‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 49 sur 535 · La nageoire de la queue un peu ar · texte numérisé non relu

La nageoire de la queue un peu ar

L'OPHIDIE IMBERBE. rondie.

Une ou plusieurs cannelures longitudinales au-dessus du museau; la nageoire de la queue pointue; la mächoire inférieure un peu plus avancée que la supérieure.

L'OPHIDIE UNERNAK.

DES POISSONS. sl

L'OPHIDIE BARBU , Ophidium barbatum, Bl., Lacep., Cuv.

L'OPHIDIE IMBERBE ?, Opidium imberbe, Linn., Sch., Lacep. *.

ET L'OPHIDIE UNERNAK *.

Ophidium Unernak, Lacep. 5.

C’est au milieu des eaux salées qu’on rencontre les ophidies. Le barbu habite particulièrement dans la mer Rouge et dans la Méditerranée, dont il fréquente même les rivages septentrionaux. Il a beaucoup de ressemblance, ainsi que lesautres espèces de son genre, avec les murènes et les ammodytes : mais la réunion des nageoires du dos, de la queue et de l’anus, suffirait pour qu’on ne confondit par les ophidies avec les ammodytes; etles traits génériques que nous venons d'exposer à la tête du tableau méthodique du genre que nous décrivons , séparent ce même genre de celui des murènes. Pour achever de donner une idée nette de la conformation du barbu, nous pouvons nous contenter d’ajouter aux caractères génériques, sous-génériques et spécifiques, que nous avons tracés dans cette table méthodique des ophidies que le barbu a les yeux voilés par unemembrane demi-transparente, comme les gymnotes, les murènes, et d’autres poissons; que sa lèvre supérieure est

* Ophidium barbatum. — Donzelle, sur les côtes franc. de la Méditerranée.— Broussonnet, Act. anglic. 74, 1, p. 456, tab. 25. — Donzelle barbue, Daubenton, Euc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — « Ophid. maxillà inferiore « cirris quatuor. » Artedi, gen. 25, syn. 42. — « Ophidion pis- «ciculis congro sünilis. » Plin., 1. 52, c. 9. — Ophidion, Donzelle, Rondelet, part, 4, 1. 15, ©. 2. — « Grillus vulgaris, « aselii species. » Bélon , Aquat., p. 132. — Ophidion Plinii, Gesuer, p. 91, 404. — Id. Aldrov., 1. 5, c. 26, p. 555. — Id. Jonst., L. 4. tit. 1.c.2, a,6, tab, 5, f. 2. — Ophidion Plinii et Rondeletii, Willughby, Ichth., p. 412, tab. G,7, fig. 6.—1Id. Rai, p. 58. — £nchelyopus barbatus, Klein, miss. pisc. 4, p.53, n.4. — Ophidium maæill& inferiore breviore, etc., Bruun., Pise. massil., p. 45, n. 25.

2 Nugnogen, sur plus, rivages de l'Europe sept. —Dunzelle imberbe, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Euc. méth. — Ophidion cirris carens, Artedi, gen. 24, syn. 42. — Ophidion flavum, vel Ophidium imberbe, Rondelet, part. 4,1. 15, c. 2. — Id. Willughby, p. 145. — Id. Rai, p. 59. — Id. Schonev., p. 35. — Ophidion, Schelhamer, Anat. xiph., p.25 , 24. — Fauna suecica , 519. — Brit. Zool. app., t. 95. — Enchelyopus flavus imberbis, Klein, Miss. pisc. 4, p. 55, n. 5.

* M. Cuvier dit qu'il ne connaît pas l'Ophidiwm imberbe des uaturalistes du Nord, mais qu'il le croit voisin des ane guilles. Quant a l'Ophidium imberbe de Linnée, il le range avec les Fierasfers, qui forment un sousgenre dans son genre Donzelle. D.

+ Ot. Fabricii Faun. Groeuland., p. 441, n. 99,— Donzelle unernak, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

? Ge poisson n’est pas cité par M. Cuvier. D.

double et épaisse; que l'on voit de petites dents à sa mâchoire, sur son palais , auprès de son gosier; que sa langue est étroite, courte et lisse; que sa membrane branchiale présente sept rayons ! : que sa ligne latérale est droite, et que l'anus est plus près de la tête que du bout de la queue.

Quant à ses couleurs , en voici l’ordre et les nuances. Le corps et la queue sont d’un argenté mélé de teintes couleur de chair, relevé sur le dos par du bleuâtre, et varié par un grand nombre de petites taches. La ligne latérale est brune; les nageoires pectorales sont également brunes, mais avec un liséré gris; et celles du dos, de l'anus et de la queue sont ordinairement blanches et bordées de noir.

Cet ophidie a la chair délicate, aussi bien que l’imberbe. Ce dernier, qui n’a pas de barbillons, ainsi qu’on peut le voir sur le tableau méthodique de son genre, et comme son nom l'indique, est d’une couleur jaune. On le trouve non-seulement dans la Méditerranée , où on le pèche particulièrement auprès des côtes méridionales de France, mais encore dans l'Océan d'Europe, et même auprès de rivages très - septentrionaux 2.

C’est vers ces mêmes plages boréales, et jusque dans la mer du Groenland, qu’habite l’unernak dont on doit la connaissance au naturaliste Othon Fabricius. Sa couleur n’est ni argentée comme celle du barbu, ni jaune comme celle de l’imberbe, mais d’un beau vert que l’on voit régner sur toutes les parties de son corps , excepté sur les nageoires du dos, de l’anus, de la queue, et le dessous du ventre, qui sont blancs. Ses mâchoires sont sans barbillons , comme celles de l’imberbe; sa tête est large, ses yeux sont gros ; l'ouverture de sa bouche est trèsgrande *. Il est très-bon à manger comme les autres ophidies : mais comme il passe une grande partie de sa vie dans la haute mer, on le rencontre plus rarement.

Il parvient aux dimensions de plusieurs ga des, avec lesquels on l’a souvent comparé, & par conséquent devient plus grand quele barbu, dont la longueur n’est ordinairement que de trois à quatre décimètres.

4 A la nageoïire du dos du barbu 124 rayons, à chacune des pectorales 20, à celle de l'anus 415.

? À la nageoire du dos de l'imberbe 79 rayons, à chacune des pectorales 41, à celle de l'anus 41, à celle de la queue 18,

* A chacune des nageoires pectorales de l'unernak, 40 ou {1 rayons.

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