‹ Histoire naturelle des colibrisChapitre 34 sur 83 · LE COLIBRI DE PRÉVOST · texte numérisé non relu

LE COLIBRI DE PRÉVOST

(TROCHILUS PREVOSTII. Lesson.)

Le colibri que nous figurons est le jeune âge d’une espèce dont la livrée adulte nous est complètement inconnue. A sa tache gutturale noire, au blanc sale qui teint le devant du corps, à sa

queue violette, on le prendrait pour le jeune co-

libri à plastron noir ; mais il s’en distingne nonseulement par son bec plus court et presque droit, mais encore par ses plumes, qui sont vert-doré et frangées de roux, disposition quine se rencontre que chez le Rhamphodon tacheté et chez la femelle du brin blanc.

Long de quatre pouces quatre lignes, ce colibri a la queue plus courte que les ailes, et les rectrices à peu près égales à leur sommet. Le bec, mince, grêle et noir, a huit lignes. Les ailes sont falcifornes, minces, brun-pourpré. Les plumes du dessus de la tête sont brunes à légers reflets verts, mais toutes sont assez largement bordées de roux vif pour donner au front et au dessus de la tête un aspect roussatre. Une sorte de petit sourcil roux surmonte l’œil. Les plumes de la ré-

gion auriculaire sont noires, picotées de roux ; le dos, les couvertures des ailes, le croupion, sont vert-émeraude très vif, mais chaque plume est également frangée de roux , ce qui les fait paraitre écailleuses. Les couvertures supérieures sont vert-doré brillant, à peine terminées de fauve. Une tache blanchâtre règne sur le croupion.

Un trait noir longitudinal part du gosier, et s'étend jusqu’à la partie supérieure de la poitrine. Les côtés de cette tache noire sont blancs, et sur les jugulaires apparaissent des plumes roussâtres

qui remontent jusqu'à lacommissure du bec. Tout le devant du corps, à partir du bas du cou jus-

qu’à la région anale , est blanchâtre mêlé de grisätre. Les flancs sont vert-doré. Les tarses sont bruns; les couvertures inférieures de la queue sont brunâtre-vert et bordées de roux vif.

La queue se compose de rectrices peu larges, minces, et arrondies à leur sommet. Les moyennes sont vert obscur métallisé, et les latérales, d’un rouge-noir luisant au milieu , sont largement bordées de noir-bleu d'acier, et terminées de fauve à leur sommet anguleux.

Nous sommes redevables de ce colibri à M. Florent Prévost; on ignore de quelle partie de l’Amérique méridionale il provient.

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