‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 66 sur 535 · QUARANTE-SIXIÈME GENRE · texte numérisé non relu

QUARANTE-SIXIÈME GENRE

LES URANOSCOPES.

La têle déprimée et plus grosse que le corps; les yeux sur La partie supérieure de La tête, et trés-rapprochés, la mächoire inférieure beaucoup plus avancée que La supérieure; l'ensemble formé par Le corps et La queue, presque conique, et revêlu d'écailles très-faciles à dislinguer ; chaque opercuie branchial composé d’une seule pièce, et garni d'une membrane ciliée. |

| Le dos dénué d'écailles épineuses.

ESPÈCES

L'URANOSCOPE BAT.

2, L'URANOSCOPE HOUT- TUYN.

| Le dos garni d'écailles épineuses.

L'URANOSCOPE RAT :. |

UÜranoscopus scaber, Linn., Bloch ; Uranoscopus Mus, Lacep.

Les noms de Callionyme et de Trachine, donnés à cet animal, annoncent Les ressemblan-

4 A la première nageoire dorsale 7 rayons, à ia seconde 15, à chacune des pectorales 20, à chacune des jugulaires 6, à la nageoire de l'anus 25, a celle de la queue 11.

? Tapecon, sur les côtes de plus. départ. mérid. — Raspe- | con ,1bid.— Mesoro, dans quelques contrées de l'Italie. — Pesce prete, ibid. — Rascassa bianca , ibid. — Bocca in £apo, ibid. —Nvuxreots.—Uranoscope rat. Daubenton, Enc. méth. — 1d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. —KæAtwyvuos, Aristot., 1. 2, c. 15; et 1. 8, c. 15. — Id. Ælian, L. 15, C. 4, p.755. veavcoxomos, Athen., 1.7, f. 142, 5.— AYvos, Idem, L. 8,f. 477,55. — Hpepoxettne, Oppian., l. 2, p. 57. —Callionymus, seu Uranoscopus, Plin., 1.52, c.7 et c.11.— | Galen., class. {, fol. 125, A.— Uranosropus, Cub.,l. 5, c. 101, fol. 95, b.—Raspecon, où Tapecon, Rondelet, part. 1, 1. 10, €. 12. — Salvian., fol. 496. b, ad icon. et 197, b, et 198. — AIdrov., 1. 2, ©. 51, p. 265. — Jonston, 1.1, tit. 5,c.5.a.f; puuct. 4, tab. 21, fig. 7. — Uranoscopus , seu cœli speculator, Charlet., p. 447. — Wotton, 1. 8, c. 171, fol. 154, b. — Puicher piscis, Gaz. — « Trachinus cirris mullis in maxillà sinferiore. » Artedi, gen. 42, syn,71.— Coryslion, Klein, Miss. pisc. 4. p. 46. n. 1. — Ruysch, Theatr., p. 62, tab. 21, fig. 7. — Belon, Aquat., p. 219. — Gesner, Aquat., p. 153, lcou. anim., p. 138. — Callionymus, seu Uranoscopus, Willughby, Ichth., p. 287, tab. S, 9. — Rai, Pisc., p.97, n. 22. — Raspecon, où T'apecon, Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat. — Aascasse blanche, D'ihamel, Trailé des |

vêches, part. 2, sect. 5, C. {, art. 4.

ces qu’il présente avec les vrais callionymes ét avec le genre dont nous nous occuperons après avoir décrit celui des uranoscopes. Nous n’avons pas besoin d'indiquer ces similitudes ; on les remarquera aisément. D'un autre côté, cette dénomination d'Uranoscope (qui regarde le ciel) désigne le caractère frappant que montre le dessus de la tête du rat et des autres poissons du même genre. Les yeux sont, en effet, non-seulement très-rapprochés l’un de l'autre, et placés sur la partie supérieure de la tête, mais tournés de maniere que lorsque l'animal est en repos, ses prunelles sont dirigées vers la surface des eaux , ou le sommet des cieux.

La tête, tres-aplatie et beaucoup plus grosse que le corps , est d'ailleurs revêtue d’une substance osseuse et dure, qui forme comme une sorte de casque garni d’un très-grand nombre de petits tubercules, s'étend jusqu'aux opercules qui sont aussi très-durs et verruqueux, présente, à peu près au-dessus de la nuque, deux ou plus de deux piquants renfermés quelquefois dans une peau membraneuse, et se termine sous la gorge par trois ou cinq autres piquants.

| Chaque opercule est aussi armé de pointes tour-

nées vers la queue et engagées en partie dans une sorte de gaine tres-molle.

L'ouverture de la bouche est située à l’extrémité de la partie supérieure de la tête, et l’animal ne peut la fermer qu'en portant vers le haut le bout de sa mâchoire inférieure, qui est

| beaucoup plus longue que la mâchoire supé-

rieure. La langue est épaisse, forte, courte, large , et hérissée de trèes-petites dents. De Pintérieur de la bouche et pres du bout antérieur de la mâchoire inférieure, part une membrane laquelle se rétrécit, s’arrondit, et sort de la bouche en filament mobile et assez long.

Le tronc et la queue représentent ensemble une espèce de cône recouvert de petites écailles et sur chaque côté duquel s'étend une ligne latérale qui commence aux environs de la nuque s’approche des nageoires pectorales", va directement ensuite jusqu’à la nageoire de la queue, et indique une série de pores destinés à laisser échapper cette humeur onctueuse si nécessaire aux poissons , et dont nous avons déjà eu tant d'occasions de parler.

1 A la membrane des branchies 5 rayons, à la première nageoire dorsale 4, à la seconde 14, à chacune des pectorales 17, à chacune des jugulaires 6, à la nageoie de l'anus 13, à celle de la queue qui est rectiligne, 12.

J1 y a deux nageoires sur le dos : celles de Ja poitrine sont très-grandes, ainsi que la caudale. Des teintes jaunâtres distinguent ces nageoires pectorales ; celle de l’anus est d’un noir éclatant : l’animal est d’ailleurs brun pardessus, gris sur les côtés, et blanc par-dessous.

Le canal intestinal de l’uranoscope rat n’est pas très-long, puisqu'il n'est replié qu’une fois; mais la membrane qui forme les parois de son estomac, est assez forte, et l’on compte auprès dupylore , depuis huit jusqu’à douze appendices ou petits cœcum propres à prolonger le séjour des aliments dans l'intérieur du poisson , et par conséquent à faciliter la digestion.

Le rat habite particulièrement dans la Méditerranée, Il y vit le plus souvent auprès des rivages vaseux ; il s’y cache sous les algues ; il s’y enfonce dans la fange; et par une habitude semblable à celles que nous avons déjà observées dans plusieurs raies, dans la lophie baudroie et dans quelques autres poissons, il se tient en embuscade dans le limon, ne laissant paraitre qu'une petite partie de sa tête, mais étendant le filament mobile qui est attaché au bout de sa mâchoire inférieure , et attirant par la ressemblance de cette sorte de barbillon avec un ver, de petits poissons qu'il dévore. C’est Rondelet qui a fait connaître le premier cette manière dont l’uranoscope rat parvient à se saisir facilement de sa proie. Ce poisson ne peut se servir de ce moyen de pêcher qu’en demeurant pendant très-longtemps immobile, et paraissant plongé dans un sommeil profond. Voilà pourquoi, apparemment , on a écrit qu'il dormait plutôt pendant le jour que pendant la nuit, quoique dans son organisation rien n'indique une sensibilité auxrayons lumineux plus vive

que celle des autres poissons , desquels on n’a |

pas dit que le temps de leur sommeil fût le plus souvent celui pendant lequel le soleil éclaire l'horizon”.

J parvient jusqu'à la longueur de trois décimètres : sa chair est blanche, mais quelquefois dure, ei de mauvaise odeur; elle indique, par ces deux mauvaises qualités, les petits mollusques et les vers marins dont le rat aime à 5e nourrir, et les fonds vaseux qu'il préfère. Dès le temp; des anciens naturalistes grecs et la-

1 Voyez, dans le Discours sur la nature des poissons, ce qui concerne le sommeil de ces animaux.

tins, on savait que la vésicule du fiel de cet uranoscope est très-grande, et l’on croyait que la liqueur qu’elle contient était très-propre à guérir des plaies et quelques maladies des yeux !.

L'URANOSCOPE HOUTTUYN®?.

Uranoscopus japonicus, Linn., Gmel.; Uranoscopus Houttuyn, Lacep. 5.

Le nom que nous donnons à cet uranoscope est un témoignage de la reconnaissance que les paturalistes doivent au savant Houttuyn, qui en a publié le premier la description.

On trouve ce poisson dans la mer qui baigne les îles du Japon. Il est, par ses couleurs, plus agréable à voir que l’uranoscope rat ; en effet, : il est jaune dans sa partie supérieure, et blanc dans l'inférieure. Les nageoires jugulaires sont assez courtes * ; des écailles épineuses sont rangées longitudinalement sur le dos de l’houttuyn.

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