SIXIÈME FAMILLE
SALTICIFORMES ”
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L'ancien genre atte de Walckenaer constitue à lui seul cette famille, sans contredit la plus naturelle de l’ordre des aranéides, comme le prouve ce fait que la plupart des auteurs ont trouvé les espèces qui la composent tellement unies, qu'ils n'en ont fait qu'un genre.
Un corps singulièrement court et large, un corselet
(1) En présence d’une liste de plus de deux cents espèces, dont se compose cette famille, les naturalistes devaient naturellement chercher à rapprocher par groupes celles qui se ressemblent le plus et à désunir celles qui s’écartent par des particularités, quelque insignifiantes qu’elles soient, du type commun et normal. Quand on a, à l'exemple de Sundevall, converti en genres les deux familles que Walckenaer appelait les sauteuses et les volligeuses, en leur donnant les noms d’atfa et de sa/tica, on éprouve la plus grande difliculté à établir de nouvelles divisions aux dépens de ces genres, ou même à répartir leurs espèces en des divisions secondaires ou des sous-genres; M. Koch a cependant remarqué : 1° que la longueur relative des pattes varie, très-faiblement il est vrai; — 2° que la longueur relative des divers articles des pattes-mâchoires n’est pas la même dans toutes les espèces ; — 3° que le corselet est tantôt aplati et surbaissé, tantôt bosselé et élevé; — 4° que les mandibules sont tantôt verticales dans les deux sexes, tantôt horizontales dans le màle; — 5° que les yeux intermédiaires dorsaux sont tantôt plus rapprochés des antérieurs, d’autres fois plus rapprochés des supérieurs ; — 6° enfin il a observé que les figures du dos et le fond de la coloration sont toujours en rapport avec une de ces particularités, et permettent de reconnaitre à première vue à quel groupe appartient une espèce.
306 HISTOIRE NATURELLE DES araC Res.
carré et tronqué en avant, des membres remarquablement forts et courts, des yeux énormes et occupant toute la largeur de la face, telles sont les particalarités que présentent ces aranéides au premier abord.
Les veux des attes diffèrent de ce que nous avons vu jusqu’à présent, en ce qu'au lieu d’être égaux, semblables et groupés sur un front, ils sont placés sur le devant, les côtés et la partie dorsale du céphalo-thorax , et qu'il y en a deux, au moins quatre fois plus gros que les autres.
L'utilité de cette disposition caractéristique des yeux s'explique, quand on sait que les attes sont des araignées qui chassent à découvert, et qu'elles ont besoin, pour surprendre les insectes qu'elles épient, de les apercevoir en avant, de côté, en arrière, et même au-dessus de leur tête, car il leur arrive souvent de les saisir en sautant.
Les pièces qui composent la bouche n’ont rien de bien
pis. 140, particulier : la lèvre est allongée, ovale, obtuse ou tronquée à son extrémité; les coxopodites des pattes-mâchoiressont droits, plus hauts que larges, dilatés et arrondis à leur extrémité, leur article terminal est gros dans le mâle, mais le conjoncteur est entièrement caché et enveloppé. L'abdomen est petit relativement, et a la faculté de se mouvoir dans tous les sens; il est terminé par trois paires de filières disposées en faisceau , dont la paire intermédiaire est toujours la plus longue. — Les pattes sont courtes et souvent trèsfortes, propres à la course et quelquefois au saut.
Les salticiformes, appelées à juste titre araignées sauleuses ou guetteuses par les auteurs, sont de petits animaux qui se font remarquer par la variété et l'élégance
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de leur livrée, et qui sont par cela mème faciles à distinguer entre eux.
Toutes sont chasseuses, mais aucune ne construit de toile ni ne tend des filets réguliers ;-elles ne sortent que le jour de leurs petites cellules de soie, se promènent lentement sur les murailles, sur le tronc des arbres ou les végétaux , épient pendant longtemps les insectes et sautent sur eux d'assez loin, lorsque ceux-ci ont eu l'imprudence de s'approcher.
On trouve une telle similitude de formes et de caractères entre les divers genres qui composent cette famille, qu'il est impossible de les répartir en plusieurs tribus.
Elle renferme les genres : rhanis, atle, cyrtonote, héliophane, saltique, déinope. |
60e GENRE. RHANIS, Rharis, Koch.
(Rhanis {Myth.] nymphe.)
Yeux, très-inégaux, sur trois rangs ; le rang antérieur tout à fait droit, formé de quatre Fig. 141.
yeux peu écartés; les intermédiaires, le double de la grandeur des latéraux, oc- Ê cupant toute la hauteur de 2 ; la face : second rang formé gr de deux yeux extraordinairement petits, touchant presque aux latéraux antérieurs; ligne postérieure rejetée sur le derrière de la tête.
Mandibules, renfoncées. courtes, verticales.
Pattes-Mâchoires, courtes et larges; troisième et quatrième articles du mâle, à peine aussi longs qu'épais ; article terminal oviforme, couvrant entièrement le conjoncteur qui est un peu aplati.
Corselet, aussi large que haut et que long, presque cubique.
Abdomen, plus petit que le corselet, pointu à la partie postérieure,
Pattes, épaisses, très-courtes et presque égales.
Couleur, métallique et luisante; corps presque toujours dépourvu de poils et d’écailles.
Taille, ne dépassant pas 3 millimètres.
Patrie: Archipel Malais et Amérique.
Habitudes, inconnues,
ESPÈCES
R. flavigère, R. flavigera, Koch, ile Bintang. R. abligère, R. abligera, Koch, ile Bintang.
R. nègre, R. nigrita, Koch, ile Bintang.
R. cuivrée, R. cuprea, Eug. Simon. Brésil.
Les caractères de ce genre, institué par M. Koch, sont assez faibles, et j'hésite à le séparer du genre suivant. Il ne renferme encore que quatre espèces , trois que l’en-
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tomologiste allemand a reçues de l'ile Bintang, et une du Brésil, dont j'ai trois individus sous les yeux.
Le seul caractère qui me semble avoir de l'importance est la petitesse et l'avancement des yeux de la seconde ligne.
-Chez la Rhanis cuprea, le corps aussi long que large est presque cubique, la peau qui le recouvre paraît plus épaisse que celle des autres attes; elle est d’un beau vert cuivré et dépourvue de poils; les pattes, qui sont jaunes, sont tellement courtes qu’on les voit à peine en regardant l'animal en dessus.
61° GENRE. ANTE, Alta, Walckenaer.
(ärrw | attique], s’élancer, sauter.)
Synonyurie : Salticus, Latreille; Euophrys, Phyale, Ciris, Eris, etc., Koch.
Yeux, huit, sur trois lignes : une ligne antérieure un peu cour-
bée, formée de quatre yeux, Fig. 142 , dont les latéraux sont plus
petits que les intermédiaires; une seconde ligne formée de deux yeux un tiers plus petits que les latéraux antérieurs, à égale distance de ces derniers et des postérieurs, le plus souvent un peu plus rapprochés des antérieurs; yeux postérieurs moitié du diamètre des latéraux antérieurs, à axe visuel vertical.
Bouche (voir Notice de la Famille).
Mandibules, courtes, verticales dans les deux sexes.
Corselet, plus long que large, tronqué en avant, plat et lisse en dessus, tête non distincte du corselet.
Abdomen, ovale, allongé, un peu aplati en dessus, plus long que le corselet.
Pattes, n'égalant pas la longueur du corps, assez robustes, propres au saut.
Couleurs : eorps couvert de poils écailleux (semblables à ceux des papillons) diversement colorés.
Taille, de 4 à 6 millimètres.
Patrie : ce genre innombrable est répandu sur toute Ja terre.
, Habitudes : aranéides épiant leur proie, la saisissant à la course ou en sautant, se renfermant dans un sac de soie fine entre les feuilles, dans les herbes ou sous les pierres.
1«* sous-genre. ATTA, Walckenaer. — Yeux : les quatre antérieurs presque égaux, extrémement rapprochés, sur une ligne Fig. 143. presque droite; axe visuel des supérieurs dirigé en haut, ë e ces derniers peu éloignés; — corselet aussi large que long; a eo — quatrième article des pattes-mâchoires du mâle, armé 2oe® en dessous d’une apophyse mobile; — fond de la couleur elaire; tégument lisse,
ATTE. 311
1e" groupe. Ciris, Koch (X{p, jaune). — Corselet aussi large que long et élevé, — pattes courtes et ordinaires dans l’ordre 2, 1, 4, 3, — couleur jaune uniforme, sans tache ni raie,
GC. arrondie, C. relundala, Koch, Bintang Malacca.
Fig. 144.
2° groupe. Atta, Walckenaer. — Corselet un quart pe long que
large, — pattes ordinaires, dans l’ordre 4, 2, 1, 3 ou 4, 3, 1, 2, — fond de
la couleur jaune: des figures noires, fines, irrégulières et très- nombreuses. — Aites vivant et pondant sous les grosses pierres, dans les bois.
A. frontale, A. frontalis, Walckenaer, Europe.
Arr: var., striolata, Koch, Allemagne, Belgique. A. ti. Var., #Rinimu, Eug. Simon, Belgique.
A. maculée de noir, A. nigromaculala, Lucas, Algérie.
A. àlignes testacées(1), A. £estaceolineata, Lucas, Algérie.
3° groupe. Balla, Koch (6&hW, lancer.) — Gorselet un tiers plus long que large, — pattes moyennes, dans cet ordre: 3, 4, 2, {, — jambe et cuisse de la première paire souvent renflées, -- pattes annelées, — couleur noir luisant, — Attes pondant sous les pierres.
B. des prés, B. pratensis, Koch, Allemagne, Belgique. B. hétérophtalme (2), B. heterophtalma, Wider, Allemagne.
2° sous-genre. Evorarys, Koch (e, bien; doouw, s'élever). Fig. 145 — Yeux : ligne antérieure fortement courbée, les quatre yeux en sont nettement séparés, les latéraux moitié du diamètre des intermédiaires ; axe visuel des supérieurs vertical, ces derniers très-reculés; — abdomen un tiers pluslong °@@° que le corselet; — palpes lisses dans les deux sexes.
1 groupe. Euophrys, Koch. — Pattes Q (3) 1 et 4 égales, 2, 3, à 1, 4, 2, 3. — Gurselet et abdomen des mäles, jaunes sans taches, — corselet de la femelle orné d’une couronne brune, abdomen brun avec des taches assez vagues.
E. entourée, E. coronala, Walckenaer, Europe.
E. joyeuse, E. lætabundu. Koch, Allemagne.
E. lunulée, E. lunulata, Walckenaer, Europe.
E. grèle, E. gracilis, Habn, . Europe.
E. vigoureuse, E. vigorata, Koch, Grèce, Algérie.
(1) Appartiennent probablement à ce groupe (à cause de leurs yeux) - les atta flavescentemaculata, fallax, quadripunctala et fulvopilosa de M. Lucas. (Explor. sc. Alq.) (2) Appartiennent peut-être à ce groupe les atta fulviventris, algeriana et nigrifrons de M. Lucas.
(3) Ces deux signes abréviatifs ? 4, bien connus des entomologistes, signifient : à mâle, 9 femelle.
E. rusée, E. callida (agilis, Hahn) (1), Walckenaer, Enrope, Égypte. E. gesticulateur, E. gesticulator, Lucas, Algérie.
2€ groupe. Phæbe, Koch, (Phœbe, mythol., Diane, déesse de la lune).— Pattes 3 Q 4, 1,2 et 3 égales, —couleur noire ou brun foncé, l'abdomen porte toujours un accent circonflexe blanc très-tranché (lune), souvent surmonté de deux points de même couleur. — Attes vivant sous les tas de pierres.
P. saxicole, P. saxicola, Koch, Allemagne.
P. rupicole, P. rupicola, Koch, Alpes.
P. floricole, P. floricola, Koch, Bavière.
P. joyeuse (1), P. jucunda, Lucas, Algérie.
3° groupe. 1n0, Koch (nom de femme chez les Grecs). — Pattes Q 1, 2, 3 à peu près égales, 4° un peu plus longue; & 4, 1,2 et 3 égales, — couleur à bruu vert foncé uniforme; © portant des lignes de petits triangles noirs ou fauves. — Attes très-agiles vivant sur des arbres élevés ou sur le toit des habitations.
I. pubescente, 1. pubescens, Walckenaer, Europe. I. tigre, I. tigrina, Walckenaer, Europe.