch, pl. 55. — Esox belone. Ascagne, 5. pl. 6 — brünu Pisc. Massil. p. 79, n. 95. — Müiler, Prodr, Zuul. Danie., p. 49, n, 420. — Fauu, Suec. 5.6. — « Esox rosu 0 cuspidato, gracili, subte. rete et spithanmali, » Artedi, gen. 40, syn. 7. — Pzois. Oppian., 1. 1, 472, el 5.605. — J4. Athen, 1 8 p. 555. — Aha= niger. Alberl., L. 24. p. 241. u, ed. 1495. — Acus piscis. Salsian., ol. 68. — Belone et raphis, li estacus. Petri Arledi Synonymia p scium , etc. auci0.e J. G. schueider, ete. — Gronov. Mas, 1, 0.59. Zoojh., p. M7, 1. 562.— « Mastaea cermbelus mandibulis lougissuni.. ete.» Kien, Miss. pise. 4, p. 21, n.1, tab. 5, fig, 2. — Aiguitie. Rondel t, part. 4,18, © 5. — « Acus prima secies. » Gesner, Agnäl., p. 9, 40 Tlhierh., p. 48 b. — « Acus vulgaris. aus Oppiani.» Aldrov. Pic, pe 106, 107. — Arus vulgaris. Willughby. Ichh., p. 251, tab. p. 2, lg. 4, Append., lab. 5, Üg. 2. — Raï, Pise, p 109. -— Seaprke. Brit. Zuul., p. 274. u.2.—Timucrs. Mar grav. Brasil., 408.— ©, phie. V.lmont de Bomare, Dict. d hist. al.

5 Du sous-genre ORPHIE, Belon», Cuv., dans le grand genre des BRocHETS, famiile des Malacuptér) giens abdominaux és@»

ces. D.

DES POISSONS

guille. On l'a nommé aussi Anguille de mer, parce qu'il vit dans l'eau salée, et que ses formes générales ont beaucoup d’analogie avec celles de la murène anguille. La ressemblance dans la conformation amène nécessairement de grands rapports dans les mouvements et dans les habitudes ; et en effet la manière de vivre de l'ésoce bélone est semblable, à plusieurs égards, à celle de l'anguille.

Les dents du bélone sont petites, mais fortes, égales , et placées de manière que celles d'une mâchoire occupent , lorsque la bouche est fermée, les intervalles de ceiles de l’autre. Les yeux sont gros. La ligne latérale est située d'une manière remarquable; elle part de la portion inferieure de l'opercule , reste toujours très-près du dessous du corps ou de la queue, et se perd presque à l'extrémité inférieure de la base de la eaudale. La queue s'élargit, ou pour mieux dire, grossit à l'endroit ou elle pénètre en quelque sorte dans la nageoire de la queue ; les autres nageoires sont courtes.

La partie supérieure du poisson est la seule sur laquelle on voie des écailles un peu grandes, tendres et arrondies.

Lorsque le belone serpente, pour ainsi dire, dans l’eau, ses évolutions, ses contours, ses replis tortueux , ses elans rapides, sont d'autant plus agréables, que ses couleurs sont belles, brillantes et gracieuses ; le front , la nuque et le dos, offrent un noir mélé d'azur; les opercules rétlechissent des teintes vertes, bleues et argentines : la moitié supérieure des côtés est d’un vert diversifié par quelques reflets bleuâtres ; l'autre moitié répand , ainsi que le ventre, l'éclat de l'argent le plus pur : du gris ou du bleu sont distribués sur les nageoires.

Ce poisson si bien paré et si svelte a été observé dans presque toutes les mers; il en quitte les profondeurs pour aller frayer pres des rivages, où il annonce, par sa présence, la prochaine apparition des maquereaux. Il n'a communément qu'un pied et demi de longueur, et ne pèse que deux à quatre livres ; il devient alors très-souvent la proie des squales, des grandes espèces de gades, où d'autres habitants de la mer voraces et bien armés : mais il parvient quelquefois à de plus grandes dimensions. Le chevalier Hamilton a vu pêcher, à Naples, un individu de cette espece, qui pesait quatorze livres; et Renard assure qu'on trouve, dans les Indes «rientales, des bélones de six à neuf pieds de

longueur, dont la morsure est, dit-on, très-dangereuse, et même mortelle, apparemment à cause de la nature de la blessure que font leurs dents nombreuses et acérees.

On prend les bélones pendant les nuits cal.

mes et obscures, à l’aide d’une torche allumée, qui les attire en contrastant avec des ténebres épaisses, et par le moyen d'un instrument garni d'une vingtaine de longues pointes de fer, qui les percent et les retiennent; on en pêche jusqu'à quinze cents dans une seule nuit.

En Europe, où le bélone a la chair sèche et maigre, on ne le recherche guère que pour en faire des appâts.

Son canal intestinal proprement dit n'offre pas de sinuosité, et n’est pas distinct, d’une manière sensible, de la fin de l'estomac.

L'épine dorsale est composée de quatre-vingthuit vertebres ; elle soutient de chaque côté cinquante et une côtes : lorsque ces côtes et ces vertebres sont exposées à une chaleur très-forte, elles deviennent vertes. Un effet semblable a été observé dans quelques autres poissons, et partieulièrement dans des espèces de blennies ; et ces phénomènes paraissent confirmer ce que nous avons dit de la Nature des poissons (voyez notre Discours sur ce sujet), surtout lorsqu'on rapproche cette coloration rapide de la lueur phosphorique que répandent dans l'obscurité ces os verdis par la chaleur ".

L'ÉSOCE ARGENTÉ ?,

Butirinus indicus, Cuv.; Esox argenteus , Forsk., Lac., Lion , Gmel.; Argentina Glossodouta, Forsk. ; Argeutina Bonuk, Lac. *,

L'ESOCE GAMBARUR #,

{lemiramphus marginalus, Cuv.; Esox Gambarur, Lac.; Esox marginatus, Linn., Gimel, Ÿ,

ET L'ÉSOCE ESPADON 5.

Hemirampbhus brasiliensis, Cuv.; Esox brasiliensis, Lumu., BL, pi. 591; Esox Giadius, Lac. 7.

George Forster a découvert l'argenté dans les eaux douces de la Nouvelle-Zélande, et d'autres

4 15 rayons à chaque pectorale de l'ésoce bélone, 7 2 cnaqe veutr.de, 25 à du nageoire de la queue.

2 su fusus, eu. G. Lorsler. Bi. Gr aorb 1, p. 139,

> Lu ceure BUTHUN, daus La Fuuilie des CLUPES, rire des Malacopérygeus abdounaux Guv. M. de Lacépede 4 décrit dus Das er poisson 1° sous le not d'ÉSOCE ABGENTS, et Lo sous EE ARGENTINE BONUK. EL.

A£suc hepsetus, Liuu, Gel. — Furskael, Faun. Arab.

{les du grand Océan équinoxial. Nous n'avons pas vu d'individu de cette espèce : si sa caudale n'est pas échancrée, il faudra la placer dans le second sous-genre des ésoces.

Le gambarur nous a paru, ainsi qu'à Commerson, appartenir à la même espèce que le piquitingue ou l'hepsète, qu'on n’a séparé du premier poisson, suivant ce celebre voyageur, que parce qu'on a eu sous les yeux des piquitingues allérés, et privés particulièrement de la plus grande partie de leur longue mâchoire inférieure.

11 habite dans les eaux de la mer d'Arabie, ainsi que dans celles qui arrosent les rivages du Brésil.

Son corps est un peu transparent, très-allongé, ainsi que la queue, et couvert comme cette dernière partie d’écailles assez grandes ; la mâchoire supérieure dure et très-courte ; l'inférieure prolongée en aiguille, six fois plus longue que la mâchoire d'en haut, et un peu mollasse à son extrémité; l'ouverture de la bouche garnie sur ses deux bords de petites dents; l'œil grand et rond ; le dessus du crâne aplati : le lobe inférieur de la caudale près de deux fois plus long que le supérieur; la couleur générale un peu claire, le haut de ia tête brun ; le dos olivâtre à son sommet. et orné de raies longitudinales séparées par des taches brunes et carrées ; la partie inférieure de l'animal marquée de quatre au-

p.67, n.98. — « Argentina, pinnà dorsali pinnæ ani oppo- « sild. » Anœnit. acad, 4, p. 521. — Piquitinga. Mircgrav. Braul.159. — Æsoce piquitingue. Daubenton et Hiüy Enc. métb.— /d. Bonnaterre , pl. de l'Enc. métlh. — Esoce gambarur. Id.— Orphie de Rio Janeiro, « esox dorso monop- « teryoio, rostro apice coccineo, lineà lateral Lità, argen- « teà, ete, » Comimerson, maonserits déjà cites. — « Menidia « corpore subpellucido, lineà laterali lalieri argenuteä. » Browne, Jamaie. 441, tab. 45, fig. 5.

5 Du sousgenre DEMI-REC, Hemiramphus, Cuv., dans le grand geure Bnocuwr, de la famille des Malacoptéry tiens «bdorninaux ésoces. L'£soc hepsetus de Lu née, cité dans la synonyimie de cette espèce, est un composé de deux p'issons; ao le Piquilinga de Maregrave, où Mœuidia de Browne, qui estun anchois; 2° l'autre que M. Cuvier ne peut recornaitre, mais qui cependant est un Hémiramphe. D.

8 Demi-muscau. — Berassine de mer.— Pelitespadon. — Elepnuntennuse, Kleiner schwerdifisch ; par les Allemabus. — AHalt-bec, Brasilianischen süvek par les Hollandais.— Under-sword fish, Piper, par les Auglais. — Baluon, aux Antilles. — Jhan moeloel betang daus les Indes or, — Mus. Ad, Frid. 2, pu. 102. — « E0x maxillà in'eriure tereli, « cuspdatà longissimä,etc. » Gronov. Zooph-565.—Browue, Jamaïc. 445. tab. 45, fig. 2.-Under-swon fish.GreW.Mus. 87, tab. 7 — Æsore petit espad n. Daubenten et Haüy, Enc. méth — /d. Bouuaterre, pl. de l'Euc. méth — € Acus minor ainferuè rostrata, vulg balon, ete. » Plumier, manuscrits de i» Bibioihèque. — Petit «spadon Bloch, pl 591.

1 Ce joisson appartient au sous genre DEMI-BEC, Hemiramphus, el parait se rapporter surtout a l'Henuramphus brasitiensis de M. Cuvier. D.

tres raies ; chaque côté paré, ainsi que l'indique le tableau générique , d’une raie longitudinale , large, argentée et éclatante ; la dorsale ordinairement très-noire, et le bout de la mâchoire inférieure d’un beau rouge.

Commerson a observé, en juin 1767, aupres de Rio-Janeiro, un gambarur, qui n'avait guère plus de huit pouces de longueur.

L'espadon a beaucoup de rapports avec le gambarur; il en a aussi avec le xiphias espadon, et sa tête ressemble, au premier coup d'œil, à une tête de xiphias renversée. La prolongation de la mâchoire inférieure est encore plus longue que dans le gambarur, aplatie et sillonnée auprès de l'ouverture de la bouche, dont les deux bords sont hérissés de plusieurs rangées de petites dents pointues : d’autres dents sont situées autour du gosier ; mais le palais et la langue sont unis. Le dessus de la tête est déprimé ; les opercules sont rayonnés ; le lobe inférieur de la caudale dépasse celui d’en haut. La couleur générale est argentée ; la tête, la mâchoire inférieure, le dos et la ligne latérale sont communément d’un beau vert, et les nageoires bleuâtres *.

On trouve l’espadon dans les mers des deux Indes. Nieuhof et Valentyn l'ont vu dans les Indes orientales; Plumier, Du Tertre, Browne et Sloane l'ont observé en Amérique. Sa chair est délicate et grasse. On l’attire aisément dans les filets, par le moyen d'un feu allumé au milieu d'une nuit sombre. I paraît qu'il multiplie beaucoup.

L'ÉSOCE TÊTE-NUE ?,

Erytbrinus..…., Cuv.; Esox g'mnocephalus, Linn., Gmel., Lac.”.

ET L'ÉSOCE CHIROCENTRE.

Chirocentrus...…, Guv.; Esox Chirocentrus, Lae.; Clupea dentex, Schueïd ; Clupea Dorab, Gmel. #.

Le premier de ces deux ésoces habite dans les

4 10 ou 12rayons à chaque pectorale de l'ésoce gambarur, 6 à chaque ventrale, 14 à la nageoire de la queue, —18 rayons à chaque pectorale de l'esuce espadun , 6 à chaque ventrale, 18 à la caudale.

2 Ésuce téte-nue. Daubenton et Haüy, Euc. méth. — 1d. Bonuaierre, pl. de l'Euc. méth. :

3 Ce poisson est probablement du genre ERYTHRIN, Erythrinus, de Gronow et de M.Cuvier, dans la famille des Ciupes, ordre d s Malacoptéryaieus ablominanx. D.

4 Ce poisson est le ty. e du genre CHIROGENTHE, Chirocentrus, de M. Cuvier, dans la famille des Clupes, ordre des

Malacoptérygieus abdominaux. D.

DES POISSONS. 321

Indes ; le second a été observé par Commerson, qui en a laissé un dessin dans ses manuscrits. Nous lui avons donné le nom de Chirocentre, pour indiquer le piquant ou aiguillon placé auprès de chacune de ces nageoires pectorales que l’on a comparées à des mains. Une sorte de loupe arrondie paraît au-dessus de ces mêmes pectorales. La ligne latérale règne près du dos, dont elle suit la courbure. Les écailles sont petites et serrées. Les deux lobes de la caudale sont très-srands ; l’inférieur est plus long que l'autre *.

L'ÉSOCE VERT :.

Esox viridis, Linn., Gmel., Lac. 5.

Ce poisson habite dans les eaux douces de la Caroline , où il a été observé par Catesby et par le docteur Garden “.

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