Portélie rosée. P.rosea
Caput rotundum. Antennæ pro capité grandiusculæ, quasi latérales. Proboscis inermis. Corpus vermiforme, quadrangularis, supra rotundatum. Pedes breviusculi, remis maxime sejunctis. Superus cirro et lingulâ carens, laminam et branchiam gerens ; inferus cirro lingulâ et laminâ instructus ; in utroque setarum fasciculi 2. Setæ filiformes, breviores ad apicem intus cameratæ.
Hab. les environs de Boulogne. C. M.
La tête de cette Portélie (2) est arrondie, globuleuse, mais pas
(1) PI. 7, fig. 12 à la.
(2) PI. 7, fig. 12.
plus grosse que celle des Nephtys.Les antennes sont proportionnellement assez grandes, coniques, insérées en avant et sur le côté de la face supérieure.
L’anneau buccal est à peu près aussi long que la tête ellemême. Il porte deux pieds rudimentaires semblables à ceux des Nephtys (1). La trompe développée, est courte, glandiforme. Elle présente deux lèvres ciliées, analogues à celles des Nephtys, et 12 rangées longitudinales de petites papilles coniques, assez espacées. Je n’ai pas aperçu de denticules.
Le corps, long de 75 millimètres et large de 4 millimètres sur le vivant, se compose de 95 anneaux. Il se termine par deux cirrhes filiformes très-longs, contractiles, et se contournant en spirale par la contraction.
Les pieds ont les rames très-séparées (2). La rame supérieure est formée par un gros mamelon pédieux, que déborde, en haut et en avant, une large lame transparente en forme de demi-cercle, s’étendant jusqu’au-delà du milieu de la branchie (3). Celle-ci présente complètement la structure des branchies de Nephtys, et les cils vibratiles en sont très-grands. On ne trouve à cette rame ni cirrhe supérieur, ni languette accessoire.
La rame inférieure présente au fond la même structure, mais elle est un peu plus compliquée. La lame déborde le mamelon en dessus, en avant, en dessous, et s’étend jusqu’à la base du cirrhe inférieur, qui est court et conique. Au-dessus du mamelon se voit une petite languette accessoire, de même forme et à peu près de même grandeur. Chaque rame, comme chez les Nephtys, possède son acicule.
Les soies sont toutes simples ; mais celles qui sortent directement du mamelon pédieux sont beaucoup plus courtes, droites, renflées en fuseau à leur extrémité, qui est creuse et cloisonnée en dedans (4). Celles qui sortent de la base des lames sont beaucoup plus nombreuses et plus longues. Elles s’étalent en rayonnant, de manière à former, surtout à la rame supérieure, un large éventail (5). A un point, qui varie selon leur longueur, elles sont coudées, et la portion placée au-delà de cette inflexion, s’élargit et s’effile en pointe plus ou moins allongée (6).
(2) PI. 7, fig. 13.
(3) PI. 7, fig. 13a.
(4) PI. 7, fig. 15.
(5) Fig. 13.
(6) PI. 7, fig. 14.
INEPHTYDIEÎN'S.
J’ai trouvé la Portélie rosée, près de Boulogne, dans un petit banc de sable placé dans l’anfractuosité d’un plateau de roches chargées de moules. Son corps est alors d’un blanc rosé, comme frangé d’un rouge vif, résultant de la teinte des pieds et des branchies. Cette espèce vit d’ailleurs à la manière des Nephtys, et en particulier, s’enfonce dans le sable, et nage par des mouvements entièrement semblables à ceux qu’on observe chez ces dernières.