IV. F. NAIDIDÆ. XVII. G. CLITELLIO
arrondi, est strié longitudinalement dans sa portion tubuleuse, laquelle paraîtrait de nature musculaire. Ceci m’avait d’abord paru devoir se rapporter aux poches copulatrices, mais la position est trop différente de ce qu’on connaît dans les animaux voisins, et d’ailleurs, on trouve ces organes plus loin dans le 9e anneau, je reste donc dans le doute quant à la signification physiologique de ces parties observées au mois de mai 1871.
A la même époque, ayant isolé dans un vase un certain nombre de ces animaux, j’ai observé des corps obscurs parla lumière transmise, rougeâtres par réflexion, ovoïdes, longs de 0mm,22 à 0mm,28, larges de 0mm,19 à 0mm,16, avec une paroi excessivement mince, épaisse d’à peine 0mm, 001. La présence de granules réfringents, granules vitellins sans doute, de 0mm,001 à 0mm,004, mélangés à des cellules transparentes de 0mm,01 1 , ne permet pas de douter que ce ne soient de véritables œufs, d’autant qu’on apercevait sur plusieurs d’entre eux une sphérule blanche mesurant 0mm, 029, laquelle représenterait la vésicule germinative. Il est très probable qu’ils étaient produits par ces vers, toutefois cette observation demanderait à être confirmée.
Le Clitellio arenarius , Müll., résiste pendant un certain temps à l’action de l’eau douce. Au bout de huit à dix heures l’animal devient raide, privé de mouvements, mais si on le replace alors dans l’eau de mer il ne tarde pas à reprendre sa vivacité première ; j’ai cependant observé dans un grand nombre de cas que la partie postérieure se détruisait.
Lorsqu’on les sectionne, la partie antérieure, encore est-il nécessaire d’y comprendre un certain nombre d’anneaux au delà de la ceinture, reste seule vivante, le fragment postérieur se décompose. Ces expériences sont d’ailleurs très difficiles à réaliser, attendu que si on laisse ces vers, même intacts, simplement dans l’eau, ils souffrent visiblement et finissent par mourir, ils ne vivent bien qu’à condition de se loger dans le sable vaseux où ils peuvent creuser leurs galeries et se nourrir, mais il est alors difficile d’empêcher la corruption de l’eau, et d’être certain qu’on n'introduit pas d’autres individus, qui pourraient donner le change sur la rédintégration des parties.
Le Clitellio arenarius , Müll., est excessivement commun sur les côtes de Bretagne, à Saint-Malo il est facile de se le procurer en abondance en lavant dans un cristallisoir ou sur un tamis au travers duquel les fines particules terreuses peuvent passer, quelques poignées de sable vaseux pris au pied des rochers dans les zones littorales indiquées plus haut. Lorsqu’on les isole ainsi, ces vers se pelotonnent habituellement en tire-bouchon comme les Tubifex.
Le Clilellio arenarius est regardé comme répondant au Lumbricus arenarius de Muller, cependant celui-ci est si imparfaitement caractérisé qu’il pourrait y avoir doute, d’autant que cet auteur et Fa-
LOMBRICIiSIENS.
bricius, après lui, le décrivent comme ne présentant que deux rangées de soies, on a vu plus haut que c'est même cette particularité qui a engagé Savigny à former pour cette espèce un nouveau genre. Depuis cette époque les auteurs s’accordent à reconnaître que c’est là une erreur, les faisceaux de soies supérieurs ont sans doute échappé par leur petitesse à l'observateur danois. Ce qui complique la question , c’est que Miiller a figuré dans un autre ouvrage (1788) sous le nom de Nais littoralis un ver qu’on ne peut distinguer de cette même espèce en s’en tenant toutefois à une partie des figures, car il y a évidemment confusion sur la planche LXXX du Zoologia danica et des Annélides proprement dits ( Cirrhatulus ou Ophelia) y sont regardés comme le développement achevé de véritables Lombriciniens(l). Il me paraît également probable que le Tubifex hyalinus d’Ukedem appartient à cette même espèce, quoique la description donnée soit un peu sommaire.