‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 468 sur 535 · LE MUGE PLUMIER · texte numérisé non relu

LE MUGE PLUMIER

4{4rayons à chaque pectorale du stoléphore japonais, 8 à chaque ventrale, 15 à la nageoire de la queue du stoléphore commersOonnen.

3 M. Cuvier conserve ce genre, et le place dans la famille des Acanthontérygiens mugiloïdes, dont il est le type. D,

DES POISSONS

LE MUGE CÉPHALE !, Mugil Cephalus, Linn., Gmel., BI., Lac., Cuv.?.

Le Muge AlbuleS, Mugil Albula , Linn., Gmel., Bl,, Lac. {. - M. crénilabe®, Mugil crenilabris, Forsk., Linn., Gmel , Lac., Cuv.#. — M. Tang 7, Mugil Tang, Bloch, Lac. ®. — M. Tranquebar *, Mugil franquebar, Bloch, Lacep. #°. — M. Plumier #1, Mngil Plumieri, Bloch, Lacep. {?. — M. Tache -bleue #, Mugil cæruleo-maculatus , Lacep., Cuv. #4,

La tête du céphale est large, quoique comprimée; l'ouverture de sa bouche étroite ; chacune

4 Mulet de mer.— Cabot. — Meuille. — Mule, auprès de Bordeaux. (Note communiquée par M. Dutrouil, officier de santé, etc.) — Same, Maron, Chalue, dans plus, départ. mérid.,— Mugeo, Mujou. auprès de Marseille — Leu testud, dans le départ. du Var. (Note communiquée par M. Fauchet, préfet.) — Muggine nero, Capo grosso, Saltatore , à Génes. — Cefalo, à Rome.— Mugyini, Ozzane, Cumula, Tissa, Concordita , en Sardaigne. — Caplar, à Malte. — Buri, Mukscher, en Arabie. — Kefal baluk, en Turquie. — Harder, Gross-kopf, par les Allemands. — Mullet, par les Anglais. — Baluna, Blanov, dans les Indes orientales. — Mugile muge. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Mulet. Bloch, pl. 594. — Mus. Ad. Frid, 2, p. 104. — Mugil. Artedi, gen. 52, syn. 52, spec. 71. — Kéoados 6 mecpebs. Arist., 1.2, c. 47, p. 50; 1. 4, c. 8, p. 105, et 10, p.111; L. 5, c. 5, p. 419,9, p.125, 10et11, D-124:1.6,c.15,p. 172,15, p. 176, et 47, p.178; 1.8, c. 2, p. 225, 15, p.257, 19, p. 244 sq., et 59, p. 256. — Kéoakcs, et xeçpéos, et xEÇ DÉS. Ælian., 1.1, c.5; 1.7, c. 49; et 1. 15, c. 19. — Kéowos, et xecpéx. Oppian., L. 4, v. 411; et 1. 2, v. 642. — Ô xeçpeds. Athen., L 4, p. 4; L. 5, p. 86; 1.7, p- 506, et p.507 suq.—Cephalus. P. Jov., ©. 10, p. 66.—Rondelet, part. 1, 1. 7,c. 5; 1, 8, c.1,2,5et 4;1. 15, c. 5; et part. 2 des poissons des étangs marins, C. 5. — Cephalus, cestreus, et mugil. Gesner, p. 349, 684, et (germ.) fol. 55 et fol. 56 a. — Mugil. Plin., 1. 9, c. 15.17. — Jd. Wotton, IL. 8, €. 179, fol. 159 a.— Jd. Jonston, 1. 2, tit, 4, c. 4, tab. 25, fig. 5 ; Thaum., p. 421. — Id. Aldrov.,l. 4, c. 6, p. 508. — Mugil cephalus. Willughby, p. 274. — /d. Rai, p. 84. — Mugil imberbis. Charleton , p. 151. — Mugil et mugilis. Salvian., fol. 75 à ad 78 a.— Mugil cephalus. Hasselquist., It. 585. — Mugil. Gronov. Zooph., 597.

3 Tous les muges européens ont été confondus par Linnée et ses successeurs , sous le nom de Mugil cephalus. Celui que M. Cuvier distingue sous ce nom est caractérisé, 4° par deux voiles adipeux adhérents aux bords antérieur et postérieur des orbites ; 2 parce que son maxillaire, quand la bouche est fermée, se cache entièrement sous le sous-orbitaire ; 5° et parce que la base de la pectorale est surmontée d'une écaille longue et carénée. Le muge céphale est de la Méditerrauée, et on le trouve sur toutes les côtes d'Afrique. L'Océan , la Manche et la Méditerranée renferment une se conde espèce, le Mugil capito de M. Cuvier, décrite par Pennant, Willughby, et par M. Risso, sous le nom de Ramado.11 a le maxiliaire visible derrière la commissure des mächoires. Ses yeux n'ont point de voile adipeux; l'écaille du dessus de ses pectorales est courte et obtuse. 11 y a une tache noire à la base de cette nageoire. D,

# Mugile albule, Daubenton et Haüy, Enc. méth. — Zd. Bonuaterre, pl. de l'Enc. méth.— 4lbula bahamensis. Catesby, Carol. 2, p. 6, tab. 6.— « Mugil argenteus minor, ete. » Browae, Jan. 450.

4 M. Cuvier remarque qu'il ya en Amérique cinq ou six espèces confondues et mal caractérisées par Linnæus, sous le nom de Mugil albula. D.

5 Furskael, Faun. Arab., p. 75, n. 109. — Mugile arabi. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

Le

de ses mächoires armée de très-petites dents ; la langue rude; la gorge garnie de deux os hérissés d’aspérités ; la lèvre supérieure soutenue par deux os étroits, qui finissent en pointe recourbée ; la partie antérieure de l’opercule placée audessus d’une demi-branchie ; la base de l’anale, de la caudale et de la seconde dorsale , revêtue de petites écailles; le dos brun; le ventre argentin ; et la couleur des nageoires bleue.

Les céphales habitent dans presque toutes les mers.

Lorqu'ils s’'approchent des rivages, qu'ils s’a vancent vers l'embouchure des fleuves, et qu’ils remontent dans les rivières, ils forment ordinairement des troupes si nombreuses, que l’eau au travers de laquelle on les voit sans les distinguer paraît bleuâtre. Les pêcheurs qui poursuivent ces légions de muges, les entourent de filets dont is resserrent insensiblement l'enceinte; et, diminuant à grand bruit la circonférence de l’espace dans lequel ils ontrenfermé ces poissons , ils les rapprochent, les pressent, les entassent, et les prennent avec facilité. Mais souvent les céphales se glissent au-dessous des filets, ou s’élancent par-dessus ; et les pêcheurs de certaines côtes ont recours à un filet particulier, nommé saulade, où cannat, fait en forme de sac ou de verveux, qu'ils attachent au filet ordinaire, et dans lequel les muges se prennent d'eux-mêmes , lorsqu'ils veulent s'échapper en sautant. Cette manière de chercher leur salut dans la fuite, soit en franchissant l'obstacle qu'on leur oppose, soit en glissant au-dessous, ne suppose pas un instinct bien relevé ; mais elle suf-

5 M. Cuvier place ce muge dans la division des espèces à

grosses lèvres, qui vivent dans la mer des Indes. D. 7 Bloch, pl. 595.

# M. Cuvier ne cite pas cette espèce de muge. D,

* Bloch, article du Muge tang.

19 Cette espèce n'est pas mentionnée par M, Cuvier. D,

4 Mulet doré. — IWeit mund, par les Allemands. — Atoulri, par les habitants de l'île de Saint-Vincent. — Bloch, pl. 596. — « Cephalus americanu,, vulgô atoulri. » Plumier, manusc. de la Bibl. déjà cités. — Céphale d'Amérique, où mulet doré de riviére. Gauthier, J. de phys., II, p. 449, pl. 12.

42 M. Cuvier regarde ce muge de Bloch comme constituant une des espèces d'Amérique, qui ont été confondues par Linnée avec le Mugil albula. Ce même poisson a été placé par Schneider dans le genre SPHYRÈNE , p.110. D.

15 « Mugil maculà ad basio pinnarum pectoralium azure4, « pinuä dorsi ossiculorum novem. ani decem , pectoralibus « sexdecim. » Commerson, manuscrits déja cités.

44 M. Cuvier dit que le muge tache-bleue de Lacépède, qui est représenté par ce naturaliste sous le nom de Cren$labre, appartient au groupe d'espèces dans lequel il place son muge capito , c'est-à-dire l'espèce des côtes de l'Océan. D.

fit pour empêcher de placer les céphales au rang | le dos brun; les flanes blancs; les nageoires d'un

des poissons les plus hébétés, en leur attribuant, avec Pline et d’autres anciens auteurs, l’habitude de se croireen sûreté, eomme plusieurs animaux stupides, lorsqu'ils ont caché leur tête dans quelque cavité, et de ne plus craindre le danger qu'ils ont cessé de voir.

Les muges céphales préfèrent les courants d’eau douce versla fin du printemps ou le commencement de l’été : cette eau leur convient très-bien ; ils engraissent dans les fleuves et les rivières, et même dans les lacs, quand le fond en est de sable. On fume et on sale les céphales que l’on a pris et qu'on ne peutpas manger frais; mais d’ailleurs on fait avec leurs œufs assaisonnés de sel, pressés, lavés, séchés, une sorte de caviar, que l’on nomme boutargue, et que l’on recherche dans plusieurs contrées de l'Italie et de la France méridionale. ;

Au reste le foie du céphale est gros ; l’estomac, petit, charnu, et tapissé d’une membrane rugueuse facile à enlever; le canal intestinal, plusieurs fois sinueux; le pylore, entouré de sept appendices. Ces formes annoneent que ce muge se nourrit non-seulement de vers et de petits animaux , mais encore de substances végétales. Sa vessie natatoire, qui est noire comme son péritoine, offre de grandes dimensions.

L’albule habite dans l Amérique septentrionale.

Le crénilabe vit dans Ja mer d’Arabie et dans le grand Océan. On a remarqué sa longueurde douze ou quinze pouces ; ses écailles larges , et distinguées presque toutes par une tache brune; la grande mobilité de la lèvre supérieure ; la double carèze de la mâchoire inférieure; la tache noire de la base des pectorales ; les nuances vertes, bleues et blanchâtres de toutes les nageoires.

On a observé aussi deux variétés de cette espèce. La première, suivant Forskael, estnommée Our ‘, et la seconde Tâde. L'une et l’autre w’ont qu'une carène à la mâchoire d’en bas; mais les Ours ont des cils aux deux lèvres; et les Tädes n’en ont que de très-déliés, et n’en montrent qu’à la lèvre supérieure.

Le tang, que l’on a pêché dans les fleuves de la Guinée , a la chair grasse et de bon goût; la bouche petite; l’orifice de chaque narine double;

4 M. Cuvier remarque que le Mugil our de Forskael, le

même que le Bontah Russel, peut être identique avec le Muge céphale. D.

brun jaunâtre, presque de la même couleur que les raies longitudinales.

Nous avons cru devoir regarder comme une espèce distincte des autres muges le poisson envoyé de Tranquebar à Bloch , par le zélé et habile missionnaire John, et que ce grand ichthyologiste n’a considéré que comme une variété du tang.

Les narines du tranquebar sont très-écartées l’une de l’autre; les os des lèvres très-étroites; ses dorsales plus basses et ses couleurs plus elaires que celles du tang ; les deux côtés du museau hérissés d’une petite dentelure, comme sur le tang et le céphale*,.

Les Antilles nourrissent le muge plumier. Ses deux mâchoires sont également avancées, et armées l’une et l’autre d’une rangée de petites dents; le corps et la queue sont gros et charnus.

Commerson a laissé dans ses manuscrits une description du muge que nous nommons T'achebleue. Les côtés de ce poisson offrent des teintes d’un brun bleuêtre ; sa partie inférieure resplendit de l'éclat de l'argent; ses dorsales et sa caudale sont brunes ; ses ventrales et sa nageoire de l’anus montrent une couleur plus ou moins pâle.

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