‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douceChapitre 194 sur 290 · III. F. GLOSSIPHON'IDÆ. G. I-II · texte numérisé non relu

III. F. GLOSSIPHON'IDÆ. G. I-II

Bouche placée vers le centre de la ventouse antérieure, munie d'une trompe exsertile. Des cæcums à l’ingluvies et à l’intestin. Anus au-dessus de la ventouse.

Yeux, 2 à 8.

Orifices sexuels au XIXe ou XXe intersegment et au XXIIe ou XXIIIe. Testicules formés chacun d’un canal allongé, diversement replié.

Ce genre comprend de nombreuses espèces, abondantes surtout en Europe et dans l’Amérique du Nord. Moquin-Tandon en énumérait 17, plus ou moins bien connues, Diesing porta ce nombre à 20, aujourd'hui on pourrait en compter plus du double.

Il serait sans doute possible, si leur anatomie était mieux étudiée, de les répartir en sections naturelles basées sur des caractères d’une importance suffisante. Moquin-Tandon avait fait une tentative dans ce sens et les divisait en, Clepsine et Lobina, d’après le nombre et la complication des lobes stomacaux, ceci joint à certaines modifications extérieures. Mais déjà ce savant avait dû admettre plusieurs espèces sans connaître la forme de l’estomac, et depuis, les helminthologistes, qui ont décrit des types nouveaux, se sont rarement appesantis sur ces détails qu’on ne peut étudier convenablement que sur le frais. Il en résulte que ce classement, malgré sa supériorité réelle et auquel les progrès de la science permettront sans doute un jour I de revenir, est à l’heure actuelle inapplicable, aussi est-on obligé, à l’exemple de plusieurs auteurs, d’avoir recours à un caractère d'une importance beaucoup moindre, qui dans certains cas même peut induire en erreur par suite d’anomalies individuelles, le nombre des i taches oculiformes. Son seul avantage est d’être d’une constatation en général facile.

Tous les Glossiphonia sont pourvus de ces organes, on a bien rangé dans ce groupe YHirudo bicolor, de Daudin sur lequel cet auteur n’a , pu en découvrir trace, mais cette espèce n'ayant pas été revue depuis, appartient-elle réellement à ce genre ?

Un grand nombre de Glossiphonies présentent deux yeux. Ils sont | d’ordinaire dans ce cas développés et parfois si rapprochés, qu’ils se i confondent en une tache unique. Dans l’Europe centrale et méridionale : G. stagnalis, Lin. (H. bioculata, Berg.), G. circulans, Sow., G. i catenigera, Moq. T., G. Rissoi, Dies., G. succinea, Fil., G. sanguinea, Fil., G. af/inis , Dies. G. costata, Mull. En Asie mineure : G. carinata , Dies.; et en Sibérie : G. echinulata, Gr. Le G. algira Moq. T. se trouve isur la côte barbaresque; d’après la forme et certains détails extérieurs il me parait probable que l'H. viridis, Rang, trouvé sur les Anodontes, au Sénégal, appartient à ce genre. Dans l’Amérique du Nord : G. parasitica , Say, G. modesta , Verr., G. ornala , Verr., G. papillifera,

HIKL'DINIEN'S.

Verr., G. picla, Verr. On a signalé dans l’Amérique du Sud. : G. tuberculifera, Gr., G. lincolata, Gr., G. Budget, Gr., G. triserialis, Blanch. En Australie à Rockhampton : G. octostriata, Gr. Enfin le G. trisulcata, Baird, n’a pas d’origine connue.

Les espèces n'ayant que deux paires d’yeux sont peu nombreuses et toutes Européennes : G. marginata , MülL, G. heteroclita, Lin., G. paludosa, Moq. T.; encore celle-ci présente-t-elle parfois 6 organes oculiformes.

Ce dernier nombre se trouve un peu plus fréquemment : G. complanata, Lin., G. granifera, Johnst., G. trioculata, Caréna, d’Europe; G. mollissima, Gr., du lac Baïkal ; G. swampina , Bosc, G. rudis, Baird, G. pallida , Verr., G. elegans, Verr., de l’Amérique du Nord. Le G. cimiciformis, Baird, qui offre ce même caractère, est sans localité certaine.

Les yeux sont au nombre de 8 chez les : G. tessulata, MülL, G. maculosa, Rathke, d’Europe et G. occidentalis , Verr., de l’Amérique du Nord.

Pour les G. oniscus , Blainv. de l’Amérique du Nord, G. triserialis, Gr. et Kr. (1) de la Plata, G. cæcum, Grimm, de la région aralo-caspienne, G. beryllina, Fil., de Perse, la disposition des taches oculiformes ne m’est pas connue.

Tout en tenant compte des erreurs, qui peuvent résulter de l’insuffisance des données acquises sur un grand nombre de ces espèces, il paraît cependant résulter de cet examen, que les Glossiphonies sont particulièrement abondantes en Europe et dans l’Amérique du Nord. Toutefois la présence de quelques représentants de ce genre dans l’Amérique du Sud, l’Australie, peut-être l’Afrique, laissent supposer que nos connaissances de ce côté pourront s’accroître notablement. Chose remarquable on n’en a pas signalé jusqu’ici de l’Inde ni de la Malaisie.

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