‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douce (volume 2)Chapitre 195 sur 424 · Diopatre paradoxal. D. paradoxa · texte numérisé non relu

Diopatre paradoxal. D. paradoxa

Onuphis, Valenciennes, Coll, du Mus.

Caput minimum. Antennæ omnes breviores; anticæ minutæ rotundatæ ; mediæ médiocres; posticæ maximæ, fere æquales. Annulus buccalis brevis. Tentacula minuscula. Maxillæ superæ médiocres; inferæ 10-11 denticulatæ, apice integro, curvato. Denticula lævia. Labrum aile incisum. Corpus plus 160 annulis compositum, prioribus 7, cæteris multo longioribus, 5° longissimo. Pedes 7 priores cæteris longiores, 5° longissimo, frontem setis longissimis attingentes. Pedes cæteri brèves, utroque cirro brevissimo. Branchiæ 4-5 pectinatæ.

Hab. le golfe de Mastatan. C. M.

Cette très-curieuse espèce a été rapportée par M. Reynaud. Elle a la tète fort petite et cachée par les antennes postérieures. Les antennes, en général, sont bien plus courtes que dans toutes les autres espèces du même genre que j’ai eu l’occasion d’examiner. Les antérieures méritent à peine leur nom et ressemblent à deux mamelons allongés et arrondis à leur extrémité. Comme à l’ordinaire, les antennes moyennes sont plus courtes que les postérieures, et parmi celles-ci l’impaire est la plus longue. On y retrouve d’ailleurs la portion basilaire, et la portion terminale présentant des différences analogues à celles que nous avons signalées déjà.

L’anneau buccal est plus court que l’anneau suivant. Il porte sur les côtés, à son bord antérieur, les deux tentacules normaux qui sont ici fort petits et coniques. L’armature buccale n’offre de même rien de bien remarquable. Les mâchoires supérieures sont de force et de grandeur médiocres; les inférieures, courbées à leur pointe qui se prolonge, portent en outre 10-11 petites dents très-fines en arrière. Les denticules sont lisses. Le labre, profondément incisé, présente de chaque côté deux petites dents calcaires blanches très-fragiles. Je les ai cassées sur l’exemplaire que j’é-

A. ERRANTES PROPREMENT DITES

tudiais en fendant la bouche pour examiner l’intérieur de la trompe, bien que mon coup de ciseau eût été donné avec grand soin sur le côté. — Jusqu’ici, cette espèce n’offre donc rien que de très-normal.

Mais les 7 premiers anneaux du corps présentent au premier abord quelque chose de très-étrange. Ils sont tous beaucoup plus longs que les suivants. Le 5e, qui est le plus développé, égale à lui seul environ 4 anneaux. Les pieds qui partent de ces anneaux sont dirigés en avant, très-longs aussi et élargis de manière à ce que les soies très-allongées des 4 premiers atteignent à la hauteur du front de l’Annélide; les soies du 5e arrivent presque aussijoin; celles des 6e et 7e sont graduellement plus courtes, mais toujours bien plus longues que celles des pieds ordinaires. Au-delà de ces anneaux exceptionnels, j’en ai compté environ 160 autres, mais l’animal n’est pas complet. Il a 14 centimètres de long sur 2 millimètres de large.

La composition des 7 pieds antérieurs est d’ailleurs entièrement normale. Seulement, la base même des pieds et toutes leurs parties sont extrêmement allongées. En réalité, il n’v a ici qu’une exagération curieuse de ce qui se voit dans toutes les Diopatres, où les pieds antérieurs sont plus développés que dans le reste du corps. Dans ces pieds exceptionnels, le cirrlie supérieur est implanté très en avant; le mamelon sétigère se prolonge après la sortie des soies en une languette cirrhiforme ; le cirrlie inférieur est très-petit et placé plus en arrière. Les soies sont très-allongées aussi. Elles sont peu nombreuses, grêles et simples. Quelques-unes ont leur extrémité coudée tout-à-fait en baïonnette. Les autres sont presqu’entiôremcnt droites et très-effilées.

Les pieds du reste du corps sont peu saillants. Toutes les parties en sont fort petites. Les trois faisceaux de soies sont représentés par un groupe de 10-12 soies simples, à extrémité élargie et coudée, auxquelles sont mêlées 1-2 soies en peigne courbées sur le plat; par 3-4 grosses soies simples, courtes, aiguës, assez semblables à des aciculcs, et enfin par 2 fortes et longues soies à crochet portant 2 dents à leur extrémité.

Les branchies, qui commencent peu après les longs anneaux, sont d’abord simples, puis deviennent pcctinécs, mais ne présentent jamais plus de 5-6 filaments.

Cette espèce vit dans un tube pergamentacé, opaque, flexible, qui ressemble à celui de certaines Sabelles, bien plus qu’à celui de YOnuphis lubicola.

EÜNICIËNS.

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