Sthénélaïs d’Edwards. S. Edwardsii
Caput triangulare, minimum, obtectum. Antennæ e basi communi orientes, media longiuscula ; latérales minimæ. Primi pedes fasciculo uno setarum et 4 cirris instructi, quorum inferus (cirrus tentacularis) maximus, longus crassus, superus antennam mediam æquans, medii parvi, inter se fere æquales. Corpus 170-180 annulis compositum. Elytra lata, ubique imbricata et decussata, oblonga, paululum fimbriata.
Hab. Boulogne, St-Vaast. C. M.
Cette espèce, dont la couleur varie du gris blanchâtre au roux ferrugineux vif, a jusqu’à 12-13 centimètres de long.
(1) PI. 8, fig. 1-8.
Annelés. Tome I.
A. EKKANTES AIJEKKAISTES.
La tête (1) est très-petite, presque triangulaire. Vers son tiers antérieur, elle porte un mamelon cylindrique, allongé, qui sert de base commune aux trois antennes. La médiane est à peu près aussi longue que la tête ; les latérales sont extrêmement petites ; toutes trois sont coniques et subulées.
La première paire de pieds a subi une transformation remarquable (2). Elle est dirigée tout-à-fait en avant et dépasse la tête. Elle présente un cirrhe tentaculaire inférieur, très-gros, quatre ou cinq fois plus long que la tête et que l’animal vivant replie souvent en dessous. Au-dessus de ce cirrhe, on trouve un gros mamelon conique, portant à son extrémité un cirrhe tentaculaire supérieur un peu plus long que l’antenne médiane. A droite et à gauche de celui-ci, on voit deux autres cirrhes très-petits et presque égaux. Entre ces cirrhes existe, en dessous, un lobe peu marqué d’où sort un faisceau de soies composées, semblables à celles de la rame inférieure (3). La première paire d’élytres, qui semble implantée immédiatement sur les côtés de la tête, appartient évidemment à ce pied.
Le corps se compose de 170 à 180 anneaux serrés et courts. Lorsqu’on enlève les élytres, le dos semble partagé en trois régions par deux gouttières latérales bien marquées, surtout en avant.
Les pieds sont biramés, mais comme dans les genres déjà étudiés, les mamelons sétigères de la rame supérieure sont portés sur un pédicule qui leur est commun avec la rame inférieure (4). Dans les pieds à élytres (5), la rame supérieure n’a qu’un seul mamelon portant deux faisceaux de soies. Le faisceau supérieur est formé de soies simples, recourbées et denticulées (6), qui se dressent en s’allongeant de plus en plus vers le dos (7). Sur l’animal vivant, on les voit souvent relever le bord externe des élytres. Le faisceau inférieur présente un mélange de soies simples dont l’extrémité est en forme de lance creusée et denticulée sur les bords (8) et de soies composées dont l’appendice est assez court et recourbé en un double crochet (9).
(1) PL 8, fig. 1 o.
(2) PI. 8, fig. 1 bb.
(3) PL 8, fig. 6 et 8.
(4) Pl. 8, fig. 2 et 3.
(b) PL 8, fig. 2.
(6) PL 8, fig. 4.
(7) PL 8, fig. 2.
(8) PL 8, fig. b.
(9) PL 8, fig. 6.
APHH0D1T1ENS.
La raine inférieure a deux mamelons séligères. Le supérieur porte lui-méme deux faisceaux de soies. L’inférieur n’en a qu’un seul. Ici, toutes les soies sont composées, mais assez différentes à chaque faisceau. Le faisceau moyen est celui dont les soies sont les plus fortes et pourvues de l’appendice le plus robuste. Elles ressemblent à peu près entièrement à celles dont nous venons de parler. Au faisceau supérieur, les soies sont plus grêles et l’appendice plus allongé porte sur sa concavité 2-3 dents trèspetites (1). Au faisceau inférieur les soies et leur appendice sont encore plus faibles, et le dernier, très-allongé, porte de même 2-3 dents à peine marquées (2).
La disposition des mamelons sétigères et la nature des soies est la même aux pieds dépourvus d’élytres (3).
Les élytres sont arrondies, ou mieux, ovalaires, avec une échancrure large, mais peu profonde en arrière. On trouve en avant quelques franges très-petites, en forme de digitations raides. Elles sont, d’ailleurs, assez grandes pour s’imbriquer largement et s’entrecroiser dans toute l’étendue du corps.
J’ai trouvé souvent des individus qui avaient perdu ces appendices et sur lesquels ils étaient en train de repousser ; alors l’élytre est délicate, blanchâtre. Plus tard, elle se colore comme je l’ai dit plus haut.
Le cirrhe supérieur aux pieds dépourvus d’élytres, est trèsécarté des mamelons sétigères et recourbé en bas (4). Il est assez long. Lorsqu’il co-existe avec les élytres, il est plus court et proportionnellement plus gros (5). Aux deux sortes de pieds, le cirrhe inférieur est implanté à la base du pédoncule commun et en atteint ou dépasse même l’extrémité.
La trompe de la Sthénélaïs d’Edwards est forte, grosse, et quand l’animal la projette, elle s’ouvre en forme de lèvres supérieure et inférieure, dont chacune porte une dizaine de cirrhes courts, épais et cylindriques.