‹ Histoire naturelle des colibrisChapitre 17 sur 83 · LE HAÏTIEN, MALE · texte numérisé non relu

LE HAÏTIEN, MALE

(TROCHILUS GRAMINEUS.)

Robuste dans ses formes, armé d’un bec long de treize lignes et gros à proportion, munis d’ailes aussi longues que la queue, qui est large et arrondie, ce colibri, à bec et à tarses noir-mat, a iout le dessus du corps d’un vert frais et brillant, à teintes dorées sur le croupion et sur le milieu du dos. Un large plastron occupe la gorge jusqu’au thorax, en se perdant sur les côtés du cou. Les plumes écailleuses qui le composent ont l'éclat, la fraicheur et la pureté de l’émeraude de la plus belle eau. Le chatoiement de cette partie est donc d’un vert suave, bien qu'il disparaisse parfois pour produire un noir-velours par l’absorption des rayons lumineux. Une large tache ovalaire d’un noir profond, à teinte et à douceur

* Mâle (pl. XIT) : vert; gorge émeraude; poitrine et milieu du ventre noir de velours; plumes tibiales blanches; queue bleu d'acier. De Cayenne ({ Mus. de Paris); de Saint-Domingue (Vieillot).

Jeune (pl. XII dés ) : vert-doré en dessus ; gorge noire et verte, bordée de roux ; milieu du ventre noirâtre , bordé de blanc; flancs vert-doré; queue violette , bordée de noir et terminée de blanc.

Pire:

LE HAITI N > Adulte.

Publiée par Arthus Bertrand.

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DES COLIBRIS. 53 de velours, sans reflets métalliques, occupe le devant de la poitrine. Le ventre est d’un brunätre sale, doré sur les flancs. La région anale et les plumes tibiales sont blanches. Les couvertures inférieures de la queue sont brunes, à reflets vert-doré sur leur bord.

Les tiges des ailes, surtout de la première rémige, sont robustes et élargies. Les rémiges primaires et secondaires sont d’un brun-pourpré uniforme. Les rectrices sont larges, arrondies à leur extrémité, colorées en pourpre franc dans les trois quarts de leur longueur, et se trouvent bordées à leur quart terminal et en entier à leur sommet, d’un noir-bronzé ; les deux moyennes sont complètement noir-bronzé à reflets bleuatres.

Le Haïtien habite, dit-on, la Guiane. M. Vieillot l’a fréquemment rencontré à Saint-Domingue, et peint en ces termes quelques-unes de ses habitudes. « Le colibri Haïtien se plaît aux alentours des habitations, d’où il ne s’écarte guère tant qu'il y trouve des arbres en fleur : lorsqu'il se perche, c’est plus volontiers sur une branche sèche et isolée, où souvent il étend sa queue en demi-cercle. Je ne l'ai jamais entendu chanter, mais quand il vole, surtout dans la saison des amours , il jette un cri continuel qui le fait reconnaître, même sans qu'on le voie. Ge petit

oiseau en souffre difficilement d’autres sur l’arbre où il a placé son nid; j'ai vu un Moqueur obligé de céder à ses poursuites. C’est en voltigeant sans cesse autour de lui, et en présentant continuellement son bec aux yeux de son antasoniste, qu’il le force à prendre la fuite. »

« J'ai un nid de ce colibri bâti sur une branche de cotonnier de Siam, plus grosse que le pouce. Le lichen qui en couvre l'extérieur est de la même espèce que celui de l'arbre. Il y avait deux petits dans ce nid, dont la gorge, la poitrine et le ventre étaient bruns sans reflets. Chez quelques-uns les deux parties latérales de la queue étaient blanches à leur sommet. Je n'ai point trouvé de différence entre le male et la femelle. »

Le Haïitien, que la plupart des auteurs nomment le Hausse-Col vert, et qui est figuré sous ce dernier nom, pl. IX des Oiseaux dorés d’Audebert, est le Polythmus dominicensis de Brisson (Ornith., t. 111, p. 672); le 7rochilus gramineus de Linné, de Gmelin (Syst., esp. 30); de Dumont (Dict. se. nat., t. x, p. 48); de Drapiez (Dict. class. d’hist. nat.,t. 1v, p. 318); le 7rochilus pectoralhs de Latham (Ind., esp. 18); et de Vieillot ( Encycel. ornith., t. , p. 551, esp. 13); et même le 7rochilus dominicus de Linné (Syst., esp. 26); c'est le colibri Hausse-Col vert de Buf-

DES COLIBRIS. 55 fon (Édit. de Sonnini, Oiseaux, t. xvir, p. 283); et le colibri du Mexique, de la planche enluminée DCLXXX, fig. 2. Cest encore le plastron violet de Vieillot (Oiseaux dorés, tom. 1, planche LXX ). |

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(PL. XII is.) LE HAIÏTIEN, JEUNE AGE.

( TROCHILUS GRAMINEUS.)

L'individu que nous regardons comme le jeune colibri Haïtien en mue, au moment où il va prendre la livrée d’adulte, a été figuré très exactement par Daubenton, pl. enl. DCLXXI, f.1, et décrit par Buffon sous le nom de Cokbri à cravate verte (Buffon, édit. de Sonnini, Ois., tom. XVII, p. 277); nom conservé par Audebert (Ois. dorés, t. 1, pl. X ); c’est le Zrochilus gularis de Latham (Ind., esp. 16); et le Zrochilus maculatus de Linné et de Gmelin (Syst., esp. 32).

Les nombreux individus, sur lesquels repose notre description, nous ont tous donné quatre pouces huit lignes de longueur totale. Le bec entre, dans ces dimensions, pour treize ou quatorze lignes, et la queue pour quinze. Le bec et les tarses sont noirs, les ailes minces et étroites, débordant l'extrémité de la queue. Celle-ci est arrondie, ample, à rectrices externes un peu plus courtes que les moyennes.

Tout le plumage sur le corps est d’un vertdoré légèrement ondé, et tirant au brunâtre sur le sommet de la tête, ce qui est dû à une forte

PE 19 Bis.

Preuve pinæ.

HAÏTIEN ; Jeune

Publié par Arthus Bertrand.

Remond impres{

ap'e.

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