Polynoe très-soyeuse. P. setosissima
Polynoe setosissima, Savignv, Syst. des Ann., p. 25.
Audouin et Edwards, Ann., p. 79 et 90, pl. 1, fig. 18. Lamarck, Hist. des An. s. vert., p. 545.
Quatrefages, Règn. an. ill., pl. 19, fig. 2.
Polynoe longisetis, Grebe, Trosch. Arch., t. XXIX, p. 37, pl. 4, fig. 1. Eumolpe setosissima, Blainville, art. V ers.
Caputparvum, triangulatum, obtectum. Antenna media supera, magna, tentacula æquans. Antennæ latérales minimæ, inferæ. Corpus 40 annulis compositum. Elytra albicantia, oblique ovalia, alte imbricata et decussata, minime granulosa, nonnunquam maculata (?), toto fere margine fimbriata.
Hab. l’Islande, les côtes de France (?). C. M.
Cette espèce a déjà été décrite par Savigny et par MM. Audouin et Edwards, mais d’après le même individu qui avait perdu ses élytres. J’ai pu comparer ce type, observé par mes devanciers, avec d’autres exemplaires en très-bon état, et c’est d’après l’un d’eux qu’a été faite la figure ci-jointe.
Cette espèce atteint jusqu’à 6 centimètres de long. Sa tête est petite, triangulaire. L’antenne médiane naît en dessus, et sa portion basilaire est forte. Elle-même est grande et longue, tandis que les antennes latérales sont trop petites pour avoir pu
(1) Pl. 6, fig. 17.
A. ERRANTES ABERRANTES
être figurées. Les tentacules inférieurs ne dépassent pas l’antenne médiane ; les supérieurs, portés sur une base longue et forte, les égalent à peu près en longueur.
Le corps se compose d’environ 40-42 segments. Dans les individus bien conservés, il est en entier recouvert par les élytres qui sont profondément imbriquées et croisées. Mais l’extrémité des soies dépasse toujours et tout autour du corps cette espèce de toit. Ces élytres sont ovalaires, placées obliquement, surtout en arrière, et le grand axe des deux dernières est presque parallèle à l’axe du corps.
Les pieds sans élytres sont bien manifestement biramés (1). La rame supérieure avec son cirrhe, qui est assez gros et long, est représentée par un mamelon d’où sortent des soies robustes, longues, un peu courbées et dirigées en dehors. A leur extrémité, ces soies sont cannelées sans être élargies, et portent des stries transversales finement dentelées. Les soies de la rame inférieure sont plus longues encore et très-fortes. L’extrémité est élargie et représente assez bien une feuille allongée, étroite, à bords dentelés, et qui serait ployée dans le sens de sa nervure principale (2). Le cirrhe inférieur placé au bas de la rame est très-petit.
Aux pieds pourvus d’élytres (3), la disposition des parties est à peu près semblable, mais la rame est peut-être plus large. Le cirrhe inférieur est plus grand, placé plus en avant, et l’on trouve au bord de l’anneau une petite papille allongée analogue à celles dont nous avons déjà parlé.
Dans un individu très-grand et très-large que j’ai examiné, la portion lancéolée des soies de la rame inférieure était un peu plus allongée et portait à son extrémité une ou deux dents impaires plus longues que les précédentes, et qui semblaient provenir de la crête qui représente la nervure de la feuille.
MM. Audouin et Edwards nous apprennent que l’individu décrit par eux et par Savignv venait du Hâvre, au dire de Cuvier. Ceux que le Muséum a acquis depuis, ont été rapportés d’Islande par M. Gaimard, et du Groenland par M. Reinhart. Je n’ai, en outre, jamais rencontré cette espèce dont la couleur blanchâtre et la taille auraient si aisément attiré mon attention. D’après ces diverses circonstances, je suis porté à penser que le renseignement donné par Cuvier pourrait bien avoir été le résultat d’une erreur.
(1) PI. 6, fig. 21.
(2) PI. 6, fig. 22 et 23.
APHR0DIT1ENS.